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La Russie menace d'interdire GTA 6 si Rockstar refuse de supprimer des strip-teaseurs masculins et autres contenus jugés « immoraux », Internet répond par un immense fou rire

Le , par Stéphane le calme

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À peine évoqué, même pas encore sorti, Grand Theft Auto VI provoque déjà des crispations internationales. En Russie, la menace est claire : si Rockstar Games ne supprime pas certains contenus jugés « immoraux », parmi lesquels figureraient notamment des strip-teaseurs masculins et d’autres éléments perçus comme incompatibles avec les valeurs promues par l’État, le jeu pourrait être tout simplement banni. Une polémique qui a déclenché, en miroir, une avalanche de réactions ironiques et parfois mordantes chez les internautes occidentaux, ravis de voir GTA rester fidèle à sa réputation de caillou dans la chaussure des pouvoirs établis.

L’affaire repose sur des fuites issues de versions de développement de GTA 6. Parmi les éléments évoqués par des responsables russes figurent des strip-teaseurs masculins et d’autres scènes perçues comme incompatibles avec la législation locale sur la moralité et la représentation des minorités sexuelles. Autrement dit, des fragments de contenu non finalisé suffisent à déclencher une menace d’interdiction nationale.

Dans une interview, Mikhail Ivanov, vice-président du Conseil mondial du peuple russe, a critiqué la popularité de Grand Theft Auto et a qualifié la série « d'outil d'influence dangereux ».

« Les créateurs de GTA VI ont délibérément choisi d'inclure dans leur produit des contenus destructeurs et vulgaires, totalement inacceptables pour la santé morale de la société », a-t-il déclaré. « Cela inclut l'ajout prévu de scènes de strip-tease masculin dans le jeu, ce qui constitue une violation directe et cynique des normes morales fondamentales et des valeurs spirituelles traditionnelles. »

Il a ensuite fait apparemment référence aux fuites et à la confirmation du contenu par Rockstar, déclarant : « L'admission d'un tel contenu équivaut à la croissance de la jeune génération. » Ivanov a en outre appelé les développeurs « à sortir des versions spéciales, débarrassées de tout contenu immoral, pour notre marché ».

Ce ne serait pas la première fois que différents pays reçoivent des versions modifiées de jeux. Par exemple, en 2023, l'événement Pride d'Overwatch 2 a été interdit dans plusieurs pays du Moyen-Orient.

Mise en contexte

Le paradoxe est frappant : GTA 6 n’est pas encore commercialisé que son hypothétique version russe est déjà jugée inacceptable. Une anticipation qui révèle moins un problème de gameplay qu’une réaction idéologique réflexe face à une œuvre culturellement marquée.

Pour mettre du contexte, plus tôt ce mois-ci, Rockstar Games a confirmé l'exactitude d'une série d'informations divulguées concernant GTA 6 dans un communiqué expliquant les raisons pour lesquelles des développeurs ont été licenciés du studio. Fin 2025, Rockstar Games a licencié des dizaines d'employés pour « faute grave », les accusant d'avoir divulgué des informations sur des projets non annoncés et sur GTA 6.

Alors que certains ont accusé le studio de « répression syndicale », ce qui a donné lieu à des protestations, Rockstar a réaffirmé sa politique de tolérance zéro en matière de divulgation d'informations confidentielles. Rockstar Games avait d'ailleurs affirmé fin 2025 que « les employés concernés avaient été surpris en train de diffuser et de discuter d'informations confidentielles sur un forum public », ce qui constituait une « violation des politiques de l'entreprise ». L'éditeur de jeux a maintenu que « ces licenciements n'étaient en aucun cas liés au droit des employés à adhérer à un syndicat ou à participer à des activités syndicales ». Mais cela n'a pas suffire à calmer les critiques.

Selon IGN, Rockstar a indiqué avoir licencié un employé à Lincoln, au Royaume-Uni, en avril 2025 pour avoir prétendument partagé des informations confidentielles sur GTA 6 avec un tiers qui les a ensuite publiées sur les réseaux sociaux. La société a également confirmé avoir licencié un employé américain en novembre 2023 et un autre en Inde en novembre 2025 pour deux fuites d'informations distinctes.


