Vous êtes nouveau sur Developpez.com ? Créez votre compte ou connectez-vous afin de pouvoir participer !

Vous devez avoir un compte Developpez.com et être connecté pour pouvoir participer aux discussions.

Vous n'avez pas encore de compte Developpez.com ? Créez-en un en quelques instants, c'est entièrement gratuit !

Si vous disposez déjà d'un compte et qu'il est bien activé, connectez-vous à l'aide du formulaire ci-dessous.

Identifiez-vous
Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ?
Créer un compte

L'inscription est gratuite et ne vous prendra que quelques instants !

Je m'inscris !

Apple menace de révoquer l'accès aux outils de développement iOS et macOS d'Epic
En représailles pour avoir introduit une nouvelle option de paiement dans Fortnite

Le , par Stéphane le calme

145PARTAGES

10  0 
Epic affirme qu'Apple a menacé de couper son accès à tous les outils de développement iOS et Mac en représailles pour avoir introduit une nouvelle option de paiement dans Fortnite la semaine dernière, un enchaînement d’évènements qui a conduit à la suppression de l'application de l'App Store et d’une plainte déposée par Epic contre Apple pour abus de position dominante dans laquelle l’éditeur affirme qu'elle impose des restrictions illégales à la distribution d'applications iOS.

Apple mettra fin à l'inclusion d'Epic dans le programme pour développeurs Apple, un abonnement nécessaire pour distribuer des applications sur des appareils iOS ou utiliser des outils de développement Apple, si l'entreprise ne « remédie pas à vos violations » de l'accord dans un délai de deux semaines, selon une lettre d'Apple cela a été partagé par Epic. Epic ne pourra pas non plus notarier des applications Mac, un processus qui pourrait rendre l'installation du logiciel Epic plus difficile ou le bloquer complètement. Apple exige que toutes les applications soient notariées avant de pouvoir être exécutées sur des versions plus récentes de macOS, même si elles sont distribuées en dehors de l'App Store.

Epic a déposé une demande d'injonction préliminaire contre Apple, demandant au tribunal d'empêcher l'entreprise de bloquer son application. Epic dit qu'il sera « irrémédiablement lésé bien avant le jugement final» s'il n'obtient pas l'injonction. « Les actions d'Apple porteront irrémédiablement atteinte à la réputation d'Epic parmi les utilisateurs de Fortnite et seront catastrophiques pour l'avenir de l'activité distincte Unreal Engine », indique Epic. Epic demande également que Fortnite, avec ses prix réduits et son option de paiement alternative, soit remise sur l'App Store.


La demande d'injonction d’Epic

Voici la demande d’Epic publiée le 17 août 2020 :

Il y a un peu plus de deux semaines, le PDG d'Apple, Tim Cook, a été interrogé lors d'une audience du Congrès pour savoir si Apple avait « déjà exercé des représailles contre ou désavantagé un développeur qui avait rendu publiques ses frustrations avec l'App Store ». Monsieur Cook a déclaré : « Nous ne ripostons pas et n'intimidons pas les gens. C'est fortement contraire à la culture de notre entreprise. » Mais c'est exactement ce qu'Apple a fait. Quand Epic a donné aux utilisateurs de son application Fortnite le choix de la façon dont ils pouvaient faire des achats, Apple a riposté en supprimant Fortnite de son App Store. Puis, quand Epic a poursuivi Apple pour s’attaquer à son monopole sur les magasins d'applications et les paiements intégrés, Apple a riposté avec férocité. Il a déclaré à Epic que d'ici le 28 août, Apple couperait l'accès d'Epic à tous les outils de développement nécessaires pour créer des logiciels pour les plateformes d'Apple, y compris pour les offres Unreal Engine Epic aux développeurs tiers, pourtant Apple n'a jamais prétendu que ce dernier a enfreint une de ses politiques. Non content de supprimer Fortnite de l'App Store, Apple attaque toute l'activité d'Epic dans des domaines indépendants. Epic est susceptible de réussir sur le fond de ses revendications, mais sans injonction, Epic sera irrémédiablement lésé bien avant le jugement final.

Les marchés technologiques évoluent rapidement. Si elles ne sont pas contrôlées, les actions d'Apple porteront irrémédiablement préjudice à la réputation d'Epic parmi les utilisateurs de Fortnite et seront catastrophiques pour l'avenir de l'entreprise distincte d’Unreal Engine. Si Unreal Engine ne peut plus prendre en charge les plateformes Apple, les développeurs de logiciels qui l'utilisent seront obligés d'utiliser des alternatives. Les dommages causés aux activités courantes d’Epic, à sa réputation et à sa confiance avec ses clients seront non quantifiables et irréparables. Une injonction préliminaire est nécessaire pour empêcher Apple d'écraser Epic avant que cette affaire ne puisse être jugée.

Apple a utilisé pendant des années son monopole complet sur la distribution d'applications au milliard d'utilisateurs d'iOS, le système d'exploitation Apple («OS») fonctionnant sur tous les iPhone et iPad, pour contraindre les développeurs d'applications à utiliser la plateforme de paiement d'Apple, In-App Purchase («IAP») pour tous les achats inapp de contenu numérique utilisé dans leurs applications. En liant IAP à la distribution d'applications, Apple élimine toute concurrence sur le marché du traitement des paiements via l'application, ce qui lui permet d'imposer une « taxe d'application » exorbitante de 30 % sur tous les achats intégrés de contenu intégré aux applications. Le 13 août 2020, Epic a offert aux joueurs Fortnite sur les appareils Apple des options de paiement compétitives et des prix plus bas; les utilisateurs pourraient faire ce choix simple:


Depuis le lancement de l'option de paiement direct d'Epic jusqu'à hier, le 16 août 2020, plus de la moitié des joueurs iOS Fortnite qui ont effectué un achat intégré ont choisi d'utiliser le paiement direct d'Epic via IAP.

Les représailles d'Apple ont été rapides et décisives. Le matin où Epic a rendu ces options disponibles, Apple a retiré Fortnite de l'App Store, s’assurant que des millions de joueurs perdraient immédiatement la possibilité d'utiliser Fortnite pour se connecter avec leur famille et leurs amis. Peu de temps après, Epic a intenté une action contre Apple pour contester son monopole sur les magasins d'applications et les achats intégrés. Moins de douze heures plus tard, Apple a informé Epic qu'il allait mettre fin au compte Epic du programme Apple Developer Program, bloquant ainsi la distribution de tous les produits Epic via l'App Store d'Apple. Apple a spécifiquement déclaré qu'il mettrait fin à l'accès d'Epic aux outils de développement, y compris ceux nécessaires pour qu'Epic continue d'offrir le moteur graphique le plus populaire au monde, Unreal Engine. Unreal Engine est utilisé pour développer une large gamme de produits, y compris des jeux, des films, la recherche biomédicale et la réalité virtuelle. Des millions de développeurs comptent sur Unreal Engine pour développer des logiciels, et des centaines de millions de consommateurs utilisent ce logiciel.

Les attentes de l’éditeur de Fortnite

Epic demande maintenant une injonction préliminaire pour empêcher Apple de supprimer, de refuser de répertorier ou de rendre indisponible l'application Fortnite, y compris toute mise à jour Fortnite, sur l'App Store car elle donne le choix aux utilisateurs Fortnite de se tourner vers le prix le plus bas sur les achats intégrés. Epic demande en outre une ordonnance interdisant à Apple de prendre des mesures contre les autres jeux d'Epic et contre l'Unreal Engine en représailles aux mesures d'Epic visant à offrir aux utilisateurs de Fortnite un choix et des prix plus bas sur les achats intégrés. Epic satisfait à tous les éléments d'une injonction préliminaire.

L’éditeur fait valoir que premièrement, les actions d'Apple nuisent à des millions de consommateurs innocents dans le monde, ce qui rompra leur confiance en Epic. Étant donné qu'Apple a désormais supprimé Fortnite de l'App Store, les utilisateurs iOS ne peuvent pas recevoir de mises à jour et seront bientôt bloqués étant donné qu’ils disposeront d’une version obsolète du jeu. Les utilisateurs d'iOS perdront également l'accès au nouveau contenu publié régulièrement par Epic, comme la nouvelle saison très attendue du jeu qui devrait être lancée à la fin de ce mois.


En outre, les représailles d'Apple représentent une menace existentielle pour Unreal Engine d'Epic. Les fournisseurs de systèmes d'exploitation comme Apple mettent régulièrement certains logiciels et outils de développement à la disposition des développeurs de logiciels, gratuitement ou moyennant des frais minimes, pour permettre le développement de logiciels qui fonctionneront sur le système d'exploitation. Apple a l'intention de refuser à Epic l'accès à ce matériel largement disponible. Sans cet accès, Epic ne peut pas développer de futures versions de Unreal Engine pour une utilisation sur iOS ou macOS. Les développeurs qui ont l'intention de vendre leurs applications pour une utilisation sur des appareils iOS ou macOS devront renoncer à Unreal Engine au profit d'autres moteurs. Les effets se répercuteront bien au-delà des jeux vidéo; cela affectera les développeurs qui utilisent Unreal Engine sur les produits Apple dans de nombreux domaines.

