USA : une autre fusillade de masse, une autre vague de politiciens pointent du doigt les jeux vidéo
Qu'ils accusent de « déshumaniser » les joueurs

Le , par Stan Adkens

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Un homme blanc de 21 ans a semé la mort samedi dans un centre commercial d'El Paso au Texas, dans le sud des Etats-Unis, où il a tué 20 personnes venues faire leurs courses avant d'être interpellé par la police. La police a placé le tireur en garde à vue et enquête sur un possible motif « haineux » et « raciste », ce qui aux Etats-Unis désigne les attaques motivées par l'origine, la religion, ou encore l'orientation sexuelle des victimes.

En effet, un manifeste, attribué au tireur et circulant sur Internet, notamment sur la section politique du forum 8chan, dénonçait notamment « une invasion hispanique du Texas » et faisait référence à la tuerie commise par un suprémaciste blanc dans des mosquées de Christchurch en Nouvelle-Zélande qui a fait 51 morts, le 15 mars dernier. La fusillade, survenue aux abords d'un hypermarché Walmart prisé de la communauté hispanique, a également fait 26 blessés, dont certains se trouvaient dans un état critique.


Cependant, certains politiciens républicains de haut rang, dont le leader de la minorité parlementaire Kevin McCarthy, soupçonnent un autre motif ayant entrainé l’horrible fusillade. Le républicain le plus haut placé à la Chambre des représentants estime que les jeux vidéo violents pourraient être à l'origine des récentes fusillades de masse à El Paso et à Dayton. En réponse à la question de ce qu'il fallait faire « quand on regarde des jeux vidéo où ils utilisent des vidéos de personnages portant ces armes », posée en direct par l'animatrice de Fox News, Maria Bartiromo, le représentant McCarthy a déclaré :

« L'idée que ces jeux vidéo qui déshumanisent les individus pour qu'ils aient un jeu de tir... J'ai toujours pensé que c'était un problème pour les générations futures et les autres. Nous avons vu des études qui ont déjà montré ce que cela fait aux individus, et si vous regardez ces photos de la façon dont cela s'est passé, vous pouvez voir les actions dans les jeux vidéo et autres ».

Un peu plus tôt dans la même émission, le lieutenant-gouverneur du Texas, Dan Patrick, attribuait la responsabilité de cette fusillade beaucoup plus directement à l'industrie du jeu. « Combien de temps allons-nous laisser, par exemple, et ignorer au niveau fédéral, où nous pouvons faire quelque chose, l'industrie du jeu vidéo ? » avait-il demandé. « Dans ce manifeste, que nous pensons être celui du tireur... il parle de son fantasme de super-soldat dans Call of Duty », a ajouté M. Patrick.

En effet, dans le manifeste attribué au tireur, il écrit cependant qu' « il n'est pas lâche de cueillir des fruits à portée de main. N'attaquez pas des zones fortement surveillées pour réaliser votre fantasme de super soldat de Call of Duty. Attaquez des cibles de faible sécurité ». En même temps, les écrits du tireur font également de multiples références directes à « la défense de mon pays contre le remplacement culturel et ethnique ». Il a écrit aussi que « l'immigration ne peut que nuire à l'avenir de l'Amérique ».

L’idée que les jeux vidéo sont à l’origine de la série de fusillades réfutée par d’autres politiciens

Alexandria Ocasio-Cortez, démocrate, représentant des États-Unis, a twitté en réponse à une vidéo de McCarthy :

« Les jeux vidéo ne sont pas la cause de fusillades de masse, mais la suprématie des Blancs l'est. Malheureusement, le GOP refuse de le reconnaître, car sa stratégie repose sur le ralliement d'une base suprémaciste blanche. C'est pourquoi le Président accueille des stades de gens qui chantent « renvoyez-la » et cible les membres du Congrès, des membres de couleur ».