Quand la satire de GTA rencontre la morale d’État, les internautes s’en donnent à cœur joie

La série Grand Theft Auto a toujours prospéré sur la caricature et l’exagération. Elle ne propose pas un modèle de société, elle en grossit les travers. Pourtant, dans le discours russe, ces éléments sont interprétés au premier degré, comme s’ils constituaient une promotion directe de comportements jugés déviants. Cette lecture littérale a beaucoup amusé les internautes. Sur la toile, plusieurs commentaires soulignent avec ironie que « GTA a toujours été immoral par design », rappelant que la série permet aussi bien de braquer des banques que de semer le chaos urbain, sans que cela n’ait jamais été un manuel de bonne conduite.

Les réactions les plus partagées jouent sur l’absurde de la situation. L’un des commentaires, largement repris, ironise : « La Russie menace de bannir GTA 6… comme si les joueurs russes n’avaient jamais utilisé de VPN de leur vie. » Une remarque qui pointe le décalage entre la censure officielle et la réalité des usages numériques.

Un autre internaute, tout aussi moqueur, écrit en substance : « Si la Russie voulait vraiment un GTA moralement acceptable, il faudrait aussi supprimer les crimes, les armes, la corruption, la satire politique… donc supprimer GTA tout court. » Traduite et relayée, cette réflexion résume assez bien le sentiment général : demander à GTA d’être moral, c’est passer à côté de ce qu’est GTA.

D'autres s'en prennent à la « logique » des décideurs en Russie : « La boussole morale de la Russie : les strip-teaseurs masculins sont immoraux, les strip-teaseuses féminines sont morales », ou encore « Les strip-teaseurs masculins sont immoraux, tirer et écraser des innocents est moral. »

Certains vont encore plus loin dans la dérision en suggérant que cette menace constitue en réalité « la meilleure publicité possible » pour Rockstar. Être banni pour immoralité par un État autoritaire devient presque, dans l’imaginaire collectif, un label de conformité à l’esprit original de la franchise.

Rockstar face à un choix qui n’en est pas vraiment un

Derrière l’humour, la question stratégique reste sérieuse. Rockstar Games peut soit ignorer ces pressions et accepter une interdiction en Russie, soit adapter son contenu pour préserver un accès officiel au marché. Mais ce marché, déjà affaibli par les sanctions et les retraits de nombreux acteurs occidentaux, n’a plus le poids économique qu’il pouvait avoir il y a dix ans.

Les internautes l’ont bien compris et le rappellent sans détour. Plusieurs commentaires soulignent que Rockstar « n’a absolument aucun intérêt à modifier son jeu pour un pays qui, de toute façon, fera tout pour le bloquer ». Une lecture cynique mais réaliste du rapport de force actuel.

Du côté russe, la menace d’interdiction semble avant tout destinée à un public interne. Elle alimente un récit politique bien rodé opposant des valeurs nationales présentées comme traditionnelles à une culture occidentale décrite comme décadente. GTA 6 devient alors un symbole commode, facilement identifiable, pour illustrer cette opposition. Cette instrumentalisation n’échappe pas aux joueurs occidentaux, qui voient dans cette polémique un épisode de plus dans une longue série de batailles culturelles où le jeu vidéo sert de bouc émissaire.

GTA 6, déjà fidèle à sa légende

Ce qui frappe, au final, c’est la cohérence de la situation avec l’histoire de la franchise. GTA a toujours suscité des interdictions, des procès, des indignations morales. Le fait que GTA 6 soit menacé avant même sa sortie renforce presque son aura mythique. Comme le résume avec humour un commentaire très partagé : « Si GTA ne mettait plus mal à l’aise les gouvernements, ce ne serait plus vraiment GTA. » Une phrase qui, traduite ou non, pourrait servir de slogan officieux à Rockstar.

Avant même que les joueurs n’y touchent, GTA 6 s’impose donc déjà comme un objet culturel explosif, capable de déclencher à la fois des réactions politiques outrées et un immense éclat de rire collectif sur Internet. Une entrée en matière parfaitement alignée avec l’ADN de la série.

Rockstar a supprimé des milliers d'emplois ces dernières années

Pour rappel, en avril 2024, l'éditeur de GTA 6 avait déjà supprimé près de 600 postes et annulé 140 millions de dollars de projets, alors qu'il avait enregistré 8,5 milliards de dollars de bénéfices grâce à GTA 5 et n'avait « aucun plan » de licenciement. Cette mesure avait été prise dans le but d'économiser 165 millions de dollars par an. Le studio avait alors justifié sa décision par « une recherche d...
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