Deuxièmement, Epic prévaudra probablement sur le bien-fondé de ses allégations antitrust. L’éditeur estime que la conduite d’Apple constitue en soi une vente liée illégale en vertu de l’article 1 de la loi Sherman. Apple détient un monopole complet sur le marché de la distribution d'applications iOS via son App Store dominant, qui distribue pratiquement toutes les applications téléchargées sur iPhone et iPad. Apple conditionne l'accès à l'App Store sur la promesse d'un développeur d'utiliser IAP exclusivement pour tous les achats intégrés de contenu intégré à l'application (et de payer une commission de 30 % sur ces transactions), ce qui contraint les développeurs (qui ont besoin d'accéder à l'App Store pour leurs applications pour atteindre les consommateurs sur les appareils iOS) d'accepter IAP et la commission plus élevée concomitante d'Apple, détruisant la concurrence sur le marché du traitement des paiements dans l'application iOS selon Epic.

La riposte d'Apple : « Nous ne ferons pas d'exception »

Apple a refusé de commenter la motion. Un porte-parole de la société a souligné une déclaration publiée par Apple la semaine dernière, affirmant qu'Epic « avait pris la malheureuse décision de violer les directives de l'App Store » et qu'elle « ferait tout son possible pour travailler avec Epic pour résoudre ces violations ».

« L'App Store est conçu pour être un lieu sûr et de confiance pour les utilisateurs et une excellente opportunité commerciale pour tous les développeurs. Epic a été l'un des développeurs les plus prospères de l'App Store, devenant une entreprise de plusieurs milliards de dollars qui atteint des millions de clients iOS à travers le monde. Nous souhaitons vivement que l'entreprise fasse partie du programme Apple Developer Program et de ses applications sur le Store. Le problème qu'Epic s'est créé est un problème qui peut facilement être résolu s'ils soumettent une mise à jour de leur application qui la rétablit pour se conformer aux directives qu'ils ont acceptées et qui s'appliquent à tous les développeurs. Nous ne ferons pas d'exception pour Epic car nous ne pensons pas qu'il soit juste de faire passer leurs intérêts commerciaux avant les consignes qui protègent nos clients ».

Apple semble être venu à Epic avec toutes les violations possibles de l'accord qu'il pourrait trouver. La société cite non seulement la fonctionnalité de « paiement direct Epic » (qui est à l’origine de tout ce conflit) mais aussi un manque de descriptivité dans les notes de mise à jour de l'application de Fortnite, affirmant qu'elle utilisait trop une « déclaration générique ». Apple a envoyé sa lettre d'avertissement le 14 août, donnant à Epic jusqu'au 28 août pour effectuer les changements.

Source : plainte d'Epic

Que pensez-vous de la décision d'Epic Game de contourner les frais de commissions lors de paiements in-app ?
Êtes-vous du côté d'Epic Game ou d'Apple qui déclare que l'éditeur de jeux a violé les directives de l'App Store ? Pourquoi ?

Voir aussi

Face au Congrès américain, Jeff Bezos déclare qu'il ne peut pas garantir que les employés d'Amazon n'ont pas accès aux données des vendeurs tiers pour favoriser les produits de son entreprise
Fortnite aurait fait exploser les bénéfices d'Epic Game en 2018 jusqu'à 3 milliards de dollars grâce notamment à la vente de contenus additionnels
Après un bras de fer qui aura duré près de deux ans, Epic abandonne le combat et publie Fortnite sur PlayStore, regrettant que Google rende extrêmement mince la possibilité d'éviter le Play Store
Google assure que Fortnite ne bénéficiera d'aucun traitement de faveur sur le Play Store s'il veut revenir et que sa taxe de 30 % est valable pour tous, Epic dénonce un abus de position dominante

Une erreur dans cette actualité ? Signalez-le nous !

Avatar de Patrick Ruiz
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 25/10/2020 à 16:30
Des centaines de développeurs d’applications veulent rejoindre la Coalition for App Fairness
Un groupe pour la défense de la liberté de choix et la concurrence loyale sur l’App Store

La Coalition for App Fairness est un groupe pour la défense de la liberté de choix et la concurrence loyale sur l’App Store. Lancé le mois dernier, la coalition initiale de 13 membres parmi lesquels on compte le géant des jeux vidéo Epic Games, la société de rencontres Match Group et le service de streaming musical Spotify est passé à 40 adhérents. À date, il enregistre plus de 400 demandes d’adhésion.

La montée en flèche des membres de la coalition représente un changement de mentalité remarquable, les entreprises et les développeurs individuels prenant le risque de s'exprimer pour tenter de changer la façon dont Apple fonctionne. De nombreux développeurs et petites entreprises dépendent d'Apple pour leur subsistance et n'ont pas les ressources nécessaires pour faire face si Apple supprime leur application ou leur interdit de la mettre à jour. Certains des pairs d'Apple ont également pris position en faveur d'une modification de l'App Store. Au début de ce mois, Microsoft a exprimé son soutien à la coalition en annonçant des lignes directrices pour son Microsoft Store, basées sur les recommandations de la coalition. Et Facebook a publiquement critiqué Apple pour les changements qui rendront plus difficile la publicité des entreprises dans les applications iPhone et iPad. Ces critiques surviennent alors que les grandes entreprises technologiques sont de plus en plus dans le viseur de procédures antitrust.

La coalition d'entreprises, dont beaucoup sont de petits développeurs de logiciels, vise à obtenir d'Apple un assouplissement des règles relatives aux logiciels sur iOS. Par exemple, l'App Store est la seule méthode permettant aux clients d'installer des logiciels sur les iPads, les iPhones et les montres Apple. Et les développeurs de logiciels ne peuvent accepter les paiements de biens numériques sur iOS que d'une seule manière : Le service de paiement d'Apple, qui prélève une commission sur toutes les transactions. Les membres de la coalition veulent d'autres options. La Coalition for App Fairness vise à inciter les législateurs à prendre des mesures contre Apple, soit par le biais d'une nouvelle législation, soit par des actions en justice.


Le détail des griefs contre Apple

« Apple utilise son contrôle du système d'exploitation iOS pour s'attribuer des faveurs en contrôlant les produits et les fonctionnalités qui sont à la disposition des consommateurs. Apple exige des fabricants d'équipements qu'ils limitent les options, oblige les développeurs à vendre par l'intermédiaire de son App Store et va même jusqu'à voler les idées des concurrents », indique la coalition à propos du positionnement de monopole d’Apple.

« Pour la plupart des achats effectués dans son App Store, Apple prélève 30 % du prix d'achat. Aucun autre frais de transaction - quel que soit le secteur d'activité - ne s'en approche.

Cette taxe sur les applications réduit considérablement le pouvoir d'achat des consommateurs et étouffe les revenus des développeurs. C'est particulièrement injuste lorsque cette taxe est imposée à des applications qui sont en concurrence directe avec des applications similaires vendues par Apple. Cela place les entreprises dans une position concurrentielle nettement désavantageuse et fait donc augmenter les prix pour les consommateurs.

Les développeurs constatent qu'une taxe de 15 à 30 % sur l'App Store d'Apple représente une part énorme de leurs revenus et ne peuvent souvent s'y opposer. Ils font valoir que lorsqu'ils sont en concurrence avec l'une des applications d'Applela situation devient encore plus difficile.

Apple a introduit pour la première fois la redevance de 30 % sur les applications en 2011, ce qui a obligé de nombreuses applications à cesser complètement leurs activités. Treehouse, une plateforme de formation en ligne, a développé une application basée sur la lecture, iFlow Reader, qui a été l'une des nombreuses victimes de la nouvelle taxe imposée. "Apple vient de larguer une bombe nucléaire sur nous tous", a déclaré publiquement Treehouse, précisant que les "nouvelles règles draconiennes" avaient rendu "impossible pour quiconque, sauf Apple, de vendre des livres à profit sur iOS".

Le cofondateur d'Apple, Steve Jobs, dans un courriel interne, a montré peu de sympathie pour le petit développeur. Il l'a dit à d'autres dirigeants d'Apple : "Nous n'avions pas de politique et maintenant nous en avons une et il y aura des morts sur la route à cause de cela. Je ne me sens pas coupable".