Plusieurs autres personnes ont réagi à la vidéo du représentant McCarthy pour contester sa thèse. Rolando Garza a tweeté : «…. McCarthy, il ne doit pas y avoir de jeux vidéo au Japon, parce qu'il n'y a pas de massacre là-bas. N'est-ce pas ? »

Un autre tweet, celui de sean klimchak‏, dit : « Expliquez-moi comment vous en êtes arrivé à la conclusion du jeu vidéo. Personne n'est là pour piétiner les tortues en jouant à Super Mario. J'ai joué à tous les jeux de tir que je peux imaginer, je n'ai pas d'arme. Je n'ai jamais eu envie de tuer qui que ce soit ». Quant à Tony Pelch‏, il a demandé : « Pourquoi ces jeux vidéo n'affectent-ils que les Américains ? Tu devrais peut-être chercher d'autres raisons. »


Bien que M. McCarthy ait dit qu'il y a eu des études qui disent que jouer à des jeux vidéo a un impact sur les gens, mais d’autres études disent le contraire. Une équipe de chercheurs de l’université britannique de Bristol a publié en février 2016 le résultat de ses recherches portant sur l’influence potentielle qu’auraient les jeux vidéo violents sur les joueurs. Elle est arrivée à la conclusion qu’il n’y aurait pas de relations directes de cause à effet entre les jeux vidéo violents et le comportement des joueurs.

Mieux encore, selon un récent rapport d’étude de CBC News publié en juin dernier, les jeux seraient bénéfiques et favoriseraient le développement social et intellectuel. Les scientifiques qui ont mené l’étude ont également classé certains comportements antisociaux et violents des jeunes joueurs comme minoritaires et suggéré comme erronés certains résultats d’études qui s’inquiètent des impacts négatifs sur le comportement de ces derniers au grand dam de l’adoption officielle du « trouble du jeu » comme nouvelle maladie par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), en mai dernier.

Pour rappel, le juge Antonin Scalia, de la Cour suprême, a entériné dans l'arrêt historique Brown v. Entertainment Merchants Association de 2011 des conclusions selon lesquelles « Les études psychologiques qui prétendent démontrer un lien entre l'exposition aux jeux vidéo violents et les effets nocifs sur les enfants ne prouvent pas que cette exposition amène les mineurs à agir de façon agressive.... Tout effet démontré est à la fois petit et impossible à distinguer des effets produits par d'autres médias ».

Les jeux vidéo sont restés un sujet de discussion populaire pour de nombreux politiciens dans la foulée des fusillades

Ces discussions de politiciens autour du lien entre les jeux vidéo et le comportement agressif des personnes ont longtemps existé depuis que les tireurs de l'école secondaire Columbine ont été trouvés pour être fans de Doom en 1999 (comme l'étaient des dizaines de millions d'autres personnes à l'époque). A l’époque, suite à la fusillade, certains politiciens républicains avaient pointé du doigt les jeux violents.

Le président Trump a également évoqué à plusieurs reprises les jeux violents comme une cause potentielle de violence chez les jeunes dans le sillage de Parkland. Donald Trump à rencontré, en mars 2018, l'industrie du jeu vidéo à la Maison-Blanche après la fusillade survenue dans un lycée en Floride pour discuter de l’influence des jeux vidéo violents sur les adolescents. Un montage d'images de jeux violents produit par la Maison-Blanche pour susciter une discussion sur la question de savoir si « les jeux qui simulent graphiquement le meurtre... rendent notre communauté insensible à la violence » a été présenté. Mais depuis cette réunion, il n'y a eu aucune action publique sur cette question de la part d'aucun parti politique.

Au cours de son allocution officielle prononcée ce lundi suite à la fusillade d'El Paso et de celle de Dayton, en Ohio, le président Trump a une fois de plus directement cité les jeux vidéo comme l'une des forces qui alimentent la violence aux Etats-Unis. Il a également déclaré que les États-Unis doivent condamner la « suprématie blanche » et le « racisme », a rapporté ABC New.


