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Un développeur de jeux russe demande aux gamers de « hisser le drapeau pirate » suite à la décision du gouvernement russe de légaliser le piratage de logiciels
Pour contourner les sanctions

Le , par Patrick Ruiz

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Les joueurs russes n'ont désormais plus la possibilité d'acheter des jeux sur la plupart des grandes plateformes dédiées en raison des sanctions prises à l'encontre du pays en représailles à l’opération militaire russe en Ukraine. Le développeur russe à l'origine du jeu indépendant Loop Hero encourage les clients russes à « hisser le drapeau pirate » pour s’approprier des copies du titre. La manœuvre fait suite à la décision du gouvernement russe de légaliser le piratage de logiciels afin de contourner les multiples sanctions dont le pays est victime.

La Russie est sur le coup de nombreuses sanctions : la chaîne d'information russe RT (Russia Today) a dû se retourner vers la plateforme de vidéo en ligne Rumble sur laquelle elle poursuivra ses diffusions. Google a procédé au blocage des applications mobiles liées à RT et Sputnik sur sa boutique d’applications Play en Europe, les spécialistes de la filière IT ne peuvent subvenir à leurs besoins en raison des restrictions imposées par Visa et Mastercard, etc. Red Hat a interrompu ses ventes et services en Russie et en Biélorussie, etc.

« En ces temps difficiles, nous ne pouvons qu'aider tout le monde à hisser le drapeau pirate (avec le vpn) pour entrer en possession du jeu », commente-t-il après avoir pris soin de publier un lien vers une copie du jeu sur un populaire tracker de torrents russe. Le développeur souligne en sus que les joueurs souhaitant offrir des dons doivent s'abstenir. « La vérité est que tout va bien pour nous. Envoyez ce soutien à votre famille et à vos amis en ce moment difficile », précise-t-il.

Une décision qui fait suite à celle du gouvernement russe de légaliser le piratage de logiciels

Le ministère russe du Développement économique a publié récemment un document qui présente en détail les différentes mesures qu'il entend mettre en place pour alléger les sanctions qui frappent l'État et les Russes.

Le projet est intitulé "Plan d'action prioritaire pour assurer le développement de l'économie russe dans les conditions de pression des sanctions extérieures". Selon les autorités russes, si ces mesures sont adoptées, elles toucheront les titulaires de droits d'auteur, de brevets et de marques qui agissent contre les intérêts de la Russie. Le point 6.7.3 vise à résoudre le problème des sociétés étrangères qui révoquent ou qui refusent de délivrer des licences de logiciels. En l'état actuel de la législation, les logiciels sans licence sont illégaux, mais si les nouvelles mesures sont adoptées, dans certains cas, le piratage de logiciels deviendra non punissable.


Concrètement, ces nouvelles mesures proposent "l'exonération de responsabilité pour l'utilisation de logiciels sans licence dans la Fédération de Russie, détenus par un titulaire de droits d'auteur de pays ayant soutenu les sanctions". « Annulation de la responsabilité pour l'utilisation de logiciels (SW) sans licence dans la Fédération de Russie, appartenant à un titulaire de droits d'auteur de pays ayant soutenu les sanctions », indique la mesure proposée. Tel qu'elle est rédigée, la proposition couvre à la fois la responsabilité civile et pénale (Code des infractions administratives et Code pénal de la Fédération de Russie).

Elle indique également que tant que les sanctions sont en place, le piratage de logiciels pour lesquels il n'existe pas d'alternatives russes serait autorisé. L'on ne sait pas exactement comment cela pourrait se passer pour les services accessibles via le cloud, mais l'objectif global est de faciliter la transition de la Russie de la dépendance aux produits des sociétés étrangères vers des solutions développées dans le pays. Compte tenu de l'ampleur de cette entreprise, le piratage de logiciels risque de devenir la norme pour les années à venir. Les centres de recherches sur les technologies clés devraient être les cibles prioritaires.

En outre, le point 6.7.1 du document propose l'introduction d'un mécanisme de licence obligatoire pour les programmes informatiques et les bases de données, donnant au gouvernement les "droits sur une invention, un modèle d'utilité, un dessin industriel en rapport avec des programmes informatiques, des bases de données, des topologies de circuits intégrés". La Russie a également un plan pour les importations parallèles, c'est-à-dire les produits importés d'un autre pays sans l'autorisation du propriétaire de la propriété intellectuelle. Ce plan devrait frapper durement les propriétaires de droit d'auteur et marques.

Comme la Fédération devra importer beaucoup de choses sans autorisations officielles, le gouvernement russe envisage de supprimer la responsabilité en cas de violation des droits exclusifs, y compris les droits d'auteur et les marques. Par ailleurs, un parlementaire suggère de lever l'interdiction de RuTracker. En effet, vendredi dernier, le site d'information Gazeta.ru a rapporté que le politicien russe Dmitry Ionin avait suggéré que, face aux sociétés occidentales qui refusent de sortir de nouveaux films en Russie, les citoyens pourraient peut-être se tourner vers le tristement célèbre site de torrents RuTracker.

Cela a donné lieu à des spéculations selon lesquelles RuTracker, qui est bloqué de manière "permanente" par les fournisseurs d'accès à Internet en Russie en raison de violations répétées des droits d'auteur, pourrait être débloqué pour servir les citoyens locaux. Les utilisateurs d'un FAI, MTS, ont par la suite signalé qu'ils pouvaient accéder au site, mais les raisons de ce déblocage ne sont pas claires. Un vérificateur de liste de blocage exploité par le groupe de défense des droits numériques Roskomsvoboda montre que les principaux domaines du site sont toujours bloqués.

Source : réseau social VK

Et vous ?

Quel est votre avis sur le sujet ?
Que pensez-vous de ces mesures exceptionnelles de la Russie pour contourner les sanctions ?
Quels pourraient être les impacts de ces mesures sur les entreprises ou sur le monde informatique en général ?

Voir aussi :

L'Ukraine acceptée au centre de cyberdéfense de l'OTAN, apprès le refus de l'ICANN de couper la Russie de l'Internet mondial

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Avatar de Bill Fassinou
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 15/04/2022 à 18:13
Les entreprises technologiques se joignent aux sanctions imposées à la Russie dans le cadre de la guerre en Ukraine
une situation qui pourrait paralyser l'industrie technologique russe

L'invasion de l'Ukraine par la Russie le 24 février dernier n'a pas laissé les grandes entreprises technologiques indifférentes. De Nvidia à Intel en passant par Amazon et Microsoft, un grand nombre d'entreprises informatiques ont pris des sanctions contre la Russie et ont suspendu tout ou partie de leurs activités dans le pays. Certaines de ces sanctions découlent directement des mesures prises par les gouvernements occidentaux contre la Russie. Cela a mis l'industrie technologique russe dans un mauvais état.

Le conflit russo-ukrainien a montré à quel point l'industrie technologique est importante et stratégique pour un pays. Elle peut de fait être utilisée pour paralyser son économie toute entière. Dans le cas présent, l'exportation de nombreuses technologies vitales et susceptibles d'être utilisées par Moscou pour la construction d'armes ou d'infrastructures militaires a été interdite. Il s'agit notamment des semiconducteurs et autres produits microélectroniques, des équipements de télécommunications, des capteurs, des technologies aérospatiales, des systèmes de navigation, des équipements navals, pour ne citer que ceux-là.



D'autres technologies grand public ont également été interdites ou l'accès a été restreint pour les Russes, notamment YouTube et Google Play, Apple Pay, Netflix, Spotify, etc. Voici un aperçu de ce qui s'est passé dans la sphère informatique depuis le 24 février.

Les entreprises suivantes ont arrêté les publicités ou supprimé la possibilité de les monétiser en Russie :

  • 25 février : Meta a interdit aux médias d'État russes de diffuser des publicités ou de monétiser dans le monde entier ;
  • 25 février : Twitter a temporairement interrompu les publicités en Ukraine et en Russie afin de mettre en avant les "informations critiques pour la sécurité publique" ;
  • 2 mars : Snap a mis en pause les publicités sur l'application Snapchat en Russie, en Biélorussie et en Ukraine ;
  • 3 mars : Alphabet a suspendu toutes les publicités en Russie, couvrant la recherche, YouTube et les partenaires d'édition ;
  • 7 mars : Apple a suspendu les publicités sur l'App Store en Russie ;
  • 10 mars : Google Play et YouTube ont suspendu les fonctions de monétisation et les services de paiement en Russie ;
  • 23 mars : Google a déclaré qu'il ne laisserait pas les chaînes, les sites Web ou les applications de YouTube vendre des publicités qui rejettent la guerre.