Les développeurs et les créateurs veulent qu'Apple ouvre sa plateforme App Store afin que toute entreprise puisse construire des logiciels à ses propres conditions et les diffuser librement. Les utilisateurs devraient également avoir la possibilité d'installer des logiciels, gratuitement, de n'importe où, afin que les règles du jeu soient les mêmes pour tous et qu'il y ait une véritable concurrence dans le domaine du développement et de la distribution de logiciels.

Un marché équitable et équilibré signifierait que chaque fournisseur de logiciel et chaque fournisseur de composants peuvent se faire concurrence sur iOS sans être contraints par des conditions et des limitations qui ont été élaborées par la société qui vient de programmer le système d'exploitation de l'appareil d'un utilisateur. Tout comme chaque partie de l'économie du web est ouverte à la concurrence, chaque partie de l'économie des applications doit être ouverte à la concurrence », indique la coalition pour ce qui est des frais en vigueur sur l’App Store.

« À l'aube de la révolution des ordinateurs personnels, les logiciels étaient quelque chose que l'on achetait dans un magasin, et tant que le système d'exploitation correspondait, ils fonctionnaient sur n'importe quel ordinateur.

C'est pourquoi aujourd'hui, les logiciels pour ordinateurs personnels sont largement disponibles sur le web pour chaque système d'exploitation. L'idée qu'un consommateur ne puisse utiliser que des logiciels vendus par le même fabricant que son ordinateur portable semble ridicule. Sauf que c'est exactement la règle qu'Apple a imposée aux appareils personnels dans des milliards de poches.

Les applications iPhone ne sont disponibles que via l'App Store d'Apple. Si les consommateurs veulent qu'une application fonctionne sur leur appareil mobile, le développeur de l'application doit suivre les règles, les taxes et les exigences d'Apple. Mais si les consommateurs veulent utiliser cette même application depuis leur ordinateur, les règles, les taxes et les exigences ne s'appliquent pas. C'est un château de cartes.

Voici un exemple de la façon dont ce problème se manifeste : Epic produit l'un des jeux vidéo les plus populaires de tous les temps, Fortnite. Si un joueur de Fortnite achetait une mise à jour sur l'App Store, il pourrait se voir facturer 9,99 $. Cependant, cette même mise à jour ne coûte que 7,99 $ lorsqu'elle est achetée directement par l'intermédiaire d'Epic.

Alors pourquoi est-il plus cher pour les joueurs d'acheter une mise à jour de Fortnite sur l'App Store ? Une raison : la taxe sur les applications. Lorsqu'un consommateur paie une mise à niveau Fortnite via son appareil mobile, Apple perçoit sa taxe arbitraire sur l'application. En revanche, lorsque le service est payé directement par Epic, ce dernier peut répercuter les économies réalisées sur les clients - mais voici le hic : Apple indique expressément aux développeurs qu'ils ne sont pas autorisés à informer leurs clients sur les options moins coûteuses, sous peine d'être bannis de l'App Store.

Pensez à cela un peu différemment : une boîte de Cheerios coûte environ 3 $ chez Kroger, mais il arrive que Cheerios offre un coupon qui ramène le prix à 2,50 $ dans tous les magasins qui proposent des Cheerios. Ce que fait Apple, c'est un peu comme si Kroger disait aux Cheerios qu'elles n'ont pas le droit d'offrir des coupons, et que si elles le font, les Cheerios risquent d'être expulsées de l'allée des céréales. Les consommateurs ne toléreraient pas ce type de comportement monopolistique sur leurs céréales, alors pourquoi devraient-ils l'autoriser pour les applications utilisées sur leurs appareils mobiles ?

Qu'il s'agisse de leur ordinateur personnel ou de leur appareil mobile, les consommateurs méritent et doivent s'attendre à un choix illimité en ce qui concerne le lieu, le moment et la manière dont ils achètent les applications ou les logiciels », ajoute la coalition pour ce qui est de la limitation des libertés des utilisateurs.

La vision de la coalition

Les plateformes en ligne les plus populaires au monde et les app stores qui en régissent l'accès sont devenus une passerelle essentielle pour les consommateurs de produits et services numériques du monde entier. Si elles peuvent être bénéfiques lorsqu'elles sont exploitées de manière équitable, elles peuvent également être utilisées par les propriétaires de plateformes pour nuire aux développeurs et aux consommateurs. Alors que les responsables de l'application des lois, les régulateurs et les législateurs du monde entier cherchent à résoudre ces questions importantes, nous les invitons à reconnaître que chaque développeur d'applications, quelle que soit sa taille ou la nature de son activité, a droit à un traitement équitable de la part de ces app stores et des propriétaires de plateformes qui les exploitent, et devrait se voir accorder les droits suivants*:

  • Aucun développeur ne devrait être tenu d'utiliser exclusivement un app store ni de recourir aux services auxiliaires du propriétaire de l'app store y compris les systèmes de paiement ou d'accepter d'autres obligations supplémentaires pour avoir accès à l'App Store.
  • Aucun développeur ne doit être banni de la plateforme ou faire l'objet d'une discrimination fondée sur le modèle commercial d'un développeur, la manière dont il fournit le contenu et les services, ou s'il est en concurrence d'une quelconque manière avec le propriétaire de l'App Store.
  • Chaque développeur devrait disposer en temps utile des mêmes interfaces d'interopérabilité et informations techniques que le propriétaire de l'App Store met à la disposition de ses propres développeurs.
  • Chaque développeur devrait toujours avoir accès aux magasins d'applications tant que son application répond à des normes équitables, objectives et non discriminatoires en matière de sécurité, de confidentialité, de qualité, de contenu et de sécurité numérique.
  • Les données d'un développeur ne doivent pas être utilisées pour le concurrencer.
  • Tout développeur devrait toujours avoir le droit de communiquer directement avec ses utilisateurs par le biais de son application à des fins commerciales légitimes.
  • Aucun propriétaire d'App Store ne doit s'engager dans la publicité de ses propres applications ou services, ou interférer avec le choix des préférences ou des défauts des utilisateurs.
  • Aucun développeur ne devrait être tenu de payer des frais ou des parts de revenus injustes, déraisonnables ou discriminatoires, ni de vendre au sein de son application ce qu'il ne souhaite pas vendre, comme condition d'accès à l'App Store.
  • Aucun propriétaire d'App Store ne doit interdire à des tiers de proposer des boutiques 'applications concurrentes sur sa plateforme, ni décourager les développeurs ou les consommateurs de les utiliser.
  • Tous les App Stores seront transparents en ce qui concerne leurs règles et politiques et leurs possibilités de promotion et de commercialisation, les appliqueront de manière cohérente et objective, notifieront les changements et mettront à disposition une procédure rapide, simple et équitable pour résoudre les litiges.

Microsoft se positionne en exemple en matière de gestion de boutique d’applications

« Pour les développeurs de logiciels, les magasins d'applications sont devenus une passerelle essentielle vers certaines des plateformes numériques les plus populaires au monde. Nous avons, comme d'autres, soulevé des questions et, parfois, exprimé des inquiétudes au sujet des app stores sur d'autres plateformes numériques. Cependant, nous reconnaissons que nous devons prêcher par la pratique », écrivait le géant technologique au début du mois en cours. D’où la publication par ce dernier d’une dizaine de principes :

  • Les développeurs auront la liberté de choisir de distribuer leurs applications pour Windows par l'intermédiaire de notre boutique d'applications. Nous ne bloquerons pas les app stores concurrents sur Windows.
  • Nous n'empêcherons pas à une application de tourner sur Windows sur la base de considérations en lien avec le business model d'un développeur ou de la manière dont il fournit du contenu et des services, notamment si le contenu est installé sur un appareil ou diffusé en continu depuis le cloud.
  • Nous n'empêcherons pas à une application de tourner sur Windows au motif de ce que le développeur d'une application donnée a choisi de faire usage de son propre système de paiement pour le traitement des achats effectués dans son application.
  • Nous donnerons aux développeurs, en temps utile, des informations sur les interfaces d'interopérabilité que nous utilisons sur Windows, comme indiqué dans nos principes d'interopérabilité.
  • Chaque développeur aura accès à notre app store tant qu'il répondra à des normes et exigences objectives, notamment en matière de sécurité, de confidentialité, de qualité, de contenu et de sécurité numérique.
  • Notre app store facturera des frais raisonnables qui reflètent la concurrence à laquelle nous sommes confrontés de la part des autres app stores sur Windows et ne forcera pas un développeur à vendre dans son application ce qu'il ne veut pas.
  • Notre boutique d’applications n'empêchera pas les développeurs de communiquer directement avec leurs utilisateurs par le biais de leurs applications à des fins commerciales légitimes.
  • Notre app store tiendra nos propres applications selon les mêmes normes que les applications concurrentes.
  • Microsoft n'utilisera aucune information ou donnée non publique de son app store concernant l'application d'un développeur pour lui faire concurrence.
  • Notre boutique d’applications sera transparente en ce qui concerne ses règles et politiques et ses possibilités de promotion et de commercialisation, les appliquera de manière cohérente et objective, notifiera les changements et mettra à disposition une procédure équitable pour résoudre les litiges.

