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Sony annonce la suppression de contenus numériques de la boutique vidéo de PlayStation Store dès septembre. Cela sonne comme un rappel que nous ne sommes pas propriétaires de ce que nous achetons en ligne

Le , par Patrick Ruiz

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Sony annonce la suppression de contenus numériques de la boutique vidéo de PlayStation Store dès septembre. Cela sonne comme un rappel que nous ne sommes pas propriétaires de ce que nous achetons en ligne

Sony vient d’informer ses clients PlayStation au Royaume-Uni qu'ils ne pourraient plus visionner les films et séries achetés précédemment auprès de la société de production et de distribution StudioCanal. À compter du 1er septembre, les clients concernés ne pourront plus accéder en streaming à 551 titres disponibles sur le PlayStation Store. L’annonce ravive le débat sur les notions de propriété et d’héritage numérique et sonne comme un rappel que nous ne sommes pas propriétaires de ce dont nous pensons faire l’acquisition en ligne.

Dans un récent avis juridique, Sony a indiqué que les clients concernés ne pourraient plus visionner en streaming des titres tels que Outrage: Way of the Yakuza, Paddington, Paddington 2, le Labyrinthe de Pan, Rambo 3, Terminator 2 : le jugement dernier et le garçon au pyjama rayé et ce, « en raison de nos accords de licence de contenu ». D’ici septembre, Sony supprimera de la bibliothèque PlayStation des utilisateurs britanniques tous les titres concernés qu’ils ont achetés, conformément à cet avis.

Il est possible que Sony parvienne encore à conclure un accord avec StudioCanal d’ici le 1er septembre, voire après cette date, ce qui permettrait aux utilisateurs de continuer à regarder les contenus qu’ils ont achetés. Cela s’est déjà produit en 2023, lorsque Sony avait annoncé qu’il allait devoir retirer 1318 saisons de séries Discovery des bibliothèques de ses clients. Quelques semaines après cette annonce, Sony avait toutefois précisé qu’il ne retirerait pas ces contenus, car il avait mis à jour ses accords de licence avec Discovery.

Les clients concernés ne devraient toutefois pas se faire trop d’illusions. Sony a déjà retiré 314 titres StudioCanal de ses catalogues en Allemagne et en Autriche en 2022. Plus récemment, Sony a supprimé les bibliothèques numériques Funimation des utilisateurs après avoir décidé de fusionner ce service de streaming d’anime avec Crunchyroll. Sony a également réduit la portée de sa boutique en ligne et a cessé de proposer la location et l’achat de films et de séries en août 2021. Même si StudioCanal était disposé à conclure un accord avec Sony, il est possible que Sony soit moins intéressé qu’auparavant par la conservation des titres numériques.

A l'ère des abonnements qui tuent les copies physiques, de plus en plus d’éditeurs de jeux vidéo (et de façon plus large de fournisseurs de services en ligne) insèrent la mention « Vous achetez une licence, pas le contenu lui-même » dans leurs conditions d’utilisation. Et le problème de la licence d'utilisation n'est pas qu'elle soit révocable, mais qu'il ne soit en général pas fait mention de la durée d'utilisation possible du produit

C’est dire que les potentiels clients PlayStation au Royaume-Uni qui ne seront pas au courant de l’annonce de l’éditeur et qui ne liront pas les conditions d’utilisation (selon Statista, environ 97 % des personnes âgées de 18 à 34 ans ne lisent pas les conditions d’utilisation des services en ligne) sont susceptibles de se retrouver entrain de faire l’acquisition d’un contenu auquel ils pourraient ne plus avoir accès dans la bibliothèque quelques jours seulement après ledit achat.

En mai 2024, la fermeture du service Telstra TV Box Office a soulevé des interrogations sur ce que signifie posséder des films, de la musique et des émissions de télévision à l'ère des services de diffusion en continu. « Ma bibliothèque est anéantie » ont réagi les utilisateurs de Telstra lorsqu'ils ont été informés qu'ils perdraient l'accès aux films et émissions qu'ils avaient achetés s'ils ne migraient pas vers le service Fetch. Selon certains clients, Telstra leur aurait demandé de payer 200 dollars pour Fetch afin de pouvoir conserver l'accès à leurs achats, qui atteignaient parfois 2500 dollars, alors que d'autres ont bénéficié gratuitement d'un boîtier Fetch.

En avril 2024, Ubisoft a révoqué l'accès au jeu vidéo "The Crew" acheté en ligne, ravivant le débat sur la propriété numérique à l'ère des abonnements qui tuent les copies physiques. Depuis lors, le jeu est injouable en ligne. La décision avait été annoncée préalablement par l'éditeur et n'a donc créé aucune surprise. Cependant, des rapports de gamers ont révélé que certaines licences de lancement du jeu via Ubisoft Connect avaient également été révoquées, entraînant des mécontentements supplémentaires. De nombreux utilisateurs ont exprimé leur frustration, estimant que la révocation de leurs licences pourrait être jugée illégale dans certaines juridictions.