Certaines entreprises ont restreint ou étiqueté les chaînes d'information d'État russes, notamment RT et Sputnik, et la désinformation russe, ou ont mis fin aux liens avec les moteurs de recherche russes :

  • 28 février : Roku a supprimé RT de son magasin de chaînes ;
  • 28 février : TikTok a interdit aux organisations d'information soutenues par l'État d'accéder à leurs comptes ;
  • 1er mars : Meta a restreint l'accès aux médias d'État russes RT et Sputnik dans l'UE ;
  • 1er mars : DuckDuckGo a mis en pause sa relation avec le moteur de recherche russe Yandex ;
  • 2 mars : Reddit a interdit les liens vers les médias russes soutenus par l'État sur l'ensemble de son site ;
  • 3 mars : Spotify a supprimé tout le contenu de Sputnik et de RT ;
  • 4 mars : Telegram a interdit les médias d'État russes suite à la pression de l'Europe pour supprimer les chaînes ;
  • 8 mars : Instagram a déclassé les posts des médias d'État russes sur ses flux, en abaissant leur priorité dans la file d'attente des Stories et en donnant un avertissement aux gens avant qu'ils ne partagent à nouveau du contenu provenant de médias contrôlés par l'État ;
  • 10 mars : DuckDuckGo a décidé de déclasser les informations provenant des sites associés à l'État russe ;
  • 11 mars : YouTube a bloqué l'accès aux chaînes associées aux médias d'État russes dans le monde entier.


Les entreprises suivantes ont cessé leurs ventes en Russie :

  • 1er mars : Apple a coupé la Russie de "toutes les ventes de produits" ;
  • 3 mars : CD Projekt Group, développeur des jeux The Witcher, a interrompu toutes les ventes de ses produits en Russie et en Biélorussie ;
  • 4 mars : Samsung a interrompu ses expéditions de produits vers la Russie, suspendant les exportations de produits tels que les puces, les smartphones et l'électronique grand public ;
  • 4 mars : Microsoft a suspendu les nouvelles ventes de produits et de services en Russie ;
  • 4 mars : Activision Blizzard a arrêté les nouvelles ventes de ses jeux en Russie ;
  • 5 mars : Epic Games a annoncé qu'il "arrête le commerce" en Russie ;
  • 9 mars : Sony a suspendu les ventes de logiciels et de matériel en Russie.


Les entreprises suivantes ont interrompu leurs activités en Russie, cessé d'y prendre de nouveaux clients ou coupé la Russie de leurs services :

28 février : Netflix a déclaré qu'il n'ajouterait aucune chaîne russe à son service ;
1er mars : Mastercard et Visa ont bloqué l'accès des banques russes à leurs réseaux ;
3 mars : Spotify a fermé son bureau en Russie pour une durée indéterminée ;
3 mars : PayPal a suspendu ses services en Russie, affectant également son service de transfert d'argent Xoom ;
4 mars : Amazon Web Services (AWS) a cessé d'accepter de nouveaux clients en Russie ;
4 mars : Cogent Communications, un fournisseur de services Internet basé aux États-Unis, a interrompu ses services aux clients russes ;
6 mars : TikTok a suspendu les diffusions en direct et le téléchargement de nouveaux contenus en Russie ;
6 mars : Netflix suspend totalement ses services en Russie ;
7 mars : les sociétés de technologie d'entreprise EPAM Systems et Luxoft ont annoncé qu'elles coupaient leurs liens avec la Russie ;
7 mars : WeWork a cessé ses activités en Russie, interrompant ses plans d'expansion et se séparant de ses opérations dans la région ;
9 mars : Lumen, un fournisseur de services Internet basé aux États-Unis, a cessé ses activités en Russie ;
9 mars : Sony a interrompu les opérations du Playstation Store dans le pays ;
9 mars : Bumble a cessé ses activités en Russie et a retiré ses applications des boutiques Apple et Google dans le pays ;
9 mars : Amazon a cessé d'expédier des produits depuis son site de vente au détail et a restreint l'accès à Amazon Prime en Russie ;
16 mars : Qualcomm a déclaré qu'il cesserait de vendre des produits aux entreprises russes ;
25 mars : Spotify a annoncé qu'il allait "suspendre complètement" son service en Russie ;
5 avril : Intel a suspendu toutes ses opérations commerciales en Russie.

D'autres entreprises telles que Taiwan Semiconductor Manufacturing Company (TSMC), Nvidia, l'allemand SAP, Oracle, Nokia IBM, Cisco font également partie du lot. Du point de vue des Russes, le fait que TSMC se soit également joint à l'interdiction risque de peser encore plus lourd. En effet, les sociétés russes de semiconducteurs telles que Baikal, MCST, Yadro et STC Module conçoivent elles-mêmes leurs puces, mais les font produire par le fabricant sous contrat taïwanais.

Il est donc possible que la Russie soit complètement bloquée en matière d'approvisionnement en semiconducteurs pour le moment, d'autant plus que des fournisseurs tels que Samsung, Micron et SK Hynix ont également suspendu toutes leurs livraisons.

Et vous ?

Quel est votre avis sur le sujet ?
Que pensez-vous du nombre important de sociétés technologiques qui ont sanctionné la Russie ?
Selon vous, ces entreprises ont-elles fait le bon choix ? Pourront-elles reprendre leurs activités en Russie après le conflit ?
Selon vous, quels messages cela envoie-t-il aux gouvernements du monde ?
Quelles questions cela soulève-t-il du point de vue de la souveraineté numérique ?
Pensez-vous que ces entreprises en ont fait plus que témoigner leur solidarité envers les Ukrainiens ?

Voir aussi

YouTube et Google Play suspendent tous les services basés sur le paiement en Russie, y compris les abonnements, les sanctions occidentales commencent à poser des problèmes bancaires dans le pays

Les grandes entreprises technologiques se retirent de Russie, dont Google, Apple, Samsung, Netflix et Spotify, cela pourrait créer une opportunité pour les entreprises chinoises comme Xiaomi

Google a désactivé les données de trafic Maps en Ukraine pour protéger les citoyens, les données de Google Maps pourraient être dangereuses pendant l'invasion
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Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 20/04/2022 à 23:13
L'industrie technologique russe fait face à la « fuite des cerveaux » : plus de 50 000 professionnels de l'IT ont quitté le pays,
100 000 autres envisagent de faire de même dans les prochains mois

Plus de cinquante mille professionnels IT russes ont délaissé leur pays suite à l'invasion de l'Ukraine fin février. Selon un groupe commercial de l'industrie technologique russe, cent mille autres professionnels de l'informatique voudraient faire de même dans les prochains mois. La plupart de ces informaticiens russes sont allés en Arménie, en Turquie, aux Emirats Arabes Unis et en Géorgie, des choix orientés par le fait qu'ils n'avaient pas besoin d'un visa pour se rendre dans ces pays. Les autorités russes ont entre-temps pris des mesures pour s'opposer à l'exode des informaticiens, proposant entre autres des avantages fiscaux et la possibilité de plus facilement contracter un prêt hypothécaire pour l'achat d'une habitation. Selon une estimation, la Russie compte un à deux millions de professionnels IT.

Depuis que leur pays a envahi l'Ukraine, les travailleurs russes de la technologie sont partis par milliers. Ils semblent déterminés à reconstruire leur vie et leurs entreprises dans d'autres pays. Début mars, quelques jours après que la Russie a envahi l'Ukraine et a commencé à réprimer la dissidence dans son pays, Konstantin Siniushin, un capital-risqueur à Riga, en Lettonie, a aidé à affréter deux avions hors de Russie pour aider les gens à fuir.

Les deux avions sont partis de Moscou, transportant des techniciens de la capitale russe ainsi que de Saint-Pétersbourg, Perm, Ekaterinbourg et d'autres villes. Ensemble, les avions ont déplacé environ 300 développeurs de logiciels, entrepreneurs et autres spécialistes de la technologie hors du pays, dont 30 travailleurs russes de start-up soutenues par Siniushin.

Les avions ont volé vers le sud au-delà de la mer Noire jusqu'à Erevan, la capitale de l'Arménie, où des milliers d'autres travailleurs technologiques russes ont fui dans les semaines qui ont suivi l'invasion. Des milliers d'autres ont pris l'avion pour la Géorgie, la Turquie, les Émirats arabes unis et d'autres pays qui acceptent les citoyens russes sans visa.

Le 22 mars, un groupe commercial de l'industrie technologique russe estimait qu'entre 50 000 et 70 000 travailleurs de la technologie avaient quitté le pays et que 70 000 à 100 000 supplémentaires suivraient bientôt. Ils font partie d'un exode beaucoup plus important de travailleurs de Russie, mais leur départ pourrait avoir un impact encore plus durable sur l'économie du pays.


L'impact potentiel de cet exode

L'exode changera fondamentalement l'industrie technologique russe, selon des entretiens avec plus de deux douzaines de personnes qui font partie de la communauté soudée des travailleurs technologiques russes à travers le monde, dont beaucoup ont quitté le pays ces dernières semaines. Une industrie autrefois considérée comme une force montante dans l'économie russe perd de vastes pans de ses travailleurs. Elle perd bon nombre des jeunes esprits brillants qui bâtissent des entreprises pour l'avenir.

« La plupart des travailleurs technologiques russes font partie du marché mondial. Soit ils travaillent pour des entreprises mondiales, soit ce sont des entrepreneurs technologiques qui essaient de créer de nouvelles entreprises pour le marché mondial », a déclaré Siniushin par l'intermédiaire d'un interprète de son bureau à Riga. « Alors ils quittent le pays ».