Source : Coalition for App Fairness

Et vous ?

Que pensez-vous de cette initiative ? L’industrie du développement informatique en avait-elle besoin ?
Quel commentaire faites-vous des dix exigences formulées par la coalition ? Quelles sont celles qui ne vous paraissent pas équitables pour chacune des parties (propriétaires de boutiques d’applications et développeurs) ?

Voir aussi :

Face au Congrès américain, Jeff Bezos déclare qu'il ne peut pas garantir que les employés d'Amazon n'ont pas accès aux données des vendeurs tiers pour favoriser les produits de son entreprise
Fortnite aurait fait exploser les bénéfices d'Epic Game en 2018 jusqu'à 3 milliards de dollars grâce notamment à la vente de contenus additionnels
Après un bras de fer qui aura duré près de deux ans, Epic abandonne le combat et publie Fortnite sur PlayStore, regrettant que Google rende extrêmement mince la possibilité d'éviter le Play Store
Google assure que Fortnite ne bénéficiera d'aucun traitement de faveur sur le Play Store s'il veut revenir et que sa taxe de 30 % est valable pour tous, Epic dénonce un abus de position dominante
22  0 
Avatar de Bousk
Rédacteur/Modérateur https://www.developpez.com
Le 25/10/2020 à 19:49
Citation Envoyé par P_Avril Voir le message
30% c'est le coût de référencement, d’hébergement, de distribution, de "contrôle" d’intégrité et de fiabilité des packages, de la distribution des kits de développement, etc. Ainsi que le coût d'un bonne visibilité sur une plateforme comme l'AppStore.
Apple ne fait aucun référencement, les contrôles sont (quasi-)automatiques et c'est à toi de faire en sorte que ça passe les certifs (payantes) sinon faut la repasser (et repayer).
Les kits de développement c'est le mac que tu es obligé d'acheter. Sans oublier la license développeur à laquelle tu dois souscrire. Rien ne t'est fourni.
La visibilité est inexistantes, le store est noyé sous la masse de contenu et Apple ne fait rien pour ta visibilité propre sans contrepartie.
Donc 30% pour couvrir un peu d'espace disque pour héberger le truc et la bande-passante pour le télécharger... et tu trouves ça normal ?

Citation Envoyé par P_Avril Voir le message
Quand à Microsoft qui se fait parangon de cette cause, je crois rêver...
Sur Windows, tu as le store Microsoft à côté duquel tu peux avoir Steam, Epic store, Uplay, Origin, Battle.Net, GOG, et des centaines d'autres apps qui ont des achats intégrés.
Tu as le choix d'installer ce que tu veux, de la source que tu veux. Il n'y a rien qui impose d'utiliser le Microsoft Store pour diffuser ton application, ou d'utiliser un SDK Microsoft qui prendrait sa part pour supporter des achats in-app.
Donc je vois pas quel troll anti-MS vieux de 30 ans tu espères faire passer ici.
20  1 
Avatar de Bill Fassinou
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 09/09/2020 à 11:05
Apple dépose une demande de dommages-intérêts auprès de Fortnite pour perte de profits et atteinte à sa réputation
et demande une ordonnance pour l'empêcher d'exploiter son propre système de paiement in-app

Apple a ajouté ce mardi un deuxième front à la bataille juridique qui l’oppose à Epic depuis le mois d’août. La firme de Cupertino a déposé un dossier devant le tribunal dans lequel elle accuse le créateur de Fortnite de “vol à la commission” et lui réclame des dommages-intérêts pour cause de rupture de contrat. L’entreprise a également demandé une ordonnance pour empêcher Epic d'exploiter son propre système de paiement in-app, à l’origine de la tension entre les deux sociétés. Apple n’a pas mentionné à combien s’élèvent les réparations qu’elle réclame.

Apple et Epic se livrent une bataille juridique depuis le mois d'août, lorsque ce dernier a lancé son propre système de paiement in-app afin de contourner ce qu'il a appelé "les pratiques monopolistiques d'Apple". L'App Store d'Apple exige que les développeurs de la plateforme iOS utilisent le système de paiement in-app d'Apple et qu'ils versent une commission de 30 %. Alors, Apple a-t-il le droit d’obliger les développeurs à se limiter à cela quand lorsqu’il déclare que l’App Store est un endroit sûr pour l’innovation ? Beaucoup ne sont pas de cet avis et l’accusent de pratiques monopolistes et anticoncurrentielles.

C’est ce qui a poussé Epic à fomenter cette bataille contre le créateur de l’iPhone dans le but d’obtenir le soutien des autres critiques de ce dernier et de parvenir à rompre son monopole sur l’App Store. Bien sûr, Apple a toujours nié ses allégations. « Le procès d'Epic n'est rien d'autre qu'un simple désaccord sur l'argent », a déclaré Apple dans la plainte déposée mardi auprès de la Cour de district en Californie du Nord. « Bien qu'Epic se présente comme une entreprise moderne de Robin des Bois, en réalité c'est une entreprise de plusieurs milliards de dollars qui ne veut simplement rien payer pour l'énorme valeur qu'elle tire de l'App Store », a-t-il ajouté.


Pour rappel, le conflit entre Apple et Epic Games a commencé le 13 août, lorsque Epic Games a publié une version de Fortnite sur l'App Store d'Apple qui comprenait une méthode permettant aux utilisateurs de payer pour le contenu du jeu sans donner à Apple sa réduction habituelle de 30 %. Apple a retiré l'application de l'App Store, et Epic Games a poursuivi Apple. Apple a ensuite suspendu le compte développeur d'Epic Games le 28 août, ce qui a empêché la société de créer de nouvelles applications ou de mettre à jour Fortnite sur les plateformes d'Apple.

Non content d’avoir bloqué presque tous les accès du développeur de jeux à l'écosystème iOS, Apple réclame également des réparations de la part de ce dernier. Dans le dossier qu’il a déposé auprès de la Cour, Apple a déclaré qu’Epic a engrangé plus de 600 millions de dollars grâce à l'App Store. S’il n’a pas précisé à quel point les agissements d’Epic lui ont porté préjudice, la mention faite aux 600 millions de dollars montre qu’il réclame un pourcentage sur ce chiffre d’affaires. En outre, la lecture du dossier laisse penser qu’Apple veut faire d’Epic un exemple, s’il gagnait la bataille.

En d’autres termes, une victoire d’Apple enverrait un signal fort aux autres développeurs ou sociétés qui souhaiteraient se rebeller contre la politique de l’App Store dans les prochaines années. « Le mépris flagrant d'Epic pour ses engagements contractuels et ses autres fautes a causé un préjudice important à Apple », lit-on dans le dossier. « Si elle n'est pas contrôlée, la conduite d'Epic menace l'existence même de l'écosystème iOS et sa valeur formidable pour les consommateurs », a ajouté Apple. Il a ordonné à Epic de rebrousser chemin dans les actions qu’il a entreprises jusqu’ici.

Cependant, Epic n’est pas d’accord et ne veut en aucun cas parvenir à un accord avec Apple. En effet, Apple avait déclaré qu'il autoriserait le retour de Fortnite dans le magasin si Epic supprimait la fonction de paiement direct pour se conformer à son accord de développeur. Mais Epic a refusé, disant que se conformer à cette demande serait « s'entendre avec Apple pour maintenir son monopole sur les paiements in-app sur iOS ». Cela dit, si Epic pouvait avoir raison, est-ce normal qu’il révoque ses engagements du jour au lendemain et complote dans le dos d’Apple ?

Selon CNBC, la réponse d'Apple suggère qu'il a été pris de court par Epic. Le média a révélé qu’à l'insu d'Apple, Epic avait été occupé à enrôler une légion d'avocats, de publicistes et de techniciens pour orchestrer un assaut furtif sur l'App Store. Peu après 2 heures du matin le 13 août 2020, le matin où Epic allait activer sa fonctionnalité qualifiée par Apple de “vol de commissions”, Tim Sweeney, PDG d’Epic, a de nouveau envoyé un e-mail aux dirigeants d'Apple, déclarant que « Epic ne respectera plus les restrictions d'Apple en matière de traitement des paiements ».