« Ces massacres barbares sont une attaque contre nos communautés, une attaque contre notre nation et un crime contre l'humanité tout entière », a dit M. Trump. « Le tireur d'El Paso a publié sur Internet un manifeste consumé par la haine raciste », a déclaré le président. « D'une seule voix, notre nation doit condamner le racisme, le sectarisme et la suprématie blanche. »

Bien qu'il n'ait pas proposé d'importante mesure législative sur le contrôle des armes à feu, il a déclaré que le pays doit renforcer ses lois sur la santé mentale. « Aujourd'hui, j'ordonne également au ministère de la Justice de proposer une législation garantissant que ceux qui commettent des crimes haineux et des meurtres de masse soient passibles de la peine de mort et que cette peine capitale soit appliquée rapidement et avec détermination... », a dit le président américain.

Dans son discours devant les journalistes, le président Trump a déclaré également que « Les dangers d'Internet et des médias sociaux ne peuvent être ignorés et ne seront pas ignorés », tout en blâmant « les jeux vidéo horribles et tristes » pour « la glorification de la violence dans notre société ».

La Entertainment Software Association, qui représente les plus grands éditeurs de jeux aux États-Unis, ne s’est pas encore officiellement prononcé dans le débat lancé sur l’influence négative des jeux vidéo suite aux dernières fusillades, mais dans une fiche de « Faits essentiels » de 4 pages publiée en 2017, sa position est on ne peut plus claire.

« Les crimes violents, en particulier chez les jeunes, ont diminué de façon spectaculaire depuis le début des années 1990 », peut-on lire en partie dans la fiche d'information. « Au cours de la même période, la popularité et l'utilisation des jeux vidéo n'ont cessé d'augmenter, exactement le contraire de ce à quoi on pourrait s'attendre s'il y avait un lien causal ». Une position qui va à l'encontre des arguments les plus courants, visant à établir un lien entre les jeux vidéo violents et la violence dans le monde réel, défendus par le représentant Kevin McCarthy et le président Donald Trump.

Source : Fox News, ABC News

Et vous ?

Etes-vous d’accord ou pas avec l’idée que les jeux vidéo violents sont à l’origine de la série de fusillades aux Etats-Unis ?
Les jeux violents « déshumanisent » les joueurs. Quels commentaires faites-vous de cette affirmation du représentant Kevin McCarthy ?
Pensez-vous que l’interdiction des jeux vidéo violents mettra fin à la violence aux Etats-Unis ?

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Avatar de mattdef
Membre habitué https://www.developpez.com
Le 06/08/2019 à 9:40


Est-il utile d'argumenter ?
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Avatar de eldran64
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 07/08/2019 à 16:37
Qui selon vous est le véritable responsable des fusillades de masse récurrentes survenant aux États-Unis : la réglementation sur les armes à feu ou certains titres issus de l’industrie du jeu vidéo ?
Regardons le nombre de fusillade en Europe... regardons le nombre de fusillade aux USA... même avec des ratios les deux n'ont rien à voir.
Si on supprime la libre circulation, d'acheter et de posséder des armes, on réduit les possibilités que les auteurs de ces fusillades utilisent des armes CQFD.
Ça ne veut pas dire qu'il n'y aura plus de fusillade mais qu'elles seront moins fréquentes.

Les armes semi-auto et automatique devraient être purement et simplement interdites à la vente et à la possession. Seuls ceux possédant un permis de chasse devraient avoir le droit de posséder des fusils de chasse... et c'est tout. Si on craint pour sa sécurité on fait appel à la police. Point barre.

Quand les armes seront régulés, on reparlera du cas des jeux vidéo et consort.
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Avatar de Christian Olivier
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 07/08/2019 à 13:06
Qui est vraiment responsable des fusillades de masse récurrentes survenant aux USA :
Jeux vidéo, lois sur les armes ou violences domestiques ?

