Sony fait face à une vive contestation suite à sa décision de supprimer progressivement les disques physiques d'ici 2028, une mesure perçue par de nombreux joueurs comme une menace pour la propriété réelle des jeux. En réponse au tollé, Sony Japon a instauré une nouvelle politique stricte contre le harcèlement, menaçant de suspendre l'assistance technique et d'engager des poursuites judiciaires contre les clients abusifs. Malgré une pétition et plusieurs recours collectifs, le fabricant maintient fermement sa stratégie de transition vers le tout numérique. Ses avocats ont déclaré que personne n'est assez naïf pour se croire réellement propriétaire d'un jeu vidéo.Sony Japon a officiellement instauré une nouvelle politique régissant le harcèlement de la part des clients à compter du 1er septembre. Cette mesure fait suite au tollé mondial provoqué par la décision du fabricant de supprimer les disques physiques d'ici à 2028. Selon l'entreprise, elle vise à protéger la dignité ainsi que la sécurité des employés en prévoyant la restriction ou la suspension des services d'assistance en cas de comportements abusifs.
Sony souligne : « la dignité et la sécurité de nos employés ne doivent pas être menacées par le harcèlement des clients, dont des propos ou des exigences qui dépassent ce qui est considéré comme raisonnable selon les normes sociales ». Cependant, les joueurs dénoncent une tentative de bâillonnement.
Les comportements prohibés par Sony incluent notamment les sollicitations répétées ou prolongées, les demandes d'indemnisation excessives, les injures, les menaces, les propos diffamatoires, les attitudes intimidantes ainsi que les attaques directes ciblant des salariés. L'entreprise est confrontée à une avalanche de critiques, notamment en ce qui concerne la suppression des disques physiques et son refus de rembourser une part des droits de douane.
La nouvelle politique adoptée par Sony répertorie également des actes précis comme l'obligation faite à une personne de se prosterner, les visites non autorisées dans les locaux de la société ou la demande répétée d'excuses de manière excessive. Sony se montre déterminée à appliquer ces directives et envisage de faire appel aux autorités judiciaires si la situation l'exige. « Ils veulent nous faire taire avec des règles absurdes », selon un critique.
Sony a précisé : « si nous le jugeons nécessaire, nous coopérons avec la police, des avocats, etc., et envisagerons de prendre des mesures, y compris des démarches légales et des poursuites pénales. L'objectif est d'établir des relations saines et durables tout en respectant à la fois nos clients et nos employés ». Ce cadre rejoint à la récente loi japonaise imposant aux entreprises de prendre des mesures contre le harcèlement de leur personnel.
Sony face à une vive contestation de la fin des disques physiques
Cette prise de position intervient dans un contexte de vive contestation suscité par la décision de Sony de supprimer progressivement les disques physiques de jeux PlayStation d'ici janvier 2028. La communauté des joueurs a vivement réagi à l'annonce du 1er juillet, estimant que l'abandon du format physique équivaut à la perte de la véritable propriété des jeux et transforme les achats numériques en simples licences d'utilisation révocables.
Six jours seulement après l'officialisation de la mesure, une pétition lancée sur Change.org pour bloquer ce projet avait rassemblé 200 000 signatures, et elle approche désormais la barre des 400 000 signataires. Lors d'une audition devant un tribunal de Caroline du Nord, les avocats de Sony ont déclaré que « personne n'est assez naïf pour se croire réellement propriétaire d'un jeu vidéo, car dans ce cas, une seule personne pourrait acheter GTA 6 ».
Certains éditeurs souhaitent que les joueurs se résignent à ne plus posséder de copies physiques de leurs jeux. En effet, disposer d’une copie physique implique qu’un seul paiement suffit pour que le joueur soit en possession du jeu, et ce, de façon définitive, ce qui est souvent perçu comme une sorte de propriété. À l’ère des abonnements qui tuent les copies physiques, Sony soutient que personne n'est propriétaire des jeux qu'elle achète en ligne.
Sony et le contrat de licence de produit logiciel (SPLA) précisent tous deux clairement que vous « n'êtes pas propriétaire du produit » et que « celui-ci ne vous est pas vendu à titre de propriété ». Ces conditions suggèrent que l’éditeur a le droit de désactiver les serveurs d’un jeu et de ne pas proposer de remboursement. Il y a eu de nombreux cas récents, comme la désactivation des serveurs de la version Nintendo Switch de "Aliens: Fireteam Elite".
Ce jeu était accessible uniquement au travers de serveurs distants. Les joueurs n’y ont plus accès. De plus, le développeur, Cold Iron Studios, ne propose aucune formule de remboursement aux clients concernés. Des responsables du studio ont affirmé que l'entreprise était en train de finaliser un programme d'éligibilité. Ce programme devrait permettre d'obtenir un bon de réduction ou un crédit valable sur la suite intitulée "Aliens: Fireteam Elite 2".
Sony résolu à concrétiser son projet de suppression des disques
En somme, nous nous enfonçons de plus en plus dans un univers technologique où nous avons de moins en moins de disques physiques, pas de droits de propriété numérique plus solides pour les acquéreurs de contenus en ligne, pas de compensation financière pour les cas de révocation subite des licences, pas d’ajustement de prix pour refléter les limites d’une licence dans cette ère des abonnements. En gros, le bouton « acheter » est un leurre.
En Europe, la Commission de l’Union européenne a refusé de proposer une législation obligeant les développeurs à maintenir jouables les jeux vidéo qui ne sont plus commercialisés. L'initiative « Stop Killing Games » a pourtant recueilli près de 1,3 million de signatures vérifiées pour l’atteinte de cet objectif. La commission de l’UE n'oblige pas les éditeurs à proposer des modes hors ligne ou des outils de serveur lorsqu'un jeu arrive en fin de vie.
Les éditeurs restent en droit de désactiver à distance les logiciels, rendant ainsi totalement inutilisables les achats légitimes. Aux États-Unis, la loi californienne AB2426 semble combler le fossé entre les attentes des consommateurs et les réalités juridiques de l’achat d’un jeu numérique avec une mesure qui impose aux boutiques en ligne préciser clairement que les clients achètent des « licences » et ne deviennent pas propriétaires des jeux.
Par ailleurs, les législateurs californiens étudient également la question plus large de savoir si les supports numériques devraient offrir des droits de propriété plus solides ou si les prix des jeux devraient être ajustés pour refléter les limites d’une licence. Parmi les autres entreprises, Ubisoft est allé encore plus loin en demandant aux joueurs de détruire toutes les copies du produit en votre possession dès lors que le contrat de licence n'est plus en vigueur.
Malgré toute cette mauvaise presse, Sony continue d’avancer « prudemment » dans son projet de mettre fin à la production de disques de jeux, car ni les commentaires négatifs ni les boycotts d’une semaine n’ont convaincu la société de changer d’avis. Pour l'heure, les consommateurs semblent désarmés.
Source : Sony Japon
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Pourquoi les régulateurs tardent-ils à se prononcer sur la question malgré les actions menées par les consommateurs ?Voir aussi
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