Les activités d’Epic sont actuellement à l’arrêt sur l’iOS. Il a fait valoir qu'Apple supprime la concurrence sur le marché libre et a demandé une injonction préliminaire qui permettrait de rétablir Fortnite sur l'App Store et de rétablir son compte de développeur. Une audience est actuellement prévue pour la fin septembre, même si les dates peuvent changer. Le dépôt d'Apple mardi demande des dommages-intérêts pour le système de paiement d'Epic, en demandant « la restitution et le reversement de tous les gains, profits, indemnités, bénéfices et autres gains mal acquis obtenus par Epic du fait de sa conduite ».

La société a aussi demandé des dommages-intérêts pour atteinte à sa réputation par des joueurs de Fortnite frustrés et une campagne de relations publiques lancée par Epic contre Apple, qui comprenait une parodie du spot télévisé 1984 d'Apple et un personnage jouable à tête de pomme appelé “Tart Tycoon” qui ressemble un peu au directeur général d'Apple, Tim Cook.

Source : Reuters

Et vous ?

Quel est votre avis sur le sujet ?

Voir aussi

Epic demande à la Cour d'obliger Apple à rétablir Fortnite sur l'App Store. Notant une diminution de 60 % des joueurs sur iOS, l'éditeur se dit prêt à lancer une vitrine de téléchargement concurrente

Apple indique à la Cour qu'Epic met en danger tout le modèle économique de l'App Store avec sa demande d'injonction dans laquelle l'éditeur sollicite le retour de Fortnite sur la vitrine iOS

Apple supprime le compte développeur Epic Games : les utilisateurs sur iOS et macOS ne peuvent ni télécharger de jeux Epic Games ni recevoir des mises à jour

Epic continue de provoquer Apple en lançant un tournoi Fortnite avec des récompenses anti-apple comme « une pomme pourrie » ou encore la tenue Trognon grognon

Apple retire Fortnite de l'App Store après qu'Epic ait tenté de contourner les frais de commissions lors de paiements in-app, Epic traduit Apple en justice pour pratiques anticoncurrentielles
14  0 
Avatar de Bill Fassinou
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 03/10/2020 à 14:41
La décision d'Epic de contourner les politiques de l'App Store d'Apple était malhonnête,
selon un juge américain

La tournure des événements montre que le bras de fer en Apple et Epic annonce un long et difficile procès à venir, une bataille judiciaire qui pourrait remodeler le modèle économique des boutiques d’applications mobiles. Au cours de l’audience de ce lundi, la juge Yvonne Gonzalez Rogers a entendu les arguments sur la demande d'Epic pour une injonction temporaire dans son affaire contre Apple. Elle a critiqué la décision d’Epic de rompre son contrat avec le fabricant d’iPhone, avant d’inviter les deux parties à porter leur différend antitrust devant un jury.

Le 13 août dernier, Epic publiait une mise à jour de Fortnite sur iOS et sur Android intégrant un système de paiement in-app qu’il a conçu lui-même pour outrepasser le système de paiement d’Apple et de Google qui prélève instantanément 30 % de commissions sur tout achat dans les applications. Résultat, Apple a immédiatement retiré Fortnite de l’App Store et a ensuite porté d’autres menaces contre le créateur de jeux. Ces agissements d’Epic et d’Apple ont entraîné ces deux géants dans une bataille juridique depuis le mois d’août, et l’affaire pourrait durer longtemps.

En effet, Epic cherche à obtenir une ordonnance judiciaire temporaire qui obligerait Apple à débloquer Fortnite sur l’App Store, le point principal de l'audience du lundi. Mais après qu’Epic a fait part de ses arguments au juge Rogers, celle-ci a exprimé son scepticisme quant à ces derniers, et en particulier son affirmation selon laquelle il ne constituait pas une menace pour la sécurité d'Apple, car il s'agit d'une société et d'un partenaire bien établi. Il semblerait qu’elle considère qu’Epic a rompu son contrat en tout état de cause et donc qu’il est normal qu’il en subisse les conséquences.

« Epic savait qu'il violait son contrat avec Apple lorsqu'il a publié la mise à jour, mais il l'a quand même fait », a déclaré Rogers, accusant la société de malhonnêteté. « Vous avez fait une chose, vous avez menti par omission, par manque de franchise. C'est la question de sécurité. C'est la question de sécurité ! », a lancé Rogers à Epic, selon un rapport de CNN Business. « Il y a beaucoup de gens dans le public qui vous considèrent comme des héros pour ce que vous avez fait, mais ce n'est toujours pas honnête », a ajouté Rogers. Selon le rapport publié par CNN Business, l’audience s’est déroulée sur Zoom et aura duré environ trois heures.


Mais pendant cette période, il s’avère qu’aucune des questions en suspens dans le procès antitrust en cours d’Epic Games contre Apple n’a été réglée, y compris celle du retour de Fortnite sur l’App Store. À ce propos, le New York Times a rapporté qu’une décision sur ce sujet était attendue dans les prochains jours. De son côté, Apple a justifié les politiques de l'App Store en partie comme un moyen de protéger les utilisateurs contre les risques de sécurité et les logiciels malveillants. Cela dit, l’on a un peu de mal à lier les 30 % de commissions à une initiative de protection de la vie privée.

Les avocats d'Epic ont tous reconnu que la société a violé son accord avec Apple, mais ont affirmé qu'Epic refusait tout simplement de se conformer à un contrat anticoncurrentiel, et que forcer une bataille juridique faisait partie du plan d'Epic. « Quand vous vous attaquez à la plus grande société du monde, et que vous l'attaquez là où vous savez qu'elle va riposter, vous n’allez pas vous allonger dans la rue pour mourir. Vous planifiez très soigneusement la façon dont vous allez réagir », a déclaré lundi Katherine Forrest, l’un des avocats d’Epic Games.

Epic est ferme sur sa position depuis le début de l’affaire, alléguant que le fabricant d’iPhone, par le biais de ses règles de développement, abuse de son emprise sur l'App Store pour nuire à l'innovation, à la concurrence et aux consommateurs sur le marché des ventes d'applications iOS. Selon lui, des dizaines d’utilisateurs de l’iOS ont été lésés par ce qu’il a décrit comme une décision de représailles d'Apple visant à retirer Fortnite de l'App Store. « La décision démontre le contrôle à toute épreuve d'Apple et le maintien d'un monopole illégal », a soutenu Epic.

Epic voit également le système propriétaire de paiement in-app d’Apple tel un système de vente liée illégale. Mais d’après le juge Rogers, il n’y a pas de vente liée avec le système de paiement intégré de la marque à la pomme. « Je ne suis pas particulièrement convaincue », a-t-elle déclaré à propos du mécanisme de paiement au moyen du système proposé par Apple. « Je ne vois simplement pas cela comme un produit séparé et distinct ». Rogers n’a pas non plus retenu l'argument d'Epic disant qu’Apple a porté préjudice à la distribution de Fortnite en raison du contrôle exclusif d'Apple sur son magasin d’applications.

Elle a brandi l’argument selon lequel les joueurs de Fortnite sur iOS ont une variété de choix afin d’accéder au jeu même s'il n'est plus disponible l’App Store. « Les jardins clos existent depuis des décennies », a -t-elle déclaré. « Nintendo a eu un jardin clos. Sony a eu un jardin clos. Microsoft a eu un jardin clos. Ce qu’Apple fait n'est pas très différent. Il est difficile d'ignorer l'économie de l'industrie, et c'est ce que vous me demandez de faire », a ajouté Rogers. Pour sa part, Apple a allégué qu’Epic a de grandes ambitions et qu’il veut inciter les gens à voir Apple différemment.

Les avocats du fabricant d’iPhone ont en effet allégué que Tim Sweeney, PDG d’Epic Games, tente de mener une révolte de développeurs qui coupe au cœur du modèle économique d'Apple. « Sweeney essaie d'être le joueur de flûte des autres développeurs », a déclaré Ted Boutrous, un des avocats d’Apple. Il a ajouté qu'Epic veut que les autres aussi « trichent, violent leur accord et introduisent en douce des logiciels pour contourner l'examen de l'application ». « Une conclusion en faveur d'Epic serait un feu vert pour d'autres entreprises et ce serait très dangereux », a-t-il soutenu.

L'affaire entre Epic et Apple est considérée comme un procès qui pourrait faire date, un procès qui teste les frontières du droit antitrust, a déclaré la juge Rogers. Elle n'a pas donné de délai pour une décision sur l'injonction. Elle a également déclaré qu'étant donné son calendrier, l'affaire ne devrait pas être jugée avant juillet 2021. Enfin, elle a déclaré qu’elle préférerait que l'affaire soit jugée devant un jury. « Je sais que je ne suis qu'un tremplin pour vous tous », a-t-elle déclaré lundi.

Source : Reuters

Et vous ?

Qu'en pensez-vous ?