Un individu caucasien âgé de 21 ans a semé la mort samedi dans un centre commercial d’El Paso au Texas, dans le sud des États-Unis, où il a tué 20 personnes venues faire leurs courses, avant d’être interpellé par la police. La police a placé le tireur en garde à vue et enquête sur un possible motif « haineux » et « raciste », ce qui aux États-Unis désigne les attaques motivées par l’origine, la religion, ou encore l’orientation sexuelle des victimes. Ce n’est pas le premier crime du genre et ce ne sera sans doute pas le dernier tant que les vrais coupables ou catalyseurs de ces horreurs ne seront pas identifiés et neutralisés. Mais qui sont-ils ?

De nombreuses études contradictoires sur cette question ont déjà été publiées, tantôt en faveur des acteurs de l’industrie du jeu pour dédouaner le divertissement numérique, tantôt en faveur de ceux qui accusent les jeux vidéo d’être la cause des violences des jeunes aux États-Unis. Cependant, les problèmes liés à la réglementation des armes à feu aux États-Unis et la violence domestique, deux autres suspects potentiels dans ces affaires, n’ont de toute évidence jamais été sérieusement évoqué jusqu’à présent. Pourquoi ?

Qui pointe du doigt les jeux vidéo ?

Certains politiciens républicains de haut rang, parmi lesquels le leader de la minorité parlementaire Kevin McCarthy, le gouverneur adjoint du Texas Dan Patrick et le président américain Donald Trump, estiment que les jeux vidéo violents sont en grande partie responsables des récentes fusillades de masse récurrentes.


McCarthy, par exemple, a déclaré que : « l’idée que ces jeux vidéo qui déshumanisent les individus pour qu’ils aient un jeu de tir... J’ai toujours pensé que c’était un problème pour les générations futures et les autres. Nous avons vu des études qui ont déjà montré ce que cela fait aux individus, et si vous regardez ces photos de la façon dont cela s’est passé, vous pouvez voir les actions dans les jeux vidéo et autres ».

De façon plus directe, le président américain a mis les supposés problèmes psychiatriques des tueurs sur le dos de l’influence, selon lui néfaste, de l’industrie du jeu, confiant que « nous devons arrêter la glorification de la violence dans notre société. Cela inclut les jeux vidéo dégoûtants et macabres qui sont aujourd’hui monnaie courante ». L’avis de Donald Trump sur les liens supposés entre la violence chez les plus jeunes et les jeux vidéo n’a pas changé depuis la tuerie du lycée de Parkland, en Floride, survenue en février 2018, un incident au lendemain duquel il avait invité le Congrès US à « discuter de l’exposition aux jeux vidéo violents et à leur corrélation avec l’agressivité et la désensibilisation chez les enfants ».

Les arguments de l’industrie du jeu

En dépit du tapage médiatique et de la confusion entretenus par certains élus US vraisemblablement pro-armes à feu, des voix se sont élevées aux États-Unis pour recentrer le débat et identifier les vrais responsables de ces atrocités. Pour Chris Ferfuson, par exemple, professeur de psychologie à l’APA (l’Association psychologique américaine), « les données sur les bananes provoquant des suicides sont aussi concluantes. Littéralement : les chiffres sont à peu près les mêmes ». Sur la même lancée, des responsables de l’International Game Developers Association et de sa fondation (l’IGDA et l’IGDAF) assurent que « blâmer les jeux vidéo, c’est faire abstraction des problèmes plus larges qui sont sous notre nez. Il existe une quantité écrasante d’études scientifiques montrant qu’il n’existe aucun lien entre jeux et violence ».


