82 % des développeurs de jeux vidéo basés aux USA soutiennent la syndicalisation, d'après les données de l'enquête State of the Game Industry 2026 récemment publiéeUne récente enquête a révélé que la plupart des développeurs de jeux vidéo soutenaient l'adhésion à un syndicat. Selon le rapport State of the Game Industry 2026 (SOTI), 82 % des développeurs basés aux États-Unis sont favorables à la syndicalisation, tandis que seuls 5 % y sont opposés. Ce soutien est plus marqué chez les développeurs dont le salaire est inférieur à 200 000 dollars, chez les moins de 45 ans et chez les personnes ayant été licenciées au cours des deux dernières années. Bien que l'intérêt pour la représentation syndicale soit moins prononcé chez les dirigeants du secteur, il reste significatif, même si seuls 12 % des personnes interrogées ont déclaré faire partie d'un syndicat.
Cette tendance s’inscrit dans un contexte d'instabilité profonde pour l’industrie américaine du jeu vidéo. Selon un rapport publié par la Game Developers Conference (GDC), un tiers des employés du secteur ont été licenciés au cours des deux dernières années. L’enquête a également révélé que 36 % des répondants utilisaient des outils d’intelligence artificielle (IA) générative, malgré un scepticisme croissant à leur égard.
Parallèlement, certaines décisions des entreprises éditrices ont cristallisé les tensions. Ubisoft a notamment annoncé la fermeture de son studio d’Halifax, entraînant la suppression de 71 postes, quelques semaines après la syndicalisation d’une partie de ses employés. L’éditeur affirme que cette décision s’inscrit dans un plan de réduction des coûts engagé depuis deux ans, tandis que des salariés dénoncent une gestion défaillante et réclament des hausses salariales.
Le dernier rapport SOTI, une enquête annuelle menée par le GDC Festival of Gaming auprès de plus de 2 300 professionnels du secteur, révèle que 82 % des personnes interrogées situées aux États-Unis soutiennent la syndicalisation des travailleurs de l'industrie du jeu vidéo. Seuls 5 % des développeurs américains sont totalement opposés à la syndicalisation. Par ailleurs, 13 % des personnes interrogées ne savent pas si elles soutiennent ou non la syndicalisation.
Le soutien à la syndicalisation était plus élevé parmi les travailleurs gagnant moins de 200 000 dollars par an et ceux qui avaient été licenciés à un moment ou à un autre au cours des deux dernières années. Les personnes âgées de moins de 45 ans ont également exprimé un soutien plus important que leurs homologues plus âgés.
En revanche, les répondants occupant des postes de direction (propriétaires d'entreprises et cadres supérieurs) n'étaient pas aussi convaincus. Bien que 58 % d'entre eux aient déclaré soutenir la syndicalisation, 18 % se sont dits opposés et 24 % étaient incertains quant à la perspective d'une organisation collective.
Bien que le soutien à la syndicalisation soit généralement très répandu, seuls 12 % des personnes interrogées ont déclaré faire actuellement partie d'un syndicat.
Ce chiffre comprend à la fois les membres de syndicats sectoriels tels que l'UVW-CWA (10 %) et ceux de syndicats d'entreprise (2 %). Ce nombre pourrait toutefois bientôt changer, puisque 62 % des personnes interrogées ont déclaré être intéressées par l'adhésion à un syndicat.
Si l’enquête met en lumière un soutien grandissant à la syndicalisation aux États-Unis, des mouvements similaires émergent déjà à l’échelle internationale. En France, cinq syndicats représentant les salariés d'Ubisoft ont appelé à une grève internationale massive pour dénoncer la politique de réduction des coûts et la fin du télétravail.
Cette mobilisation, menée par les syndicats STJV, Solidaires Informatique, CGT, CFE-CGC et Printemps Écologique, prévoit un arrêt de travail de trois jours, du 10 au 12 février 2026. Cette grève fait suite à une vaste réorganisation annoncée par l’éditeur, qui entend restructurer son réseau de studios autour de cinq « maisons créatives ». Épisode qui illustre la montée des revendications collectives dans un secteur confronté à des restructurations profondes.
Source : Rapport State of the Game Industry 2026 (SOTI)
Et vous ?
Quel est votre avis sur le sujet ?
Trouvez-vous les conclusions de cette enquête crédibles ou pertinentes ?Voir aussi :
« Toute la boîte est en péril » : à Ubisoft, plus de 700 salariés en grève en France pour protester contre les ordres de retour au bureau, les grévistes réclament également « un vrai effort salarial »
GDC 2025 - État de l'industrie du jeu vidéo : 11 % des développeurs ont déclaré avoir été licenciés, le développement de jeux sur PC monte en flèche et l'IA est perçue comme ayant un impact négatif
Les développeurs de jeux en ont assez des initiatives de leurs patrons en matière d'IA. Un nombre croissant d'entre eux craignent l'impact négatif de l'IA sur l'industrie, selon une enquête
Vous avez lu gratuitement 184 articles depuis plus d'un an.
Soutenez le club developpez.com en souscrivant un abonnement pour que nous puissions continuer à vous proposer des publications.
Soutenez le club developpez.com en souscrivant un abonnement pour que nous puissions continuer à vous proposer des publications.