Voir aussi

Apple retire Fortnite de l'App Store après qu'Epic ait tenté de contourner les frais de commissions lors de paiements in-app, Epic traduit Apple en justice pour pratiques anticoncurrentielles

Fortnite se divise en « deux jeux différents » en raison de la bataille légale entre Epic et Apple. La saison 4 du chapitre 2 sur Android, Xbox, PC et la précédente sur iPhone, iPad et Mac

Apple indique à la Cour qu'Epic met en danger tout le modèle économique de l'App Store avec sa demande d'injonction dans laquelle l'éditeur sollicite le retour de Fortnite sur la vitrine iOS

Epic demande à la Cour d'obliger Apple à rétablir Fortnite sur l'App Store. Notant une diminution de 60 % des joueurs sur iOS, l'éditeur se dit prêt à lancer une vitrine de téléchargement concurrente

Apple menace de révoquer l'accès aux outils de développement iOS et macOS d'Epic, en représailles pour avoir introduit une nouvelle option de paiement dans Fortnite
14  0 
Avatar de Uther
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 25/10/2020 à 19:18
Que Apple fournisse un service d'hébergement d'application, c'est pas un problème, si les client sont heureux de la situation. Le soucis c'est qu'il est obligatoire.
13  0 
Avatar de yahiko
Rédacteur/Modérateur https://www.developpez.com
Le 25/10/2020 à 22:43
Apple utilise son écosystème en vase clos pour tuer dans l'œuf toute concurrence. Il s'agit de pratiques anticoncurrentielles caractérisées et personne ne s'en offusque.

Et contrairement à Apple qui est dans le déni, une fois n'est pas coutume, Microsoft montre l'exemple avec sa charte sur les boutiques d'application qui démontre le souci permanent de la firme de Redmond en matière d'équité.

J'espère que le mouvement Coalition for App Fairness va se développer pour faire plier Apple, et que ce mouvement pourra s'appuyer sur la longue histoire de Microsoft en matière d'ouverture de ses applicatifs et de la promotion de la concurrence
13  0 
Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 22/08/2020 à 12:03
Apple indique à la Cour qu'Epic met en danger tout le modèle économique de l'App Store,
avec sa demande d'injonction dans laquelle l'éditeur sollicite le retour de Fortnite sur la vitrine iOS

Apple a répondu au procès antitrust que veut engager Epic Games concernant ses politiques iOS App Store. Dans l’attente du procès, Epic Games a fait une demande d’injonction le 17 août dans laquelle l’éditeur demande au tribunal d’exiger qu’Apple rétablisse son jeu Fortnite sur l’App Store. Mais Apple ne l’entend pas de cette oreille ; l’entreprise veut faire annuler la demande d’injonction et demande au tribunal de ne pas exiger qu’il annule temporairement le bannissement de l’application de l’App Store pendant que la poursuite est en cours. Apple accuse Epic de créer de manière malhonnête une « urgence » en acceptant des paiements directs via Fortnite en violation des règles d'Apple.

Voici les arguments d’Apple :

« Pendant des années, Epic a profité de tout ce que l'App Store d'Apple a à offrir. Il a profité des outils, de la technologie, des logiciels, des opportunités de marketing et de la portée mondiale des clients fournis par Apple pour pouvoir apporter sa créativité à iOS et à des jeux comme Infinity Blade et Fortnite sur l'App Store. Il a apprécié les énormes ressources qu'Apple déverse dans l'App Store pour innover constamment afin de créer de nouvelles opportunités pour les développeurs et les expériences pour les clients, ainsi que pour examiner et approuver chaque application, en gardant l'App Store sûr et sécurisé pour les clients et les développeurs. Au fil du temps, en partie grâce aux opportunités offertes par Apple, Epic est devenue une entreprise de plusieurs milliards de dollars avec de grands investisseurs comme le géant chinois de la technologie Tencent, injectant des centaines de millions de dollars dans l'entreprise. Désormais, ayant décidé qu'il préférerait profiter des avantages de l'App Store sans les payer, Epic a rompu ses contrats avec Apple, en utilisant ses propres clients et les utilisateurs d'Apple comme levier.

« Dans le sillage de ses propres actions volontaires, Epic recherche désormais une aide d'urgence. Mais ‘l’urgence’ est entièrement du fait d’Epic. Les accords d'Epic avec Apple stipulent expressément que si un développeur d'application enfreint les règles de l'App Store ou la licence des outils de développement - qui s'appliquent tous deux et sont appliqués de la même manière à tous les développeurs, petits et grands - Apple cessera de travailler avec ce développeur. Les développeurs qui travaillent à tromper Apple, comme Epic l'a fait ici, sont bannis. Ainsi, lorsque Epic a délibérément et sciemment violé ses accords en installant secrètement un ‘correctif’ dans son application pour contourner le système de paiement d'Apple et le processus d'examen des applications, il savait parfaitement ce qui se passerait et, ce faisant, a sciemment et délibérément créé le préjudice pour joueurs et développeurs, il demande maintenant à la Cour d'intervenir et d'y remédier. Le redressement dans ces circonstances n'est pas disponible en vertu de la loi. Et l'injonction recherchée par Epic menacerait pour tout le monde les avantages dont Epic, les développeurs et les clients de l'App Store bénéficient depuis longtemps.

« Premièrement, les TRO (Temporary Restraining Order) existent pour réparer des dommages irréparables, des blessures auto-infligées difficilement réparables, en particulier en vertu de la norme rigoureuse du neuvième circuit pour une injonction obligatoire. Ici, Epic a exécuté une campagne aux multiples facettes soigneusement orchestrée, avec une vidéo parodique, de la marchandise, un hashtag, des tweets belligérants et maintenant un TRO pré-emballé. Tous les dommages qu'Epic prétend subir lui-même, mais également les dommages sur les joueurs et les développeurs, auraient pu être évités si Epic avait déposé sa plainte sans violer ses accords. Tous ces dommages présumés pour lesquels Epic sollicite indûment une aide d'urgence pourraient disparaître demain si Epic ne répétait pas sa violation. Apple a offert à Epic l'opportunité de corriger la situation, de revenir au statu quo avant qu'Epic n'installe son ‘correctif’ qui a conduit à un véritable désordre, et d'être accueilli de nouveau dans l'App Store. Tout cela peut se produire sans aucune intervention de la Cour ni dépense de ressources judiciaires. Et Epic serait libre de poursuivre son procès principal. Mais Epic ne veut pas remédier au préjudice qui, selon lui, nécessite une réparation immédiate, car il a un objectif différent en tête : il souhaite que la Cour lui permette de profiter de l'innovation, de la propriété intellectuelle et de la confiance des utilisateurs d'Apple.


« Deuxièmement, Epic n'a pas et ne peut pas montrer qu'il est susceptible de réussir sur le fond de ses nouvelles allégations antitrust. L'App Store a augmenté de façon exponentielle la production, réduit les prix et considérablement amélioré le choix des consommateurs. Comme le Neuvième Circuit l'a déclaré la semaine dernière, les nouvelles pratiques commerciales - en particulier sur les marchés technologiques - ne devraient pas être « présumées de manière concluante comme déraisonnables et donc illégales sans une enquête approfondie sur le préjudice précis qu'elles ont causé ou l'excuse commerciale de leur utilisation. Epic, cependant, n'entreprend aucune ‘enquête approfondie’ dans sa requête. Par exemple, il ne parvient à enrôler aucun économiste pour soutenir ses définitions artificielles du marché et ses théories ‘liées’. Il ignore commodément que Fortnite peut être joué sur de nombreuses plateformes avec ou sans le soutien d'Apple, même si Epic vante ce fait dans sa publicité et ses communications aux utilisateurs en disant notamment que "Ce n'est pas parce que vous ne pouvez pas jouer sur iOS qu'il n'y a pas d'autres endroits géniaux pour jouer à Fortnite". Et il ne parvient pas à faire face au fait que sa logique ferait des monopoles de Microsoft, Sony et Nintendo, pour n'en nommer que quelques-uns. Le manque de soutien factuel, économique et juridique n'est pas surprenant, car les théories antitrust d'Epic, à l'instar de sa campagne orchestrée, sont un vernis transparent pour ses efforts pour récupérer les avantages de l'App Store sans payer ni se conformer aux exigences importantes qui sont essentielles pour protéger la sûreté, la sécurité et la confidentialité des utilisateurs.

« Troisièmement, l’intérêt public et la balance des difficultés ne pèsent pas et ne pouvaient pas jouer en faveur de la décision d’Epic de rompre son contrat parce qu’elle ne voulait plus respecter les règles de longue date d’Apple. Les injonctions n'existent pas pour donner aux parties les contrats qu'elles souhaiteraient avoir. Et une injonction déclencherait un flot de demandes supplémentaires de secours ‘d'urgence’ et menacerait l'ensemble de l'écosystème de l'App Store, car les développeurs voient qu'ils peuvent violer leurs accords, mettre en danger la sécurité de l'App Store et contourner les paiements à Apple, le tout sans conséquence. Le public n'en bénéficierait pas, et les utilisateurs d'Apple seraient les victimes ultimes en perdant la confidentialité, la sécurité et l'expérience de qualité de l'App Store ».