Répondant à ceux qui classent les jeux vidéo comme l’une des forces qui alimentent la violence aux États-Unis, l’Entertainment Software Association (ESA), un syndicat américain de l’industrie du jeu, a, pour sa part, rappelé que « plus de 165 millions d’Américains sont des gameurs et des milliards jouent à travers le monde. Pourtant, dans les autres pays, où l’on joue avec autant d’enthousiasme, on ne retrouve pas les niveaux tragiques de violence des États-Unis ». Leur avis semble également partagé par de nombreux élus démocrates.

Les armes à feu dans tout ça

D’autres critiques, qui ne cachent pas leur exaspération devant la poursuite « d’un faux débat », ont préféré aller droit au but. Ainsi, Ian Bogost, professeur en game design, a comparé le jeu vidéo à « un agneau sacrificiel, massacré au nom de la protection des droits liés à la possession d’armes ». D’après Sam Barlow, un concepteur de jeux vidéo, ce n’est ni la faute d’une maladie mentale ni celle des jeux vidéo : « ce sont les armes et le suprémacisme blanc, les pêchés originaux de l’Amérique colonisée exportés d’Europe, » qui sont responsables de cette situation.


Il parait évident que des restrictions sur la circulation et la vente et le port des armes à feu aux États-Unis pourraient à coup sûr empêcher des malades mentaux ou des extrémistes de tuer n’importe qui n’importe comment dans les espaces publics comme les écoles. Ces mesures devraient être en outre plus efficaces que l’interdiction de certains « titres violents » dont les joueurs raffolent. Mais le lobby des grands acteurs de l’industrie des armes à feu veille au grain.

Sources : News York Times, The Atlantic, Twitter

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?
Qui selon vous est le véritable responsable des fusillades de masse récurrentes survenant aux États-Unis : la réglementation sur les armes à feu ou certains titres issus de l’industrie du jeu vidéo ?

Voir aussi

Les jeux vidéo violents ont-ils un impact négatif sur comportement des joueurs ? Non, selon une étude menée au Royaume-Uni
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Tueries dans les écoles : Donald Trump accuse les jeux vidéo violents, à l'occasion de sa rencontre avec l'industrie
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Avatar de el_slapper
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 08/08/2019 à 15:56
Citation Envoyé par 7gyY9w1ZY6ySRgPeaefZ Voir le message
Là, tu compares une action terroriste planifiée et préparée avec les tueries de types racistes frustrés et sans envergure et qui ont agit seuls...
Point sous-estimé par beaucoup. Une bonne partie des tueries de masse aux USA n'ont un niveau de préparation que très faible. c'est beaucoup dans le registre de "je suis frustré, je passe à l'acte". très différent d'un Breivik ou des frères Kouachi qui eux, avaient préparé leur action de longue date. Contrôler fortement le port d'armes n'aurait aucun effet sur les actions préparées de longue date(ça, c'est le boulot du renseignement intérieur). Par contre, sur les actions spontanées, nettement plus. Que la solution proposée ne règle pas 100% des problèmes ne signifie pas qu'elle ne sert à rien. C'est d'ailleurs pour ça que les seules actions qui réussissent en France sont minutieusement préparées, le simple fait de trouver un flingue demande une motivation que tout le monde n'a pas.

Et ne parlons même pas des accidents, 500 par an. Ou de l'empoisonnement au plomb des enfants par leurs propres munitions, plus difficile à mesurer.
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Avatar de 7gyY9w1ZY6ySRgPeaefZ
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 08/08/2019 à 14:40
Citation Envoyé par esperanto Voir le message
Bien sûr que non, les auteurs des attentats de 2015 en France se sont procuré leurs fusils d'assaut en toute légalité: six mois de pratique du tir sportif puis obtention du carnet de tir puis un an plus tard (ça c'est de la patience...) de l'autorisation administrative de détention d'armes. Bien sûr.
Là, tu compares une action terroriste planifiée et préparée avec les tueries de types racistes frustrés et sans envergure et qui ont agit seuls...
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Avatar de Stan Adkens
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 26/08/2019 à 9:47
Le gouvernement américain veut accéder à vos données pour prédire les événements de santé mentale
Dans le cadre de HARPA, une initiative basée sur des capteurs utilisant l'IA, selon un rapport