Le récent exode renverse 10 à 15 ans d'élan dans l'industrie technologique russe, a déclaré Konstantin Sonin, économiste à la Harris School of Public Policy de l'Université de Chicago, qui a immigré de Russie aux États-Unis. « C'est maintenant comme dans les années 90, quand quiconque était capable de déménager a quitté le pays », a-t-il déclaré.

La technologie est une petite partie de l'économie russe par rapport aux industries de l'énergie et des métaux, mais elle a connu une croissance rapide. La perte de nombreuses personnes jeunes, éduquées et tournées vers l'avenir pourrait avoir des ramifications économiques pour les années à venir, ont déclaré des économistes.

« L'impact à long terme peut être plus important que l'impact à court terme », a déclaré Barry Ickes, chef du département d'économie de l'Université d'État de Pennsylvanie, spécialisé dans l'économie russe. « En fin de compte, la Russie doit diversifier son économie loin du pétrole et du gaz, et elle doit accélérer la croissance de la productivité. La technologie était un moyen naturel de le faire ».

Les raisons des départs sont multiples

Les travailleurs ont quitté le pays parce qu'ils s'opposaient à l'invasion de l'Ukraine par la Russie, ne voulaient plus vivre sous le régime de Poutine, craignaient de ne pas pouvoir s'exprimer s'ils restaient et/ou craignaient pour leur futur. Travaillant dans la technologie, une industrie relativement lucrative, ils avaient de l'argent pour fuir le pays. Et comme les autres travailleurs de la technologie dans le monde, ils pouvaient continuer leur travail de n'importe où avec un ordinateur portable et une connexion Internet.

D'autres sont partis parce que leurs entreprises les ont renvoyés.

Après que des gouvernements étrangers ont imposé des sanctions à la Russie et que de nombreuses entreprises américaines et européennes ont cessé d'y vendre des produits ou ont interdit l'accès aux services bancaires et Internet, certains travailleurs technologiques russes n'avaient pas les outils nécessaires pour faire leur travail. De plus, les entreprises ont eu du mal à les payer.

Certains travaillaient pour des entreprises basées en Russie et d'autres pour des entreprises ayant leur siège social ailleurs. De nombreuses start-ups aux États-Unis et en Europe – dont beaucoup ont été fondées par des entrepreneurs nés en Russie – s'appuyaient sur des développeurs logiciels, des ingénieurs et d'autres travailleurs de la technologie en Russie. Pour les entrepreneurs russes vivant à l'étranger, ces travailleurs n'étaient pas aussi chers que les spécialistes de la Silicon Valley et d'autres régions des États-Unis.


Les zones privilégiées

StudyFree, une start-up de San Francisco qui aide les étudiants à trouver des bourses et des subventions universitaires, employait environ 30 travailleurs en Russie, mais les garder là-bas est devenu un handicap, alors l'entreprise les a contraint à se déplacer, a déclaré Dasha Kroshkina, fondatrice de l'entreprise d'origine russe. .

En mars, un groupe qui offrait des conseils et d'autres aides aux personnes se déplaçant de Russie à Erevan (capitale de l'Arménie) sur l'application de messagerie Internet Telegram est passé à 18 000 membres. Pendant les journées de travail, les travailleurs russes de la technologie ont rempli les cafés et autres espaces publics, et alors qu'ils cherchaient des logements, les prix des loyers ont considérablement augmenté, selon de nombreuses personnes qui ont travaillé pour trouver des appartements via le groupe Telegram.

« Nous n'avons pas assez d'appartements de qualité pour les personnes très éduquées avec des salaires élevés et des normes élevées », a déclaré Aram Shahbandarian, un ancien employé de Google basé à Erevan qui aide de nombreux Russes à s'installer dans la ville. 1 Erevan est en train de craquer ».

Vahan Kerobyan, ministre arménien de l'Économie, a déclaré dans une interview qu'en tant que pays ayant une relation stratégique avec la Russie, il ne pouvait pas dire qu'il encourageait les entreprises à se retirer de Russie, mais que si les entreprises décidaient de quitter la Russie, alors son pays était près à les accueillir.

« La communauté technologique arménienne apporte son soutien à ses amis russes, et le gouvernement voudrait donner aux entreprises russes un endroit agréable et pas trop cher où elles peuvent travailler », a-t-il déclaré. Kerobyan a estimé que 43 000 personnes avaient quitté la Russie pour l'Arménie, dont la moitié détenaient des passeports russes et l'autre moitié des passeports arméniens.

Miro, une société américaine de logiciels, a affrété des vols vers Erevan pour ses employés russes et les a transférés dans deux hôtels au cœur de la ville, a déclaré Kerobyan. X-tensive, une société de développement de logiciels en Russie, a également déménagé ses employés dans la ville arménienne car son principal client, ServiceTitan, y a un bureau, a-t-il déclaré.

Miro a déclaré publiquement qu'elle déplaçait ses travailleurs hors de Russie. X-tensive n'a pas fait de déclaration publique.

Beaucoup de ces travailleurs peuvent éventuellement aller ailleurs car les restrictions de visa les obligent à quitter leur domicile actuel après un certain nombre de jours. Beaucoup ne savent pas où ils pourraient aller. D'autres envisagent de déménager dans des pôles technologiques prometteurs plus éloignés, tels que Dubaï et Lisbonne.

Les incitations du gouvernement pour conserver ses professionnels de l'IT

Artem Taganov, fondateur et directeur général d'une start-up russe appelée HintEd, a déclaré qu'il connaissait environ 70 fondateurs d'entreprises russes qui, comme lui, avaient fui en Arménie. Si les entrepreneurs restent en Russie, a-t-il dit, leurs entreprises ne pourront servir que le marché local.

« Avant que tout cela ne commence, la Russie avait une base technologique si solide », a regretté Taganov. « Maintenant, nous avons une fuite des cerveaux qui se poursuivra pendant les cinq à 10 prochaines années ».

La Russie a une tradition de production d'ingénieurs en logiciel et de développeurs Web talentueux. Des entreprises remarquables comme Telegram et Yandex sont venues du pays. Alors que les sanctions coupent le pays de l'économie mondiale, les entreprises technologiques devront s'inspirer de la Chine, un pays beaucoup plus grand, où les entreprises ont réussi en s'adressant aux clients nationaux.

Le gouvernement russe veut garder les travailleurs de la technologie dans le pays, offrant des taux d'imposition plus bas, des hypothèques à des taux préférentiels et même la promesse qu'ils ne seront pas enrôlés dans l'armée, selon les médias d'État. Il y a quelques jours, Mikhail V. Mishustin, le Premier ministre russe, a appelé les travailleurs technologiques russes à créer « notre propre écosystème ». « La patrie vous a donné tout ce dont vous avez besoin pour faire votre travail », a déclaré Mishustin dans son discours annuel au Parlement. « Vous pourrez travailler de manière fiable et sereine pour votre pays, pour votre entreprise, gagner de l'argent normalement et vivre ici confortablement ».

Beaucoup resteront en Russie et travailleront pour des entreprises affiliées à l'État. Mais ils seront confrontés à d'autres obstacles.

Ils devront peut-être reconstruire bon nombre des outils fondamentaux nécessaires au développement de logiciels et de services Internet modernes. Le matériel informatique crucial peut devenir plus difficile à trouver car les sanctions limitent la disponibilité.

Stepan Pachikov, considéré par beaucoup comme l'un des premiers entrepreneurs technologiques russes à avoir réussi après avoir créé Paragraph International, une société qui fabriquait des logiciels d'écriture manuscrite pour les machines Apple, a déclaré que les travailleurs technologiques les plus intelligents quittaient le pays depuis des années, mais qu'avec la situation actuelle, le rythme s'accélérait. .

Alors que Pachikov a vu la Russie devenir économiquement isolée du monde et plus restrictive chez lui, il est peu optimiste quant à l'avenir. « C'est dévastateur », a-t-il déclaré. « Si vous perdez trop de sang, c'est la mort pour le corps. La Russie a perdu beaucoup de sang ».

Et vous ?

Quel impact pensez-vous que cet exode des professionnels russes des technologies de l'information aura-t-il sur la filière en Occident ?
Connaissez-vous des développeurs bloqués en Russie à cause des sanctions de Visa et Mastercard contre ledit pays ? Partagez vos anecdotes

Voir aussi :

Les professionnels de l'IT de Russie partent du pays en raison de leur sevrage des services en ligne via lesquels ils gagnent leur vie, selon l'Association russe des communications électroniques
Les entreprises technologiques se joignent aux sanctions imposées à la Russie dans le cadre de la guerre en Ukraine, une situation qui pourrait paralyser l'industrie technologique russe
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Avatar de Bruno
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 05/05/2022 à 1:39
Face à l'exode des cerveaux, la Russie cherche des informaticiens doués en prison,
selon un rapport

Face à l'exode des cerveaux qui fuient le pays après l'invasion de l'Ukraine, la Fédération de Russie met en place une nouvelle stratégie pour remédier à la pénurie croissante d'experts qualifiés en technologies de l'information : il s'agirait de forcer les personnes douées pour la technologie au sein de la population carcérale du pays à effectuer des travaux informatiques à faible coût pour les entreprises nationales.