Les courriels entre Epic et Apple qui ont mené à la suppression de Fortnite sur l’App Store

Dans le dernier dépôt légal, Apple a révélé un e-mail envoyé par le PDG d'Epic Games, Tim Sweeney, à 2 heures du matin (heure du Pacifique) le 13 août 2020, au PDG d'Apple, Tim Cook et à plusieurs autres dirigeants d'Apple. Sweeney dans l'e-mail a présenté le plan d'Epic pour ne plus procéder au paiement des pourcentages des ventes dans Fortnite sur iPhone et iPad à Apple.

« Je vous écris pour vous dire qu'Epic ne respectera plus les restrictions de traitement des paiements d'Apple », a indiqué Sweeney. « Aujourd'hui, Epic lance les paiements directs Epic dans 'Fortnite' sur iOS, offrant aux clients le choix de payer dans l'application via des paiements directs Epic ou via des paiements Apple, et répercutant les économies des paiements directs Epic aux clients sous la forme de prix », a-t-il continué.

Apple a refusé. « L'App Store n'est pas simplement une place de marché - il fait partie d'un ensemble plus large d'outils, de technologies et de services qu'Apple met à la disposition des développeurs », a écrit à la mi-juillet, l'avocat général associé d'Apple, Douglas Vetter. « Nous ne pouvons pas être sûrs qu'Epic ou tout autre développeur respecterait les mêmes normes rigoureuses de confidentialité, de sécurité et de contenu qu'Apple. En effet, étant donné qu'Apple traite tous les développeurs selon les mêmes termes, Epic demande essentiellement à Apple d'externaliser la sûreté et la sécurité des utilisateurs d'Apple à des centaines de milliers de développeurs iOS ».

Ce n'était pas le premier e-mail de Sweeney aux dirigeants d'Apple concernant le traitement de Fortnite par l'App Store. Les archives judiciaires montrent que le 30 juin, Sweeney a demandé à Apple d'autoriser une « application Epic Games Store concurrente » à être disponible sur l'App Store afin que « les consommateurs aient la possibilité de payer moins pour les produits numériques et les développeurs de gagner plus grâce à leurs ventes ».

Apple a refusé, ce qui a conduit Epic à contourner l'App Store d'Apple un mois et demi plus tard. Sweeney a déclaré qu'il savait que cela violerait l'accord de l'App Store avec Epic Games, selon la lettre, mais a continué malgré tout en raison de « la ferme conviction que l'histoire et la loi sont de notre côté ».

Suite à la mise à jour de Fortnite qui incluait la possibilité de payer directement Epic, Apple a retiré le jeu du magasin et annulé le contrat de développeur d'Epic. Au lieu d'acheter de l'argent virtuel dans le jeu («V-bucks») via Apple ou Google, les joueurs pouvaient l'acheter directement auprès d'Epic - à un prix réduit, bien entendu.

Parallèlement au procès Fortnite, Apple fait l'objet d'un examen antitrust au Congrès. Le PDG Tim Cook a témoigné lors d'une audience du comité judiciaire de la Chambre le mois dernier, et les questions portaient largement sur les politiques de l'App Store d'Apple. La Cour suprême a également rejeté la demande d'Apple de rejeter un autre procès l'année dernière, affirmant que les développeurs pouvaient intenter une action en justice pour des raisons antitrust.

Apple fait valoir que ses pratiques sur l'App Store - y compris le système d'achat intégré à l'application - ne sont pas différentes de celles des plateformes de console telles que la PlayStation de Sony ou la Xbox de Microsoft. « Apple a besoin d'un moyen de s'assurer qu'il est réellement payé. [L'achat in-app] est le mécanisme fondamental par lequel Apple, comme de nombreuses autres plateformes de transaction, met en œuvre son modèle économique et récupère son investissement substantiel dans la plateforme », lit-on dans la plainte.

Source : demande d'Apple de non-recevoir de l'injonction, courriels entre Epic et Apple qui débutent le 30 juin 2020

Et vous ?

Que pensez-vous des arguments avancés par Apple ?
12  0 
Avatar de Patrick Ruiz
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 25/09/2020 à 8:26
Epic, Spotify et Tinder forment une coalition pour défendre la liberté de choix et la concurrence loyale sur l’App Store
Et l’écosystème des applications en général

Le pouvoir exact que les propriétaires de magasins d'applications devraient avoir sur les développeurs est une question controversée ces derniers temps. Le cas de la bataille juridique entre Apple et Epic Games en est une illustration. À la réalité la liste de tels affrontements est plus longue. Désormais, tous les développeurs d’applications qui ont fait face à Apple dans les derniers mois coalisent. À date, ils sont une dizaine réunis dans le cadre d’une organisation à but non lucratif dont le but est de défendre la liberté de choix et la concurrence loyale sur l’App Store et l’écosystème des applications en général.

À côté d’Epic Games qui a fait interdire son jeu à succès Fortnite sur l'App Store pour avoir mis en place son propre système de paiement intégré à l'application, on retrouve : Spotify qui a déposé une plainte antitrust contre Apple dans l'UE ; ProtonMail dont le PDG a déclaré qu'Apple tenait les développeurs en otage avec les 30 % de frais ; Basecamp qui a qualifié les politiques d'Apple d'exploitation après que des mises à jour de son application de messagerie Hey ont fait l’objet de blocage pour avoir utilisé la même technique de facturation que Netflix.


Les griefs contre Apple

« Apple utilise son contrôle du système d'exploitation iOS pour s'attribuer des faveurs en contrôlant les produits et les fonctionnalités qui sont à la disposition des consommateurs. Apple exige des fabricants d'équipements qu'ils limitent les options, oblige les développeurs à vendre par l'intermédiaire de son App Store et va même jusqu'à voler les idées des concurrents », indique la coalition à propos du positionnement de monopole d’Apple.

« Pour la plupart des achats effectués dans son App Store, Apple prélève 30 % du prix d'achat. Aucun autre frais de transaction - quel que soit le secteur d'activité - ne s'en approche.

Cette taxe sur les applications réduit considérablement le pouvoir d'achat des consommateurs et étouffe les revenus des développeurs. C'est particulièrement injuste lorsque cette taxe est imposée à des applications qui sont en concurrence directe avec des applications similaires vendues par Apple. Cela place les entreprises dans une position concurrentielle nettement désavantageuse et fait donc augmenter les prix pour les consommateurs.

Les développeurs constatent qu'une taxe de 15 à 30 % sur l'App Store d'Apple représente une part énorme de leurs revenus et ne peuvent souvent s'y opposer. Ils font valoir que lorsqu'ils sont en concurrence avec l'une des applications d'Applela situation devient encore plus difficile.

Apple a introduit pour la première fois la redevance de 30 % sur les applications en 2011, ce qui a obligé de nombreuses applications à cesser complètement leurs activités. Treehouse, une plateforme de formation en ligne, a développé une application basée sur la lecture, iFlow Reader, qui a été l'une des nombreuses victimes de la nouvelle taxe imposée. "Apple vient de larguer une bombe nucléaire sur nous tous", a déclaré publiquement Treehouse, précisant que les "nouvelles règles draconiennes" avaient rendu "impossible pour quiconque, sauf Apple, de vendre des livres à profit sur iOS".

Le cofondateur d'Apple, Steve Jobs, dans un courriel interne, a montré peu de sympathie pour le petit développeur. Il l'a dit à d'autres dirigeants d'Apple : "Nous n'avions pas de politique et maintenant nous en avons une et il y aura des morts sur la route à cause de cela. Je ne me sens pas coupable".

Les développeurs et les créateurs veulent qu'Apple ouvre sa plateforme App Store afin que toute entreprise puisse construire des logiciels à ses propres conditions et les diffuser librement. Les utilisateurs devraient également avoir la possibilité d'installer des logiciels, gratuitement, de n'importe où, afin que les règles du jeu soient les mêmes pour tous et qu'il y ait une véritable concurrence dans le domaine du développement et de la distribution de logiciels.

Un marché équitable et équilibré signifierait que chaque fournisseur de logiciel et chaque fournisseur de composants peuvent se faire concurrence sur iOS sans être contraints par des conditions et des limitations qui ont été élaborées par la société qui vient de programmer le système d'exploitation de l'appareil d'un utilisateur. Tout comme chaque partie de l'économie du web est ouverte à la concurrence, chaque partie de l'économie des applications doit être ouverte à la concurrence », indique la coalition pour ce qui est des frais en vigueur sur l’App Store.