Les dernières fusillades qui ont eu lieu en début du mois d’août, à El Paso et Dayton, ont remis sur le tapis le débat sur les potentielles causes de la croissance des comportements violents. L’une des causes pointées du doigt concerne la santé mentale des tireurs. Pour y remédier, une nouvelle initiative, visant à mettre au point un moyen d'identifier les premiers signes de changements chez les personnes atteintes d'une maladie mentale qui pourraient conduire à un comportement violent, a été mise sur la table à la Maison-Blanche, a rapporté The Washington Post le jeudi dernier.

Selon les partisans du nouveau plan, c’est un moyen pour le président Trump de faire progresser le contrôle des armes à feu à la suite des récentes fusillades de masse, alors que les efforts semblent s'essouffler, pour imposer des restrictions plus sévères, comme la vérification des antécédents sur les achats d'armes.
La proposition présentée à la Maison-Blanche, par la Fondation Suzanne Wright, s'inscrit dans le cadre d'une initiative plus vaste visant à créer un nouvel organisme appelé Health Advanced Research Projects Agency (HARPA) – Agence pour les projets de recherche avancée de santé –, qui ferait partie du Département de la Santé et des Services sociaux des États-Unis. Son directeur serait nommé par le président, et l'agence aurait un budget séparé, selon le journal qui cite trois personnes anonymes ayant connaissance des conversations autour du plan.


Selon le journal, le concept a été présenté par la Fondation Suzanne Wright et discuté pour la première fois par des fonctionnaires du Conseil de politique intérieure et des cadres supérieurs de la Maison-Blanche en juin 2017. Mais ce sont les dernières fusillades de masse, qui ont fait plus d’une trentaine de morts au cours d’un seul week-end, qui ont remis l'idée au goût du jour. La semaine dernière, la Fondation a proposé à la Maison-Blanche que la HARPA inclue un projet « Safe Home » - « Enrayer les événements mortels aberrants en aidant à surmonter les extrêmes mentaux ».

Selon Geoffrey Ling, conseiller scientifique principal de l'HARPA et directeur fondateur de l'Office des technologies biologiques du DARPA, la tentative d'utiliser des données bénévoles pour identifier les « signes neurocomportementaux » d'une « personne se dirigeant vers un acte explosif violent » serait un projet de quatre ans dont le coût serait de 40 à 60 millions de dollars, a rapporté le journal. Au cours d’une interview, M. Ling a dit :

« Tout le monde serait volontaire ». « Nous n'inventons pas de nouvelles sciences ici. Nous l'analysons pour développer de nouvelles approches », a-t-il indiqué avant d’ajoute que « Cela va devoir être fait avec rigueur scientifique ».

La série de fusillades aux Etats-Unis a déclenché le projet HARPA

Selon un précédent rapport du Washington Post, le président a déclaré qu'il pensait que les malades mentaux étaient les principaux responsables de la vague de fusillades de masse aux États-Unis. Et cette proposition est susceptible d'être bien accueillie par les républicains et les militants des droits des armes à feu qui ont soutenu la même chose.

« Nous examinons toute la question des armes à feu ». « Je veux que les gens se souviennent des mots "maladie mentale". Ces personnes sont mentalement malades... . Je pense que nous devons recommencer à bâtir des institutions parce que, vous savez, si vous regardez les années 60 et 70, beaucoup de ces institutions ont été fermées », a dit Trump le 15 août.

Bien que Trump n'ait pas proposé d'importante mesure législative sur le contrôle des armes à feu, au cours de son allocution officielle prononcée suite à la fusillade d'El Paso et de celle de Dayton, en Ohio, il a déclaré que le pays doit renforcer ses lois sur la santé mentale. « Aujourd'hui, j'ordonne également au ministère de la Justice de proposer une législation garantissant que ceux qui commettent des crimes haineux et des meurtres de masse soient passibles de la peine de mort et que cette peine capitale soit appliquée rapidement et avec détermination... », avait dit le président américain.