Le 27 avril, plusieurs médias russes ont publié des articles indiquant que le service pénitentiaire fédéral russe avait annoncé un plan visant à recruter des spécialistes en informatique dans les prisons russes afin qu'ils travaillent à distance pour des entreprises commerciales nationales.


Les Russes condamnés aux travaux forcés purgent leur peine dans l'un des nombreux centres pénitentiaires répartis dans des dizaines de régions russes, généralement dans le centre le plus proche de leur ville natale. Alexander Khabarov, directeur adjoint du service pénitentiaire russe, a déclaré que son agence avait reçu des propositions d'hommes d'affaires de différentes régions visant à faire travailler à distance des informaticiens condamnés dans des centres pénitentiaires pour des sociétés commerciales.

« Cette initiative nous est proposée dans un certain nombre de territoires, dans un certain nombre de domaines par des entrepreneurs qui travaillent dans ce secteur, a déclaré Khabarov à l'agence de presse russe TASS. Nous n'en sommes qu'au stade initial. Si la demande existe, et c'est très probablement le cas, nous pensons que nous ne forcerons pas les spécialistes de ce domaine à travailler dans d'autres industries. »

Après un état des lieux de leur filière suite aux sanctions de Visa et Mastercard, les spécialistes de l’IT de Russie ont signifié en début du mois de mars que ces sanctions les empêchent de partir du pays ou de subvenir à leurs besoins pour ceux qui y sont parvenus puisque dépendant de leurs avoirs sur cartes bancaires.

Selon un rapport de l'Association russe des communications électroniques, entre 50 000 et 70 000 professionnels russes de l'informatique ont quitté le pays à la mi-mars. Les concernés évoquent leur sevrage des services en ligne au travers desquels ils gagnent leur vie.

Selon le site médiatique russe Lenta.ru, depuis le 21 mars, près de 95 000 postes vacants dans le secteur des TI sont restés vacants en Russie. Lenta précise que le nombre de postes non pourvus a en fait diminué de 25 % par rapport au mois précédent, officiellement parce que « de nombreuses entreprises russes revoient actuellement leurs plans et leurs budgets, et certains projets ont été reportés. »

L'Association russe pour les communications électroniques (RAEC) a récemment estimé qu'entre 70 000 et 100 000 personnes quitteront la Russie dans le cadre de la deuxième vague d'émigration des informaticiens de Russie. « L'étude note également que le nombre d'informaticiens qui souhaitent quitter la Russie est en augmentation. Les experts considèrent les États-Unis, l'Allemagne, la Géorgie, Chypre et le Canada comme les pays les plus attrayants pour déménager », rapporte Lenta à propos de l'enquête du RAEC.

En début du mois derniers, un texte octroyant un sursis de l’armée aux informaticiens a été annoncé par le ministère du Développement numérique. Il était également prévu de proposer aux informaticiens des incitations financières pour rester en Russie. Ce ministère a exprimé son opposition ferme à toute mesure leur interdisant de quitter le territoire, indiquant que « de telles mesures peuvent entraîner une augmentation de l’exode des spécialistes et avoir un effet destructeur sur l’industrie dans son ensemble ».

« Nos spécialistes sont très appréciés sur le marché mondial de l’informatique. Nous devons leur offrir des conditions de travail décentes et compétitives, et ne pas entraver leur mobilité ou leur emploi dans des entreprises étrangères », avait ajouté le ministère. La crainte d’une mobilisation générale des hommes russes serait à l’origine de la ruée à l’étranger dans les jours ayant suivi le début de l’offensive en Ukraine. Parmi les Russes réfugiés à l’étranger, il y a de très nombreux informaticiens. Les autorités russes craignent de perdre ce vivier de compétences.

Khabarov a déclaré aux médias russes qu'en vertu de la proposition de recruter des spécialistes en informatique dans les prisons russes, les personnes possédant des compétences informatiques dans ces établissements ne travailleraient que dans des domaines liés aux technologies de l'information, mais ne seraient pas limitées aux entreprises de leur propre région. Selon le service pénitentiaire russe, le salaire moyen des personnes condamnées aux travaux forcés est d'environ 20 000 roubles par mois, soit environ 281 dollars américains.

On ne sait pas exactement combien de « spécialistes de l'informatique » purgent actuellement une peine de prison en Russie, ni ce que cela signifie précisément en termes de compétences et de connaissances informatiques d'un détenu. Selon la BBC, environ la moitié de la population carcérale mondiale est détenue aux États-Unis, en Russie ou en Chine. La BBC précise que la Russie abrite actuellement près de 875 000 détenus, soit environ 615 détenus pour 100 000 citoyens.

Les États-Unis ont un taux d'incarcération encore plus élevé (737/100 000), mais aussi une population carcérale totale bien plus importante de près de 2,2 millions de personnes. Sergei Boyarsky, vice-président du comité de la Douma russe chargé de la politique de l'information, a déclaré que l'idée valait la peine d'être poursuivie si un nombre important de spécialistes en informatique étaient déjà incarcérés en Russie.

« Je sais que nous avons un besoin général de spécialistes en informatique, c'est un marché en pleine croissance, a déclaré Boyarsky, qui fait partie des dirigeants russes sanctionnés par le Trésor américain en réponse à l'invasion russe de l'Ukraine. Boyarsky est à la tête de la branche de Saint-Pétersbourg de Russie Unie, un parti politique fortement pro-Poutine qui détient plus de 70 % des sièges à la Douma d'État russe.

« Puisqu'ils travaillent toujours là-bas, il serait probablement juste de donner aux personnes ayant une profession qui leur permet de travailler à distance de ne pas perdre leurs qualifications, aurait dit Boyarsky à propos des détenus potentiellement qualifiés. « Au minimum, cette proposition mérite attention et discussion s'il y a beaucoup de spécialistes de ce type. »

Source : RBC

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Le 01/04/2022 à 17:59
La Russie interdit l'achat de logiciels étrangers pour les infrastructures critiques
y compris certaines infrastructures de télécommunications

Le président russe Vladimir Poutine a signé mercredi une ordonnance stipulant qu'à partir du 31 mars 2022, les logiciels étrangers, tels que les applications autonomes ou les logiciels intégrés dans du matériel ou des équipements, ne pourront plus être achetés sans l'aval de Moscou. Cette mesure s'inscrit dans le cadre des efforts déployés par la Russie pour se sevrer des technologies étrangères, après que l'industrie technologique s'est jointe à l'effort de sanctions mondiales contre le pays et a suspendu les ventes ou restreint ses plateformes, produits et services en Russie.

Depuis ce jeudi 31 mars 2022, aucune entreprise russe intervenant dans les infrastructures critiques et de télécommunications nationales ne peut acheter des technologies étrangères sans avoir reçu une autorisation spéciale du Kremlin. En effet, à la suite du soulèvement sans précédent des entreprises étrangères, principalement européennes et américaines, contre son incursion militaire en Ukraine, la Russie a ordonné aux organismes publics qu'ils doivent totalement cesser d'utiliser des applications étrangères à partir du 1er janvier 2025. L'on a appris toutefois qu'il y a certaines exceptions et que les importations parallèles sont autorisées.

Les infrastructures critiques mentionnées par les agences de presses russes comprennent les systèmes d'information et les réseaux de télécommunication essentiels au fonctionnement des soins de santé, de l'industrie manufacturière, des communications, des transports, de l'énergie, du secteur financier et des installations municipales. Les nouvelles règles font partir d'une nouvelle ordonnance intitulée "Sur les mesures visant à garantir l'indépendance technologique et la sécurité des infrastructures d'information critiques de la Fédération de Russie". L'ordonnance a été signée par Poutine le mercredi 30 mars 2022 et est entrée en vigueur le jour suivant.



La directive demande en outre aux agences gouvernementales russes de clarifier dans un délai d'un mois leurs besoins en logiciels liés aux principales infrastructures critiques et d'adopter des règles pour approuver l'achat de logiciels étrangers nécessaires. Elle demande également au gouvernement russe de former un groupe chargé de développer, de produire et de maintenir des logiciels et du matériel de confiance pour les projets d'infrastructures critiques. Enfin, elle donne six mois aux différents ministères pour adopter des mesures qui réduiront la dépendance de la Russie à l'égard des technologies étrangères (essentiellement occidentales).

Ces mesures visent à promouvoir l'utilisation d'équipements radio et de télécommunications nationaux pour les sites d'infrastructures critiques et à mettre en place un régime de surveillance et de contrôle, tout en garantissant la disponibilité de personnel qualifié pour gérer les technologies de confiance prévues. Il faut rappeler que certains logiciels étrangers sont déjà devenus rares en Russie après que de nombreuses entreprises technologiques américaines et européennes ont suspendu leurs ventes pour protester contre la guerre de la Russie en Ukraine. La nouvelle directive du gouvernement devrait accélérer leur "éradication".