C’est en droite ligne avec cet état de choses que des questions connexes font surface : les supports numériques doivent-ils offrir des droits de propriétés plus solides ? Les prix doivent-ils être ajustés pour refléter les limites d’une licence ? Les acquéreurs de contenus en ligne affectés par les révocations subites des licences doivent-ils subir des compensations financières ?

La Commission de l’UE a refusé de proposer une loi obligeant les éditeurs à maintenir jouables les jeux vidéo qui ne sont plus commercialisés, bien que l'initiative « Stop Killing Games » ait recueilli près de 1,3 million de signatures vérifiées pour l’atteinte de cet objectif. La commission de l’UE ne touche pas au cœur du problème : elle n'oblige pas les éditeurs à proposer des modes hors ligne ou des outils de serveur lorsqu'un jeu arrive en fin de vie. Les éditeurs restent légalement en droit de désactiver à distance les logiciels, rendant ainsi totalement inutilisables les achats légitimes effectués par les consommateurs.

La loi californienne AB2426 pour sa part semble combler le fossé entre les attentes des consommateurs et les réalités juridiques de l’achat d’un jeu numérique au travers de la mesure qui impose aux boutiques en ligne vendant des jeux de préciser clairement que les clients achètent des licences et ne deviennent pas propriétaires des jeux, mais elle élude la question plus large de savoir si les supports numériques devraient offrir des droits de propriété plus solides ou si les prix devraient être ajustés pour refléter les limites d’une licence.

L’exploration de modèles alternatifs, tels que des biens numériques offrant des droits de propriété partiels ou des licences transférables, pourrait mieux répondre aux attentes des consommateurs. Si les développeurs tiennent à fixer le prix des jeux numériques au même niveau que celui des copies physiques, il faudrait envisager un système de compensation pour les situations où l’accès à un titre acheté est révoqué. Cela pourrait peut-être prendre la forme de remboursements partiels ou de crédits en boutique.

Source : Sony (Confirmation de suppression des contenus de la bibliothèque vidéo PlayStation)

Et vous ?

Partagez-vous les avis selon lesquels les lois doivent évoluer de manière à procurer aux acquéreurs de produits numériques des droits de propriété plus solides ? Les prix doivent-ils être ajustés pour refléter les limites d’une licence ? Les acquéreurs de contenus en ligne affectés par les révocations subites des licences doivent-ils subir des compensations financières ?

Voir aussi :

Ubisoft révoque l'accès à un jeu vidéo acheté en ligne, d'après des rapports de gamers qui ravivent le débat sur la propriété numérique à l'ère des abonnements qui tuent les copies physiques

Des gamers lancent une pétition pour demander qu'un jeu vidéo qui requiert une connexion aux serveurs d'un éditeur reste fonctionnel en fin de vie, une demande qui intervient à l'ère des abonnements en ligne

« Vous achetez une licence, pas le jeu lui-même », déclare Steam dans une mise à jour de ses CGU, le tableau relance le débat sur la propriété numérique à l'ère des abonnements qui tuent les copies physiques
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Avatar de Artaeus
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 02/07/2026 à 9:02
Sachant qu'ils révoqués les licences de milliers de films achetés il y a quelque jours ... Cela nous montre l'avenir du JV, et ne donne absolument pas confiance.
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Avatar de RenarddeFeu
Membre averti https://www.developpez.com
Le 01/07/2026 à 0:53
Je me demande bien comment Sony a le droit de vendre des licences "perpétuelles" alors même que les accords avec les ayant-droits ont une durée limitée.

Vendre l'accès à un film sans informer explicitement le consommateur de la date limite qui lie Sony à l'ayant-droit est une tromperie.
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Avatar de Patrick Ruiz
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 02/07/2026 à 9:07
Citation Envoyé par Artaeus Voir le message
Sachant qu'ils révoqués les licences de milliers de films achetés il y a quelque jours ... Cela nous montre l'avenir du JV, et ne donne absolument pas confiance.
C'est exactement ce que tous ces développements inspirent : pas de confiance. Espérons néanmoins que les législations se renforcent en faveur des gamers afin de leur assurer des droits de propriété numérique plus solides à l'échelle globale
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Avatar de phil995511
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 02/07/2026 à 12:49
Je soupçonne Sony de vouloir viser des bénéfices plus importants en empêchant ainsi la revente de jeux d'occasion.

Sauf qu'en fournissant un environnement complètement fermés (OS propriétaire et jeux uniquement téléchargeables) Sony risque de perdre de nombreux clients, près de 30 à 40 % selon mon estimation.