Mais, selon le journal, il y a beaucoup de chercheurs et d'experts en santé mentale qui croient que la santé mentale et la violence armée ne sont pas nécessairement liées. Même si la maladie mentale peut parfois être un facteur dans de tels actes de violence, disent les experts, elle est rarement un indicateur. En effet, la plupart des études montrent que pas plus d'un quart des tireurs de masse ont une maladie mentale diagnostiquée. Plutôt, les attributs les plus couramment partagés des tireurs de masse comprennent un fort sentiment de rancune, un désir de notoriété, une obsession pour les précédents tireurs, des antécédents de violence familiale, le narcissisme et l'accès aux armes à feu, a rapporté le journal.

La proposition de création d’HARPA bien accueillie par Trump

Selon une personne anonyme au courant des discussions, Trump a réagi « très positivement » à la proposition de la HARPA et a été « acquis au concept ». Par ailleurs, l’idée aurait enchanté la Maison-Blanche chaque fois qu’elle a été soulevée, selon la personne.

« Chaque fois que cette question a été soulevée à la Maison-Blanche, même jusqu'au niveau présidentiel, elle a été très bien accueillie », a-t-elle déclaré. « La HARPA est l'équivalent de la DARPA en matière de soins de santé, et c'est un grand projet de legs pour le président, un projet qu'il est particulièrement bien placé pour mener à bien », a-t-il ajouté.

Selon cette personne au courant des discussions, Trump pourrait bénéficier de diverses façons en soutenant un projet comme HARPA à l'heure actuelle. En effet, « Il ne fait aucun doute que le fait d'aborder cette question aide le président à régler deux questions sur lesquelles il n'a pas encore obtenu de réel succès : l'une concerne les soins de santé et l'autre la violence armée », a dit la personne.

Selon le journal, Bob Wright, qui a fondé la Fondation Suzanne Wright et qui entretient une relation personnelle étroite avec M. Trump, considère Ivanka Trump, femme politique et fille du président, comme la championne la plus efficace de la proposition et l'a déjà informée sur la HARPA elle-même, a dit M. Wright. Un fonctionnaire qui connaissait bien les conversations a déclaré :

« Ce serait parfait pour elle de le faire - nous avons besoin de quelqu'un avec un peu de puissance - quelqu'un comme elle qui le conduit. ... Cela pouvait se faire ». « Nous serions en mesure de mettre toutes les ressources du gouvernement fédéral, des plus hauts niveaux de la communauté scientifique, pour dire : " C'est ainsi que les personnes aux prises avec ces problèmes devraient être traitées et avoir un accès limité aux armes à feu " », a-t-il ajouté.

Mais, selon le journal, si Trump a bien accueilli la proposition, il n'est pas clair si le président a examiné la nouvelle composante « Safe Home » de la proposition et la création d'une agence entière serait un énorme coup de pouce au Congrès.

« Mais le président a une réelle opportunité de laisser un héritage dans le domaine de la santé »

La proposition de HARPA, d'abord présentée comme un projet visant à améliorer le taux de mortalité du cancer du pancréas grâce à des recherches novatrices visant à mieux détecter et guérir les maladies, s'est souvent heurtée « obstacles institutionnels au progrès » au cours des deux dernières années, selon une autre personne familière avec les conversations. Mais M. Wright pense que le projet est fait sur mesure pour le président Trump.

M. Wright a déclaré : « Mais le président a une réelle opportunité de laisser un héritage dans le domaine de la santé ».

La proposition consiste à développer une « suite de capteurs » utilisant l'intelligence artificielle avancée pour essayer d'identifier les « signes neurocomportementaux » chez des personnes se dirigeant vers un acte explosif violent.