« À l'aube de la révolution des ordinateurs personnels, les logiciels étaient quelque chose que l'on achetait dans un magasin, et tant que le système d'exploitation correspondait, ils fonctionnaient sur n'importe quel ordinateur.

C'est pourquoi aujourd'hui, les logiciels pour ordinateurs personnels sont largement disponibles sur le web pour chaque système d'exploitation. L'idée qu'un consommateur ne puisse utiliser que des logiciels vendus par le même fabricant que son ordinateur portable semble ridicule. Sauf que c'est exactement la règle qu'Apple a imposée aux appareils personnels dans des milliards de poches.

Les applications iPhone ne sont disponibles que via l'App Store d'Apple. Si les consommateurs veulent qu'une application fonctionne sur leur appareil mobile, le développeur de l'application doit suivre les règles, les taxes et les exigences d'Apple. Mais si les consommateurs veulent utiliser cette même application depuis leur ordinateur, les règles, les taxes et les exigences ne s'appliquent pas. C'est un château de cartes.

Voici un exemple de la façon dont ce problème se manifeste : Epic produit l'un des jeux vidéo les plus populaires de tous les temps, Fortnite. Si un joueur de Fortnite achetait une mise à jour sur l'App Store, il pourrait se voir facturer 9,99 $. Cependant, cette même mise à jour ne coûte que 7,99 $ lorsqu'elle est achetée directement par l'intermédiaire d'Epic.

Alors pourquoi est-il plus cher pour les joueurs d'acheter une mise à jour de Fortnite sur l'App Store ? Une raison : la taxe sur les applications. Lorsqu'un consommateur paie une mise à niveau Fortnite via son appareil mobile, Apple perçoit sa taxe arbitraire sur l'application. En revanche, lorsque le service est payé directement par Epic, ce dernier peut répercuter les économies réalisées sur les clients - mais voici le hic : Apple indique expressément aux développeurs qu'ils ne sont pas autorisés à informer leurs clients sur les options moins coûteuses, sous peine d'être bannis de l'App Store.

Pensez à cela un peu différemment : une boîte de Cheerios coûte environ 3 $ chez Kroger, mais il arrive que Cheerios offre un coupon qui ramène le prix à 2,50 $ dans tous les magasins qui proposent des Cheerios. Ce que fait Apple, c'est un peu comme si Kroger disait aux Cheerios qu'elles n'ont pas le droit d'offrir des coupons, et que si elles le font, les Cheerios risquent d'être expulsées de l'allée des céréales. Les consommateurs ne toléreraient pas ce type de comportement monopolistique sur leurs céréales, alors pourquoi devraient-ils l'autoriser pour les applications utilisées sur leurs appareils mobiles ?

Qu'il s'agisse de leur ordinateur personnel ou de leur appareil mobile, les consommateurs méritent et doivent s'attendre à un choix illimité en ce qui concerne le lieu, le moment et la manière dont ils achètent les applications ou les logiciels », ajoute la coalition pour ce qui est de la limitation des libertés des utilisateurs.

La vision de la coalition

Les plateformes en ligne les plus populaires au monde et les app stores qui en régissent l'accès sont devenus une passerelle essentielle pour les consommateurs de produits et services numériques du monde entier. Si elles peuvent être bénéfiques lorsqu'elles sont exploitées de manière équitable, elles peuvent également être utilisées par les propriétaires de plateformes pour nuire aux développeurs et aux consommateurs. Alors que les responsables de l'application des lois, les régulateurs et les législateurs du monde entier cherchent à résoudre ces questions importantes, nous les invitons à reconnaître que chaque développeur d'applications, quelle que soit sa taille ou la nature de son activité, a droit à un traitement équitable de la part de ces app stores et des propriétaires de plateformes qui les exploitent, et devrait se voir accorder les droits suivants :

#1 Aucun développeur ne devrait être tenu d'utiliser exclusivement un app store ni de recourir aux services auxiliaires du propriétaire de l'app store y compris les systèmes de paiement ou d'accepter d'autres obligations supplémentaires pour avoir accès à l'App Store.

#2 Aucun développeur ne doit être banni de la plateforme ou faire l'objet d'une discrimination fondée sur le modèle commercial d'un développeur, la manière dont il fournit le contenu et les services, ou s'il est en concurrence d'une quelconque manière avec le propriétaire de l'App Store.

#3 Chaque développeur devrait disposer en temps utile des mêmes interfaces d'interopérabilité et informations techniques que le propriétaire de l'App Store met à la disposition de ses propres développeurs.

#4 Chaque développeur devrait toujours avoir accès aux magasins d'applications tant que son application répond à des normes équitables, objectives et non discriminatoires en matière de sécurité, de confidentialité, de qualité, de contenu et de sécurité numérique.

#5 Les données d'un développeur ne doivent pas être utilisées pour le concurrencer.

#6 Tout développeur devrait toujours avoir le droit de communiquer directement avec ses utilisateurs par le biais de son application à des fins commerciales légitimes.

#7 Aucun propriétaire d'App Store ne doit s'engager dans la publicité de ses propres applications ou services, ou interférer avec le choix des préférences ou des défauts des utilisateurs.

#8 Aucun développeur ne devrait être tenu de payer des frais ou des parts de revenus injustes, déraisonnables ou discriminatoires, ni de vendre au sein de son application ce qu'il ne souhaite pas vendre, comme condition d'accès à l'App Store.

#9 Aucun propriétaire d'App Store ne doit interdire à des tiers de proposer des boutiques 'applications concurrentes sur sa plateforme, ni décourager les développeurs ou les consommateurs de les utiliser.

#10 Tous les App Stores seront transparents en ce qui concerne leurs règles et politiques et leurs possibilités de promotion et de commercialisation, les appliqueront de manière cohérente et objective, notifieront les changements et mettront à disposition une procédure rapide, simple et équitable pour résoudre les litiges.

Source : Coalition for App fairness

Et vous ?

Que pensez-vous de cette initiative ? L’industrie du développement informatique en avait-elle besoin ?
Quel commentaire faites-vous des dix exigences formulées par la coalition ? Quelles sont celles qui ne vous paraissent pas équitables pour chacune des parties (propriétaires de boutiques d’applications et développeurs) ?

Voir aussi :

Face au Congrès américain, Jeff Bezos déclare qu'il ne peut pas garantir que les employés d'Amazon n'ont pas accès aux données des vendeurs tiers pour favoriser les produits de son entreprise
Fortnite aurait fait exploser les bénéfices d'Epic Game en 2018 jusqu'à 3 milliards de dollars grâce notamment à la vente de contenus additionnels
Après un bras de fer qui aura duré près de deux ans, Epic abandonne le combat et publie Fortnite sur PlayStore, regrettant que Google rende extrêmement mince la possibilité d'éviter le Play Store
Google assure que Fortnite ne bénéficiera d'aucun traitement de faveur sur le Play Store s'il veut revenir et que sa taxe de 30 % est valable pour tous, Epic dénonce un abus de position dominante
12  0 
Avatar de L33tige
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 26/10/2020 à 12:54
Citation Envoyé par P_Avril Voir le message
Un datacenter coute très très très cher!!! Et lorsque tu télécharge une appli Epic, Matchgroup ou autre le package ne "descend" pas d'un DC xyz mais bien d'un DC Apple.

Ce qui est grotesque c'est que tu ne comprends pas que les AppStore d'aujourd'hui sont les supermarchés d'hier.
Oui et puis c'est vrai qu'il y à du transport dans le datacenter, ou encore des programmes qu'il faut racheter pour éviter qu'ils pourrissent, ou encore quand quelqu'un télécharge un jeu il faut en reuploader un derrière, cherche pas, un datacenter ça coute quedal si tu divise le cout total par le nombre d'applis stockées. C'est tout l'intérêt de ce genre d'infrastructures
12  0 
Avatar de intelligide
Membre actif https://www.developpez.com
Le 22/08/2020 à 19:22
Citation Envoyé par Kannagi Voir le message
Pour cela que dans cette affaire les arguments de la part d'Epic ,c'est un peu "l’hôpital qui se moque de la charité" , leur moteur de jeux , il prélève de l'argent par chaque unité vendu , et fornite utilise pleins de biais cognitif (qui touche pas mal de gosse) pour mettre la main à la poche.
Concernant Unreal Engine, il est gratuit. Tu dois reverser 5% de royalties que si ton jeu fait plus 1 millions de recettes. Et si tu utilises l 'Epic Games Store, tu n'as pas besoin de payer les royalties.
C'est totalement différent d'un plateforme de distribution qui prend 30% et qui est moins complexe a faire qu'un moteur de jeu AAA.
11  0