Avant cela, en 2019, la Russie avait déjà adopté une loi interdisant la vente d'appareils électroniques, y compris les smartphones, les téléviseurs intelligents et les PC, qui n'étaient pas préinstallés avec des logiciels de fabrication russe. À l'époque, la Russie avait présenté la loi comme facilitant l'utilisation par les Russes ordinaires des gadgets qu'ils achètent. Par ailleurs, la Russie va autoriser les "importations parallèles" (un marché noir), c'est-à-dire l'importation de produits sans l'autorisation du détenteur de la marque, en réponse aux marques internationales qui ont retiré leurs produits en signe de protestation à l'invasion de l'Ukraine.

Lors d'une réunion radiodiffusée mercredi, le Premier ministre Mikhail Mishustin a déclaré que l'objectif de l'adoption des produits du marché parallèle est de satisfaire la demande russe de marques qui ne peuvent être vendues dans le pays sans l'autorisation du détenteur des droits. Selon certaines sources, le service fédéral anti-monopole russe a déclaré que les règles qu'il a rédigées contribueront à promouvoir la concurrence et à faire baisser les prix en augmentant le nombre d'entreprises qui importent des marchandises. Cela intervient après que le pays a autorisé il y a peu le piratage de logiciels étrangers pour contourner les sanctions.

Les produits approuvés pour l'importation parallèle peuvent inclure des marques de créateurs, des médicaments, des films, des émissions de télévision et des jeux ; il n'est pas certain que les logiciels, déjà très piratés, soient concernés.

Source : L'ordonnance du Kremlin (PDF)

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Le 12/04/2022 à 9:50
La Russie développe une plateforme interopérable de superordinateurs
pour accélérer le remplacement des importations et se passer des fournisseurs étrangers

La Russie s'adapte à un monde où elle n'a plus accès à de nombreuses technologies étrangères en développant une nouvelle plateforme de supercalculateur qui peut utiliser des processeurs x86 étrangers tels que ceux d'Intel en combinaison avec les processeurs Elbrus du pays. Le nouveau système de référence du supercalculateur, baptisé "RSK Tornado", a été développé pour le compte du gouvernement russe par l'intégrateur de systèmes HPC RSC Group, selon la traduction anglaise d'un communiqué de presse en langue russe publié le 30 mars.

RSC a déclaré avoir créé RSK Tornado en tant que plateforme "interopérable unifiée" pour « accélérer le rythme de substitution important » des systèmes HPC, des centres de traitement des données et des systèmes de stockage des données en Russie. « La plateforme de superordinateur interopérable (ce terme désigne l'interopérabilité de différentes solutions) créée par le "champion national", le groupe RSC, permet l'utilisation simultanée dans un système de nœuds de calcul basés à la fois sur des processeurs d'architecture x86 étrangers et sur des processeurs Elbrus nationaux », a indiqué le communiqué de presse de RSC Group.


Le CSR utilise avec succès ces processeurs russes dans des systèmes de stockage de données (DSS) de sa propre conception. Egor Druzhinin, directeur technique du groupe RSC, en a parlé lors de la conférence Parallel Computing Technologies 2022 (PCT), qui s'est tenue du 29 au 31 mars à l'Institut commun de recherche nucléaire de Dubna.

L'architecture du système HPC est destinée à aider la Russie à s'adapter rapidement au fait que les principaux fabricants de puces, tels qu'Intel, AMD et TSMC, ainsi que plusieurs autres fournisseurs de technologies, comme Dell et Lenovo, ont suspendu leurs expéditions de produits vers le pays en raison des sanctions prises par les États-Unis et d'autres pays en réaction à l'invasion de l'Ukraine par la Russie. La récente invasion de l'Ukraine par la Russie a entraîné des retombées assez importantes, de nombreux pays choisissant de sanctionner économiquement la Russie pour qu'elle mette fin à son invasion et aux pertes de vies humaines qu'elle provoque

Des entreprises ont choisi de quitter la Russie, 300 d'entre elles ayant décidé d'emprunter cette voie. Il s'agit évidemment d'un nombre considérable d'entreprises technologiques qui ont fini par avoir un impact plutôt disproportionné sur le peuple russe, dont beaucoup ne soutiennent pas cette guerre et ont été arrêtés pour avoir tenté de protester contre elle.

De nombreux rapports indiquent qu'Intel et AMD ont suspendu leurs ventes de puces à la Russie. TSMC, qui fabrique des puces conçues par des entreprises russes, prévoirait également de participer aux sanctions. Ces actions s'inscriraient dans le cadre de nouvelles établies par l'OFAC et la BRI du département américain du Commerce sur la vente de technologies à la Russie. Les rapports notent toutefois que l'interdiction ne devrait pas s'appliquer à l'électronique grand public.

Le fabricant américain de puces Intel a annoncé qu'il avait suspendu toutes ses opérations commerciales en Russie, rejoignant ainsi les autres entreprises technologiques qui se sont retirées du pays. Comme dit précédemment, Intel avait déjà suspendu toutes ses livraisons à ses clients en Russie et au Belarus le mois dernier, après que le gouvernement américain eut émis des sanctions radicales empêchant l'exportation de technologies vers ces pays.

Avec cette annonce, Intel a mis fin à toutes ses opérations commerciales dans le pays, ce qui inclut 1 200 employés situés en Russie. « Intel continue de se joindre à la communauté mondiale pour condamner la guerre de la Russie contre l'Ukraine et appeler à un retour rapide à la paix », a annoncé Intel dans un communiqué de presse mardi soir. « Avec effet immédiat, nous avons suspendu toutes les opérations commerciales en Russie. Cela fait suite à notre décision antérieure de suspendre toutes les livraisons aux clients de Russie et de Biélorussie. » Intel indique qu'elle s'efforce de soutenir tous ses employés russes pendant la fermeture et qu'elle a mis en place des plans de continuité des activités pour minimiser les perturbations.

AMD, Intel et Taiwan Semiconductor Manufacturing Co (TSMC) ayant interrompu toutes leurs ventes et expéditions vers la Russie, le pays est confronté à une crise informatique qui pourrait entraîner des pannes de télécommunications et des perturbations commerciales. RSK Tornado prend en charge jusqu'à 104 serveurs dans un rack, l'idée étant de prendre en charge les processeurs x86 étrangers (s'ils sont disponibles) ainsi que les processeurs Elbrus de la Russie, qui ont fait leurs débuts en 2015.

La plateforme de serveurs interopérables RSK Tornado est conçue pour utiliser différents types d'architectures de microprocesseurs dans une armoire d'installation (jusqu'à 104 serveurs dans un rack), ce qui accélérera le rythme de substitution des importations dans le domaine des systèmes de calcul à haute performance, des solutions pour les centres de traitement des données (CPD) et des systèmes de stockage des données. La plateforme unifiée de supercalculateurs interopérables est conçue pour résoudre un large éventail de tâches, notamment le traitement des données volumineuses, le calcul à haute performance et l'utilisation des technologies d'intelligence artificielle.

Le cycle complet de développement et de création des systèmes informatiques basés sur elle est réalisé sur le territoire de la Russie. Les travaux sont réalisés dans le cadre d'un accord avec le ministère de l'Industrie et du Commerce de la Fédération de Russie afin de mettre en œuvre le sous-programme « Développement de la production de technologies informatiques », qui fait partie du programme d'État « Développement de l'industrie électronique et radioélectronique ».

« Au cours des dernières années, nous avons assisté à un développement important de diverses architectures qui sont développées spécifiquement pour résoudre des algorithmes spécifiques. Nous avons remarqué cette tendance il y a quelques années et avons essayé de développer une plateforme universelle qui pourrait intégrer efficacement de nouvelles approches et solutions. Ce développement nous a permis de réagir rapidement aux turbulences dans le paysage technologique », a déclaré Yegor Druzhinin.

Outre les nœuds de calcul, les processeurs domestiques Elbrus sont également utilisés dans les systèmes de stockage de données tolérants aux pannes fabriqués par RSK. L'utilisation du refroidissement liquide, un développement breveté de RSK, permet aux superordinateurs et aux systèmes de stockage de données russes d'occuper les premières places dans le monde en termes d'efficacité énergétique, de performance et de compacité.

Pour preuve, RSC a cité le fait que quatre systèmes de production de RSC sont les seuls représentants de la Russie dans le classement mondial IO 500 des systèmes de stockage les plus performants. Le logiciel de la plateforme interopérable est également développé en Russie. Le complexe « RSK BASIS » est utilisé avec succès pour contrôler les centres de supercalculateurs à usage collectif dans les institutions scientifiques et éducatives, ainsi que dans l'industrie.

« L'objectif de notre plateforme logicielle est d'unir des centres indépendants de calcul à haute performance et de cloud afin de fournir un seul "point d'accès à distance " à l'utilisateur final qui a besoin de calculer sur un superordinateur », a déclaré Pavel Lavrenko, directeur du développement commercial de RSC. Avec RSK Tornado, l'espoir semble être la capacité pour les développeurs russes de porter les applications HPC, AI et big data des architectures x86 vers l'architecture Elbrus, ce qui, en théorie, permettra à la Russie de s'appuyer plus facilement sur sa propre chaîne d'approvisionnement et de mieux faire face aux sanctions continues de l'étranger.