Selon une copie de la proposition, l'HARPA développerait des « technologies de pointe à haute spécificité et sensibilité pour le diagnostic précoce de la violence neuropsychiatrique ». « Une solution multimodale, avec une analyse de données en temps réel, est nécessaire pour obtenir un diagnostic aussi précis », lit-on sur le document. Selon le journal, le document énumère également un certain nombre de technologies largement utilisées qui pourraient être utilisées pour aider à recueillir des données, notamment Apple Watches, Fitbits, Amazon Echo et Google Home. Le document mentionne également les « outils puissants » collectés par les services de santé tels que l'IRMf, la tractographie et l'analyse d'images.


« Les outils analytiques avancés basés sur l'intelligence artificielle et l'apprentissage automatique s'améliorent rapidement et doivent être appliqués aux données », indique le document. Mais il n’y a pas lieu de vous s’inquiéter. Le projet ne devrait pas recueillir de données sensibles sur la santé des personnes sans leur permission. Le gouvernement se contentera d'identifier les facteurs de risque en matière de santé mentale qui pourraient indiquer un comportement violent, ont dit les personnes qui connaissent les discussions.

« La vie privée doit être protégée. Le profilage doit être évité. Les capacités de protection des données seront la pierre angulaire de cet effort », lit-on dans le projet. Par ailleurs, la recherche sera ouverte au public. Pourvu que les fusillades de masse ne soient pas utilisées comme prétexte pour avoir des données sur les gens au nom des services de santé mentale.

Sources : The Washington Post

Et vous ?

Que pensez-vous du projet HARPA ?
Quel commentaire faites vous du volet de la collecte des données personnelles par le biais des technologies comme Watches, Fitbits, Amazon Echo et Google Home ?
HARPA ne recueillera pas de données sensibles sur la santé des personnes sans leur permission. Qu’en pensez-vous ?

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Avatar de Cpt Anderson
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 06/08/2019 à 14:07
J'adore la façon dont les gens reflechissent ou plutot la manipulation dont ils font l'objet : à chaque fusillade, chacun pointe du doigt son voisin (c'est à cause des armes, c'est à cause des jeux vidéos, c'est à cause de l’éducation, c'est à cause de la société, c'est à cause des films...). Chaque lobby défend son pré carré, normal. Alors qu'en fait, c'est une conjonction de choses qui aboutit à ces événements. Je ne suis pas sociologue mais ce serait intéressant d'en entendre sur le sujet (je suis certain que des articles ou des livres existent la dessus). Au lieu de cela, on recommence la même rengaine à chaque fois. On se donne donc rendez-vous lors du prochain massacre pour encore relire les mêmes sottises.
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Avatar de Nita65
Membre du Club https://www.developpez.com
Le 08/08/2019 à 10:47
Citation Envoyé par chinagirl Voir le message
C'est simple, les auteurs des massacres sont responsables des massacres.
Parfois on rend compliqué ce qui est simple.
Il y a toujours eu des personnes dérangées, c'est comme ça.
Il faut juste les tenir éloignés de la société.
... et les tenir éloignées des armes à feu, non ? Et donc, ne pas mettre les armes à feu en vente libre ? CQFD...
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Avatar de Neckara
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 26/08/2019 à 10:09
Et si on résolvait les problèmes harcèlements dans l'éducation scolaire américaine ?
Et si on arrêtait (au sens large) les politiciens et organisations qui font du race baiting, incitant et encourageant explicitement à la haine et à la violence ?
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Avatar de diabolos29
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 06/08/2019 à 8:01
Les jeux vidéos, ben ouais, c'est forcement ça .

Ça peut pas être lié au contrôle des armes à feu aux États-Unis, ni au fait qu'il n'y soit pas répréhensible (sous couvert de liberté d'expression) de tenir publiquement des propos racistes...
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