Il y a en effet des gens qui n'achètent des consoles que pour y jouer à moindre frais via des jeux achetés uniquement d'occasion. Il y a aussi tout plein de jeunes qui se prêtent des jeux entre amis. Et il y a ceux qui veulent posséder leurs jeux matériellement... Rappelons à ce propos qu'aujourd'hui les entreprises qui vous revendent des jeux dématérialisés spécifient dans leurs licences, que ces jeux que vous aurez acquis au près d'eux, ne vous appartient pas et que vous possédez juste un droit d'y avoir accès, ce qui est juste inacceptable !! Ils prennent les gens pour des crétins se disant qu'ils vont se soumettre à ces nouvelles règles...

Déjà qu'ils ont décidé il y a peu de cesser la commercialisation de leurs nouveaux jeux sur PC, alors que les sortir en même temps sur toutes les plateformes aurait très certainement fait leur bonne fortune ?!

Il y a aussi tous ces films qu'ils ont décidé du jour au lendemain de supprimer de leur catalogue.

Et par dessus le marché, la PS6 qui devrait coûter qqch comme 1000 € à ce que nous rapporte la presse en ligne ;-(

De mon point de vue Sony est entrain par là même de porter un grave préjudice à l’environnement de jeu "Play Station"...

Ils pensent très certainement que leur public captif leur est acquis pour toujours et qu'il va accepter sans broncher les nouvelles règles liberticides de Sony... c'est dire à quel point ils manquent de respect en vers leurs clients ;-(

Je souhaite à Sony de perdre beaucoup d'argent suite à ces décisions et de s'en mordre les doigts après coup, étant donné qu'ils ne semblent pas être suffisamment intelligents pour prendre d'entrée de jeu de bonnes décisions...
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Avatar de Stellar7
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 02/07/2026 à 18:43
Et on en parle même dans Le Télégramme de ce jeudi 02/07.
Ils insistent bien pour dire que c'est pour suivre la tendance des clients (ben voyons).

De mon côté, j'ai eu un recul lorsque il a été indiqué que le support physique nécessitait quand même une connexion internet (ok, ça date, cette "nécessité"). Si on n'est pas d'accord, il n'y a qu'à voter avec ses pieds, dit-on. Mais combien vont le faire ? se rendre compte de la dépendance ? Je crains qu'un gros troupeau de moutons ne suive, et je vais devenir (une fois de plus) un "vieux qui ne comprend rien au monde moderne et aux avancées". Remarquez, c'est comme pour les voitures : beaucoup attendent (tentent de vous convaincre) que de passer à la location permanente c'est bien. Gloups.

Allez, bonneuuu-nuit, tout est sous contrôôôle, tout va bieeen, AYEZ CONFIANCE… vous êtes une grenouille !
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Avatar de e101mk2
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 03/07/2026 à 23:14
Bien voyons...

En pleine inflation, Sony comme Microsoft sortent une version light de leurs consoles sans lecteur. Forçant indirectement le dématérialisée pour la majorité des foyers à faible revenu.
Après ils nous sortent leurs chiffres disant qu'ils suivent les habitudes des joueurs...

No comment...
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Avatar de foetus
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 02/07/2026 à 19:45
Citation Envoyé par phil995511 Voir le message
ne vous appartient pas et que vous possédez juste un droit d'y avoir accès, ce qui est juste inacceptable !!
Pour les logiciels notamment Windows c'est déjà le cas depuis 30 ans au moins : licence EULA, CLUF et autres c'est juste 1 droit d'utilisation

Et même les films dans les années 80-90 c'était clairement indiqué que c'est pour le cercle familial : donc tu ne pouvais pas le prêter à des amis et tu devais le regarder avec ta famille.

Là le truc c'est comme Apple avec son Apple Store sur ses iPhones : c'est Sony qui va contrôler la marché des jeux sur sa plateforme via sa PS5/ PS6 (Sony a arrêté les jeux sur ordinateur)

Valve et Steam, c'est différent : en théorie, sur ordinateurs, tu as des concurrents (GOG, Epic, Ubisoft, …) Mais Steam a tellement détruit la concurrence qu'il est en quasi monopole.
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Avatar de floyer
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 02/07/2026 à 21:36
Souvent, les plateformes de VOD proposent de louer (24 ? 48h ?) - là c'est clair, ou d'acheter. Les mots ont un sens, et proposer l'achat d'un titre et le "reprendre", c'est une escroquerie : on soustrait une somme d'argent en échange d'un service, une promesse qui n'est pas délivré complètement.

(Ceci-dit, même en location, on peut avoir des surprises... genre le film que je peux regarder sur iPhone, mais AirPlay étant désactivé pour ce dernier, pas de grand écran)
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