RSK Tornado est la propriété de RSC et est actuellement utilisé pour orchestrer les ressources des superordinateurs du Centre interdépartemental de superordinateurs de l'Académie des sciences de Russie, de l'Université polytechnique de Saint-Pétersbourg et de l'Institut conjoint de recherche nucléaire. Quant à savoir si les entités russes seront satisfaites des serveurs basés sur Elbrus, c'est une grande question, et il y aurait déjà quelques doutes quant à la capacité de ces processeurs à répondre aux besoins d'applications très exigeantes.

Source : RSC Group

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Le 22/04/2022 à 13:55
SAP a annoncé mardi qu'il se retirait de la Russie après 30 ans d'activités dans le pays,
laissant les clients sur site sans support logiciel

« Nos cœurs et nos espoirs sont avec le peuple ukrainien. Plus que tout, nous voulons que cette guerre prenne fin », a déclaré le géant Allemand du logiciel, faisant référence à l'invasion illégale de l'Ukraine par le président russe Vladimir Poutine, dans un communiqué en conserve annonçant sa sortie.

SAP a interrompu toutes ses ventes en Russie au début du mois de mars, conformément aux sanctions internationales. Le géant des logiciels d'entreprise SAP a déclaré qu'il suspendait toutes ses ventes dans le pays à la suite de l'invasion de l'Ukraine par Moscou. Les sanctions économiques contre la Russie sont un mécanisme important dans les efforts pour restaurer la paix. SAP est en échange constant avec les gouvernements du monde entier, « nous avons toute confiance en leurs conseils et nous soutenons pleinement les actions entreprises jusqu'à présent. Nous cessons toute activité en Russie alignée et en outre, nous interrompons toutes les ventes de services et de produits SAP en Russie ».


Avec des centaines de milliers de personnes qui fuient leurs maisons, il est crucial de trouver et de fournir rapidement un abri. Nous avons alloué une aide humanitaire initiale d'un million d'euros à la population ukrainienne et travaillons avec les organisations nationales de la Croix-Rouge, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) et d'autres organisations pour proposer notre technologie afin de soutenir leurs efforts. Cependant, l'entreprise a fait face à des critiques pour avoir continué à soutenir ses produits en Russie. Dans un tweet viral, le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy a reproché à SAP, ainsi qu'à Microsoft et Oracle, de soutenir la technologie en Russie.

Le 14 mars, Oracle a indiqué sur Twitter qu'il avait quitté la Russie, laissant les clients existants sans mises à jour logicielles ni assistance. Microsoft n'a pas fait de même. Le vice-premier ministre ukrainien, Mykhailo Fedorov, a fait monter la pression en publiant une série de tweets accusateurs à l'encontre de SAP.

Le 24 mars, l'entreprise a annoncé qu'elle mettait fin à ses services de cloud computing en Russie. Deux jours plus tard, Mykhailo a fait l'éloge de SAP et a déclaré que l'entreprise avait non seulement accepté de soutenir un blocus numérique de la Russie, mais qu'elle ouvrirait un jour un centre de R&D en Ukraine. Les logiciels SAP peuvent faire l'objet d'une licence pour une utilisation sur site, ou être obtenus sous forme de service d'abonnement basé sur le cloud, ce qui fait qu'il n'est pas simple de fermer entièrement son produit en Russie.

« Au-delà de la mise en œuvre des sanctions et de l'arrêt de toutes les ventes, nous arrêtons activement nos opérations de cloud computing en Russie. Nous avons reçu des questions sur la capacité de SAP à arrêter tous les produits existants pour les clients russes. Certains clients russes ont acheté et déployé leurs produits SAP sur site et les utilisent au sein de leur propre service informatique. Cela signifie qu'indépendamment de toute décision de SAP de ne pas fournir de support ou d'engagement de quelque nature que ce soit, ces clients sont toujours en mesure de continuer à utiliser ces produits indépendamment de SAP.

« Pour répondre aux besoins humanitaires et aux besoins des réfugiés sur le terrain, nous utilisons notre technologie pour aider les organisations multinationales dans une série d'efforts d'aide. Il s'agit notamment de garantir l'approvisionnement des groupes d'aide et des professionnels de la santé. Le 9 mars, nous avons permis aux fournisseurs de SAP Business Network de déclarer qu'ils étaient prêts à fournir une aide humanitaire ; quelque 1 500 d'entre eux l'ont déjà fait. Nous aidons également le gouvernement ukrainien à commander des fournitures pour les hôpitaux afin qu'ils puissent obtenir le plus rapidement et le plus facilement possible les équipements dont ils ont besoin en urgence.

« La technologie n'est qu'une des ressources que nous offrons. Le total des dons de SAP et de ses employés a dépassé les 3 millions d'euros et continue de croître. Plus de 4 000 employés ont proposé un logement et d'autres aides aux réfugiés. Nous mettons également à la disposition de SAP un espace de bureau pour stocker des dons tels que des médicaments et de la nourriture. »

« Il y a des clients en Russie qui ont acheté et déployé leurs produits SAP sur place et qui font fonctionner ces produits au sein de leurs propres services informatiques internes », a déclaré SAP fin mars. « Cela signifie qu'indépendamment de toute décision de SAP de ne pas fournir de support ou d'engagement de quelque nature que ce soit, ces clients sont toujours en mesure de continuer à utiliser ces produits indépendamment de SAP. » Luka Mucic, directeur financier de SAP, aurait déclaré : « Il n'y a pas de bouton rouge magique sur lequel SAP pourrait appuyer pour faire disparaître ces licences logicielles des ordinateurs ».

SAP donne trois options aux abonnés du cloud en Russie qui ne sont pas autrement soumis à des sanctions : faire supprimer leurs données, les restituer ou les faire migrer vers un centre de données hors de Russie. Ceux qui choisissent la migration seront contraints de trouver une solution alternative à terme, car SAP a déclaré qu'elle ne renouvellerait pas les abonnements. Pour les produits sur site, SAP a déclaré qu'elle évaluait les moyens de mettre fin au support et à la maintenance tout en honorant ses obligations envers les clients non sanctionnés.

Amazon, Apple, Airbus, Boeing, Disney, Google, Ford et Nike, ainsi que des entreprises de services financiers, de divertissement et de pétrole, entre autres, ont limité la disponibilité de leurs services et produits en Russie. Spotify a fermé son bureau en Russie pour une durée indéterminée.

Les géants des puces électroniques AMD, Intel, TSMC et GlobalFoundries ont suspendu leurs expéditions de composants vers la Russie. Dell, HP et Lenovo ont également cessé d'expédier des produits dans le pays. Cette décision intervient après que les États-Unis ont imposé de nouvelles sanctions à la Russie pour l'occupation de l'Ukraine.

Mykhailo Fedorov, vice-premier ministre ukrainien, a exhorté « toutes les sociétés de développement de jeux à bloquer temporairement tous les comptes russes et bélarussiens », a fait pression sur le monde de l'ESport pour qu'il exclue les équipes russes et bélarussiennes des événements internationaux, et a déclaré que Sony et Microsoft devraient retirer PlayStation et Xbox, respectivement, de Russie.

Selon l'agence de presse gouvernementale russe, TASS, le Premier ministre russe Mikhaïl Mishustin a déclaré mercredi que toutes les sociétés informatiques seraient exemptées du paiement de l'impôt sur le revenu et de l'inspection par les autorités de régulation pendant trois ans.

SAP est très présent dans la région, puisqu'il aurait fourni ses services à plus de la moitié des 100 premières entreprises russes en termes de chiffre d'affaires, avant la guerre et la pandémie de 2018. Toutefois, ses activités combinées en Russie, au Belarus et en Ukraine ne représentent que 1,5 % de son chiffre d'affaires total.

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Le 06/04/2022 à 16:31
Le fabricant américain de puces Intel a annoncé mardi soir qu'il avait suspendu toutes ses opérations commerciales en Russie, après avoir suspendu toutes les livraisons dans le pays le mois dernier

Le fabricant américain de puces Intel a annoncé mardi soir qu'il avait suspendu toutes ses opérations commerciales en Russie, rejoignant ainsi les autres entreprises technologiques qui se sont retirées du pays en raison de l'invasion de l'Ukraine.

Intel avait déjà suspendu toutes ses livraisons à ses clients en Russie et au Belarus le mois dernier, après que le gouvernement américain eut émis des sanctions radicales empêchant l'exportation de technologies vers ces pays.

Avec cette annonce, Intel met fin à toutes ses opérations commerciales dans le pays, ce qui inclut 1 200 employés situés en Russie.

"Intel continue de se joindre à la communauté mondiale pour condamner la guerre de la Russie contre l'Ukraine et appeler à un retour rapide à la paix", a annoncé Intel dans un communiqué de presse mardi soir.

"Avec effet immédiat, nous avons suspendu toutes les opérations commerciales en Russie. Cela fait suite à notre décision antérieure de suspendre toutes les livraisons aux clients de Russie et de Biélorussie."

Intel indique qu'elle s'efforce de soutenir tous ses employés russes pendant la fermeture et qu'elle a mis en place des plans de continuité des activités pour minimiser les perturbations.

