Des entreprises telles que Microsoft imposent l'utilisation de l'IA aux employés. L’objectif est de réduire les coûts, accélérer la production et automatiser certaines tâches répétitives. Mais les témoignages des employés exposent une vérité cachée : l'IA donne plus de travail aux salariés - et non moins. Ces outils produisent souvent des résultats erronés ou incohérents, obligeant les développeurs à passer plus de temps à corriger les erreurs qu’à innover. Cela annule les gains de productivité attendus et peut même coûter plus cher que de faire le travail sans l'IA. Un nouveau rapport indique que c'est le problème auquel sont confrontés les développeurs d'Electronic Arts.Les grands acteurs de l'industrie du jeu vidéo ne cachent pas leur intérêt pour l'IA. (Microsoft et Electronic Arts investissent massivement dans les outils d'IA.) Qu'il s'agisse d'utiliser l'IA dans le développement de jeux ou de remplacer des artistes et des acteurs, nous pouvons nous attendre à voir cette technologie apparaître dans un nombre croissant de jeux à l'avenir. Cependant, elle pourrait ne pas être l'alternative à moindre coût que l'industrie espérait.
Un nouveau rapport de Business Insider suggère qu'Electronic Arts rencontre de grandes difficultés dans la mise en œuvre de l'IA dans le développement de jeux vidéo. Son chatbot interne basé sur l'IA commet des erreurs que les développeurs doivent corriger pendant leurs heures de travail.
Electronic Arts intègre de manière agressive l'IA, notamment son chatbot ReefGPT, afin d'automatiser le développement de jeux et de réduire les coûts. Cependant, les outils expérimentaux d'IA provoquent des erreurs de codage et des « hallucinations », ce qui augmente la charge de travail et l'anxiété des employés dans un contexte de licenciements dans le secteur. L'impact global de l'IA sur le jeu vidéo reste incertain malgré les investissements continus.
Le chatbot d'IA expérimental d'Electronic Arts en action
Chez Electronic Arts, la direction a passé ces dernières années à encourager ses quelque 15 000 employés à utiliser l'IA pour pratiquement tout, des projets créatifs tels que la création de codes et de concepts artistiques aux tâches managériales comme la rédaction de scripts de conversations avec des subordonnés directs sur des sujets sensibles tels que les salaires et les promotions. Dans certains cas, la société impose et contrôle l'utilisation de ces outils.
Des humains sont embauchés pour nettoyer le code écrit par l'IA
Avec l'essor d'outils d'IA tels que ChatGPT, il est désormais possible de décrire un programme en langage naturel (français par exemple) et de demander au modèle d'IA de le traduire en code fonctionnel. Andrej Karpathy, ancien chercheur d'OpenAI, a donné un nom à cette pratique : le « vibe coding ». Cette pratique gagne rapidement du terrain dans les milieux technologiques. Et Google a même déclaré que 25 % de son code est généré par l'IA.
Le vibe coding attire l'attention parce qu'elle pourrait abaisser la barrière à l'entrée de la création de logiciels. Mais des questions subsistent quant à la capacité de cette approche à produire de manière fiable un code adapté aux applications du monde réel. Les études montrent que l'IA est loin d'être à la hauteur.
C'est là que des entreprises comme Harsh Kumar interviennent. Harsh Kumar explique que ses clients lui mettent souvent à disposition des applications ou sites Web générés par une IA et qui se sont avérés instables ou totalement inutilisables. Son rôle : réparer la casse ou remettre de l’ordre dans le code généré par l’IA afin d’aboutir à un produit logiciel fonctionnel. Cette entreprise basée en Inde a déclaré qu'elle a un nombre important de clients.
Harsh Kumar entre ainsi dans la nouvelle catégorie de titre d’emploi dénommée spécialiste en nettoyage de code généré par l’IA. L’humain revient donc au secours de l’IA que les entreprises tentent de vendre comme une révolution et sur laquelle certains dirigeants s'appuient pour réduire leurs effectifs.
À l'heure actuelle, la plupart des projets d'IA échouent. Selon le MIT, le taux d'échec de 95 %. Malgré la ruée vers l'intégration de nouveaux modèles d'IA puissants, environ 5 % des programmes pilotes d'IA parviennent à accélérer rapidement leurs revenus ; la grande majorité stagne, n'ayant que peu ou pas d'impact mesurable sur le compte de résultat. Ce constat amer fait écho à des études récentes selon lesquelles les capacités de l'IA sont surestimées.
La correction des erreurs coûte plus cher que le travail sans l’IA
Electronic Arts a de grands projets pour l'IA. En 2024, l'entreprise a présenté ses outils d'IA, montrant un scénario dans lequel les utilisateurs pouvaient « créer » un jeu grâce à des invites d'IA. Les utilisateurs tapent ce qu'ils veulent voir dans le jeu, et le chatbot le rend en temps réel, en ajustant la conception des niveaux, les armes et les règles. Lors de la démonstration, l'entreprise a déclaré avoir plus de 100 projets d'IA actifs en cours de développement.
Cependant, ce rapport suggère que son système ReefGPT est loin d'être aussi performant que la démonstration présentée au public. Cette technologie est encore au stade expérimental, et ses limites n'ont pas encore été correctement testées. Ces tests sont effectués en temps réel pendant les heures de travail, ce qui coûte à l'entreprise du temps et de l'argent supplémentaires, car les employés...
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