AMD, Intel et Taiwan Semiconductor Manufacturing Co (TSMC) ayant interrompu toutes leurs ventes et expéditions vers la Russie, le pays est confronté à une crise informatique qui pourrait entraîner des pannes de télécommunications et des perturbations commerciales.


Le mois dernier, la commission russe RSPP pour les communications et les technologies de l'information a mis en garde contre d'éventuelles pannes de services Internet dues au manque d'équipements de télécommunications et de pièces de rechange disponibles.

Le gouvernement russe chercherait également des moyens de surmonter une crise du stockage des données dans le secteur public, car les entreprises de stockage de données, y compris les services en cloud, ne vendent plus en Russie.

Source : Intel

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Le 06/04/2022 à 17:47
Le système russe de blocage des sites ne fonctionne pas et pourrait même s'effondrer
problème, l'équipement utilisé n'est pas installé sur les réseaux de tous les opérateurs

Le Centre général des fréquences radio (CGFR), qui dépend de Roskomnadzor, a demandé aux opérateurs de vérifier le blocage des ressources Internet avant le 31 mars. Les systèmes russes de blocage de sites visant à restreindre l'accès aux contenus protégés par le droit d'auteur et à tout autre contenu jugé indésirable ne fonctionnent pas selon les normes exigées par le gouvernement.

L'autorité de régulation des télécommunications Roscomnadzor doit procéder lui-même au blocage à l'aide des moyens techniques de lutte contre les menaces (TCTU) qui sont installés sur les réseaux des opérateurs de télécommunications. Selon les experts, le problème est que l'équipement n'est pas installé sur les réseaux de tous les opérateurs et qu'il peut présenter des dysfonctionnements. À long terme, la situation pourrait être aggravée par une pénurie de composants.

Parallèlement aux terribles images partagées dans le monde entier, la Russie utilise ses systèmes de blocage de sites pour refuser l'accès aux sites web qui osent remettre en question le récit de l' « opération spéciale » de Poutine. L'autorité de régulation des télécommunications Roscomnadzor s'efforce plus que jamais de maintenir ses blocages contre tout, de Google News, Twitter, Facebook et Instagram aux milliers de sites pirates et autres ressources figurant sur les listes noires du pays. Mais, à l'instar de l'invasion elle-même, les choses ne se déroulent pas non plus comme prévu.


Kommersant a étudié la lettre du Centre de radiofréquences de l'entreprise unitaire de l'État fédéral aux opérateurs, datée du 22 mars. Dans ce document, l'agence demande de vérifier de toute urgence le blocage des ressources Internet. Selon la lettre, les opérateurs de télécommunications doivent le faire en coopération avec les représentants du département technique de Roskomnadzor jusqu'au 31 mars. La lettre ne précise pas à quelles ressources elle fait référence. Rostelecom a confirmé à Kommersant qu'elle avait reçu la lettre de GRCTS et qu'elle la vérifiait. MTS, VimpelCom, MegaFon, ER-Telecom et Tele2 ont refusé de faire des commentaires.

Depuis le début de l'opération militaire russe en Ukraine, le régulateur a bloqué les sites web de plus de 30 médias, ainsi que Twitter, Facebook et Instagram (la société mère de ces deux derniers, Meta, est reconnue comme extrémiste en Russie). Roskomnadzor a précédemment expliqué qu'un « ensemble exhaustif de mesures stipulées par la loi russe » est utilisé pour bloquer Facebook, Instagram et Twitter.

Des problèmes sont également signalés avec le système d'inspection approfondie des paquets, TSPU, que Roskomnadzor installe sur les réseaux des opérateurs en vertu de la loi sur le « runet souverain », entrée en vigueur le 1er novembre 2019 et intégré dans les réseaux d'environ 80 FAI locaux et récemment utilisé pour restreindre le trafic Tor, VPN et Twitter.

Les TCBM sont des équipements de filtrage du trafic de type Deep Packet Inspection (DPI). En avril 2021, Roskomnadzor a déclaré que TSPU était installé sur les réseaux de plus de 80 entreprises, dont tous les opérateurs de téléphonie mobile, ainsi que les principaux opérateurs de téléphonie fixe. Selon le PDG de Telecom Daily, Denis Kuskov, il existe plusieurs milliers d'opérateurs dans l'ensemble de la Russie, mais 65 % du marché est détenu par les cinq plus grands.=

Selon la source chez l'un des opérateurs, Roskomnadzor vérifie l'efficacité avec laquelle TSPU bloque Facebook, Instagram et Twitter : « Il semble que l'inspection ait été lancée après des plaintes des autorités supérieures concernant la mauvaise qualité du blocage ». Il a ajouté que le blocage ne se fait pas seulement par le biais du TSPU mais aussi avec les opérateurs. Toutefois, l'un des opérateurs affirme que Roskomnadzor effectue lui-même tous les blocages.

Selon l'informaticien indépendant Philip Kulin, tous les opérateurs russes n'ont pas installé TSPU : « En outre, l'équipement peut ne pas être installé sur tous les réseaux et ne pas toujours fonctionner correctement. » Oleg Blinov, maître de conférences à l'école numérique de Moscou, note que personne ne sait exactement comment fonctionne le TSPU.

Comme il n'existe pratiquement aucune information publique détaillée sur le fonctionnement du système TSPU, il est presque impossible de dire quels sont les problèmes ou ce qui les a causés. Cela étant dit, les rapports suggèrent que TPSU ne fonctionne pas sur tous les FAI et que sur d'autres, il n'est pas configuré correctement. Toutefois, si les problèmes d'aujourd'hui préoccupent le Kremlin, ils risquent de s'aggraver dans quelques mois.

La Russie est confrontée à une grave crise du stockage informatique après le retrait des fournisseurs occidentaux de services cloud, ce qui ne laisse à la Russie que deux mois avant d'être à court de stockage de données. Le gouvernement russe se prépare à cette pénurie de capacités informatiques, qui pourrait entraîner dans les prochains mois des problèmes de fonctionnement des systèmes d'information de l'État.

Selon les médias russes, les autorités sont prêtes, si nécessaire, à racheter la capacité des centres de données commerciaux et à reprendre les ressources informatiques des entreprises qui ont annoncé leur retrait de la Fédération de Russie. Pour l'instant, le ministère du numérique a indiqué « qu'il analyse la situation ». Les exploitants de centres de données soulignent qu'ils ont eux-mêmes besoin d'aide : les prix des systèmes de stockage et des serveurs ont explosé, les banques n'accordent pas de prêts et la chaîne logistique est perturbée.

Si le gouvernement décide de pressurer le secteur privé, les experts estiment que les services de divertissement seront les premiers à en souffrir. « L'offre d'équipements de centres de données en proie aux sanctions pourrait obliger le gouvernement à "réutiliser" les ressources privées ».

Alors que les sanctions commencent à faire sentir leurs effets, la Russie subit une pression croissante. Il s'agit notamment d'un manque d'équipements de télécommunications dû à une pénurie de composants, ce qui affectera directement non seulement l'efficacité des systèmes de blocage russes, mais aussi l'ensemble du secteur des télécommunications.

Selon un rapport de Kommersant citant une étude de la commission russe RSPP pour les communications et les technologies de l'information, les conditions économiques désastreuses ont conduit à une évaluation selon laquelle les FAI et autres sociétés de télécommunications ne disposent que de réserves de matériel suffisantes pour assurer le fonctionnement des infrastructures pendant quatre à six mois.

Si l'on ajoute à cela une augmentation de 40 % des prix d'achat des équipements et les prévisions selon lesquelles jusqu'à 30 % des experts techniques pourraient quitter le pays dans les prochains mois, il n'est pas difficile d'imaginer la crise qui s'annonce. En effet, Entre 50 000 et 70 000 professionnels russes de l'informatique ont quitté le pays ces dernières semaines et d'autres prévoient de suivre. C’est ce qui ressort d’un récent rapport de l'Association russe des communications électroniques. Les concernés évoquent leur sevrage des services en ligne au travers desquels ils gagnent leur vie. Le tableau fait suite à des plaintes desdits professionnels de leur impossibilité de sortir du pays en raison des sanctions à leur encontre au travers des réseaux Visa et Mastercard : « Ici Alex au nom de la communauté informatique russe (plus de 40 000 personnes). Veuillez lire notre message.

L'arrêt des transactions Visa et Mastercard à l'étranger va bloquer des milliers de spécialistes en informatique au sein du régime. Ces personnes tentent actuellement de fuir le pays. Pour les autorités russes, cependant, le désir de bloquer semble plus grand que jamais, comme en témoigne l'instruction donnée cette semaine de bloquer une section de Wikipédia.

« Nous vous informons par la présente que, suite à une demande du Procureur Général de la Fédération de Russie ou son adjoint pour prendre des mesures visant à restreindre l'accès à la ressource d'information "ru.wikipedia.org" contient des informations diffusées en violation de la loi avec des Faux rapports sur des actes de terrorisme ou autres information trompeuse d'intérêt public diffusés sous le couvert de rapports crédibles qui met en danger la vie et/ou la santé de la santé et la propriété des citoyens, la menace d'une perturbation massive l'ordre public et/ou la sécurité publique ou une menace d'interférer avec ou la perturbation du fonctionnement des fonctions vitales », a déclaré Roskomnadzor.

L'ordre, daté du 28 mars exige le blocage des informations liées à « l'invasion russe de l'Ukraine », ce qui semble décrire précisément cette situation. Cependant, selon le Kremlin, cette page contient de « faux rapports » d'actes de terrorisme et de fausses informations « distribuées sous l'apparence de messages fiables. » La page représente une « menace ou une atteinte à la vie » et pourrait conduire à une « violation massive de l'ordre public », ajoute l'avis.

Voici, ci-dessous, la procédure de restriction de l'accès à l'information appliquée par le régulateur russe :

  • Roskomnadzor, sur la base de la demande du Procureur général de la Fédération de Russie ou de son adjoint, Rosnadzor envoie immédiatement aux opérateurs de services de communication fournissant un accès à Internet ( opérateur de télécommunications) ;
  • une demande visant à prendre des mesures pour restreindre l'accès aux ressources d'informations sur laquelle sont affichées des informations diffusées en violation de la loi ;
  • l'opérateur de télécommunications est tenu de restreindre l'accès à la ressource d'information sur laquelle se trouve l'information diffusée en violation de la loi.

Voici, ci-dessous, la procédure à suivre pour répondre à cet avis par les opérateurs de services de communication :

  • le fournisseur d'hébergement ou la personne qui héberge la ressource d'information susmentionnée sur Internet doit : immédiatement après la réception de cet avis informer le propriétaire de la ressource d'information de la nécessité de retirer immédiatement les informations diffusées en violation de la loi ;
  • à l'expiration d'un délai de 24 heures à compter de la réception du présent avis, de restreindre l'accès à ladite ressource d'information en cas de refus ou d'inaction de l'utilisateur ;
  • Le propriétaire d'une ressource d'information est tenu, dans les 24 heures suivant la réception d'une notification de l'hébergeur ou de toute autre personne mentionnée ci-dessus, de retirer les informations diffusées en violation de la loi.

Les citoyens russes peuvent déposer un recours pour obtenir le déblocage d'une ressource, mais il semble peu probable qu'une grande attention soit accordée à ces recours dans le contexte actuel. Si le système de blocage de la Russie s'effondre, les détenteurs de droits d'auteur seront sans doute déçus.

Source : Kommersant

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Avatar de athlon64
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 08/04/2022 à 15:20
Quel pays sérieux voudra encore s'exposer technologiquement aux produits et entreprises occidentaux ?

A part l'UE bien sûr, toutes les autres puissances voudront avoir leurs propres solutions, sur tout dans les activités critiques et sensibles.
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Avatar de Bill Fassinou
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 01/04/2022 à 15:42
Le géant russe de l'Internet, Yandex, risque d'être à court de technologies vitales d'ici un an
en raison des sanctions contre le pays

Yandex, la société technologique russe omniprésente, qui a créé des produits allant du principal moteur de recherche du pays au plus grand service de covoiturage, serait de plus en plus touchée par les sanctions occidentales. Cette semaine, il est apparu que l'entreprise serait confrontée à une pénurie imminente de matériel, et qu'elle pourrait manquer de technologies vitales d'ici un an. Plusieurs cadres auraient déjà quitté la direction et le conseil d'administration de l'entreprise et divers problèmes auraient également commencé à se manifester sur ses marchés extérieurs.

De nombreuses entreprises technologiques américaines et européennes ont quitté la Russie en guise de protestation depuis que Moscou a décidé d'envahir l'Ukraine le 24 février. Sur le plan national, cependant, Yandex et des dizaines d'autres entreprises technologiques russes sont dans la tourmente depuis le début du conflit. En particulier, le géant de la recherche en ligne Yandex doit désormais faire face à la censure de plus en plus sévère du Kremlin sur Internet et à une réaction négative sur ses principaux marchés étrangers. Interrogé sur les supposées difficultés de Yandex, un porte-parole de la société n'a pas voulu commenter le sujet.

Selon deux personnes connaissant la situation, Yandex pourrait manquer de semiconducteurs nécessaires aux serveurs qu'elle utilise pour alimenter ses activités d'ici un an à 18 mois en raison des restrictions à l'importation. Les sanctions à double usage sur les technologies, qui ont des utilisations à la fois militaires et commerciales, auraient particulièrement touché la division de véhicules autonomes de Yandex. Les partenariats internationaux de la société s'effriteraient, deux membres du conseil d'administration auraient démissionné et son numéro deux, Tigran Khudaverdyan, a été contraint de se retirer après avoir été sanctionné par l'Union européenne.



La valeur boursière de la société s'est effondrée, passant d'un record de 31 milliards de dollars en novembre à 6,8 milliards de dollars après le début de l'invasion. L'UE a déclaré avoir ciblé Khudaverdyan, car ce dernier a assisté à une réunion au Kremlin le jour de l'invasion et en raison des actions de l'agrégateur d'informations Yandex. L'entreprise a été critiquée pour avoir supprimé les informations indépendantes en raison de la législation russe qui interdit de qualifier l'invasion de l'Ukraine d'autre chose que d'"opération militaire spéciale" sous peine d'amendes et de peines d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à 15 ans.

Pour plusieurs critiques, le coût de l'ignorance des ordres du Kremlin est élevé. La Russie a interdit les services Facebook et Instagram de Meta et qualifié leur activité d'"extrémiste" après qu'ils ont refusé de retirer du contenu. Google, filiale d'Alphabet, a déplacé son personnel hors de Russie en prévision d'une éventuelle fermeture dans le pays. Pour en revenir à la pénurie imminente de technologies vitales qui guette la société, les analystes estiment que le manque potentiel de serveurs pourrait tout affecter, de l'activité cloud et du moteur de recherche de Yandex au service de streaming Yandex Music et à la boutique en ligne Yandex Market.

Cette année, ces entreprises pourraient être en mesure de consolider leurs positions parmi les leaders nationaux de leurs segments au cours de l'effondrement à venir qui pourrait amputer le PIB de la Russie d'environ 9 % cette année. Cependant, selon les sources, la situation serait difficile pour Yandex à un point où la société chercherait à se réincorporer sous la forme d'un partenariat afin de réduire l'exposition de ses employés aux sanctions, bien que les détails de la nouvelle structure n'aient pas encore été entièrement élaborés.

Yandex serait également en pourparlers avec la société d'État VK (VKontakte), qui gère le plus grand réseau social de Russie, afin de vendre sa division d'information et la plateforme de médias sociaux Zen de la société. Une autre option serait de se séparer de la division de conduite autonome, Yandex Self-Driving Group. Ses véhicules autonomes auraient parcouru plus de 10 millions de kilomètres. Sa flotte de taxis a pris pied aux États-Unis et ses robots livrent de la nourriture sur une poignée de campus universitaires américains. Toutefois, l'entreprise aurait mis fin à ses activités aux États-Unis, notamment à son partenariat avec Grubhub, en mars.

D'après les sources, la Russie pourrait se tourner vers la Chine, grand producteur de semiconducteurs, pour obtenir des puces et d'autres matériels technologiques dans le cadre des efforts déployés pour atténuer l'impact des sanctions. Mais à ce jour, la Chine n'a guère montré sa volonté de contourner les sanctions internationales, alors même qu'elle critique ces mesures comme étant préjudiciables aux relations commerciales avec son principal partenaire diplomatique. Au début du mois, la secrétaire d'État américaine au Commerce, Gina Raimondo, s'est engagée à appliquer vigoureusement les contrôles à l'exportation sur la Russie.

Elle a déclaré que les États-Unis seraient sur leurs gardes face aux entreprises chinoises de semiconducteurs qui pourraient tenter de contourner les sanctions, bien qu'elle ait affirmé que rien ne prouve pour l'instant qu'elles cherchent à le faire. Dans un contexte de rejet généralisé des sociétés russes par les investisseurs à la suite de l'invasion, les actions de Yandex aux États-Unis sont gelées depuis début mars. Mardi, le service de presse Interfax a rapporté que le ministère russe de l'Économie travaille sur un moyen (un projet de loi) de radier de la cote les certificats de dépôt des sociétés négociées à l'étranger.

Par ailleurs, la société a engagé des conseillers pour l'aider à mener les négociations avec les détenteurs d'obligations après la suspension de ses actions américaines, ce qui permet aux investisseurs de demander le remboursement intégral. Elle aurait déjà déclaré qu'elle n'avait pas l'argent nécessaire pour rembourser l'obligation de 1,25 milliard de dollars, qui est censée être échangeable contre des actions ordinaires.

Enfin, la fuite des cerveaux est un autre facteur susceptible de compliquer la situation, les travailleurs russes du secteur des technologies cherchant de plus en plus à s'expatrier pour échapper à l'isolement économique croissant du pays. L'Association russe des communications électroniques estime qu'entre 70 000 et 100 000 spécialistes IT pourraient émigrer en avril. Le groupe a déclaré que ce chiffre s'ajoute à une première vague de 50 000 à 70 000 programmeurs qui ont déjà quitté le pays.

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