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Apple retire Fortnite de l'App Store après qu'Epic ait tenté de contourner les frais de commissions lors de paiements in-app,
Epic traduit Apple en justice pour pratiques anticoncurrentielles

Le , par Bill Fassinou

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Tôt dans la journée du jeudi, Epic Game a publié une mise à jour pour Fortnite Battle Royale afin de permettre aux joueurs de ne pas payer les 30 % de commissions exigées par Apple lors de paiements in-app. Mais la réponse d’Apple ne s’est pas fait attendre, l’entreprise a supprimé Battle Royale de l’App Store. Epic Game a annoncé plus tard dans la journée qu’il a intenté une action en justice contre Apple pour en finir avec les restrictions anticoncurrentielles que l’entreprise exerce sur les magasins d’applications des smartphones. Google Play Store a aussi bloqué le jeu depuis hier.

En effet, Epic a développé son propre système de paiement in-app qui contourne les 30 % de frais standards d'Apple qu’il a publié jeudi. Cette mise à jour réduit drastiquement le prix des V-Bucks, avec des réductions pouvant atteindre 20 %, et introduit également des réductions sur toutes les dépenses via de l’argent réel. Cela évite aussi aux joueurs de payer des commissions à Apple et Google. Epic a publié hier un billet de blogue dans lequel il explique le paiement direct sur Epic. L’entreprise porte ainsi un gros coup à Apple et Google, mais aussi à plusieurs autres magasins d’applications.

En dehors de l’App Store et du Play Store, ces réductions sont aussi valables pour les achats sur d’autres plateformes, telles que PC, Mac, Xbox, PlayStation et Nintendo Switch. « Ce n'est pas une vente... ce sont de nouveaux prix réduits disponibles à tout moment ! Nous sommes ravis de vous faire profiter de ces économies et nous continuerons à chercher d'autres moyens d'apporter de la valeur à tous les joueurs de Fortnite », a écrit Epic sur son site officiel. Ceci attise un peu plus la querelle existante entre Apple et l’éditeur de jeux.


De même, ce tacle d’Epic intervient à un moment particulièrement délicat pour Apple, le fabricant d'iPhone étant confronté à des problèmes de concurrence concernant le fonctionnement de l'App Store et les règles qu'il impose à certains développeurs. Le PDG de la société, Tim Cook, avait d’ailleurs été appelé à témoigner devant le Congrès américain à la fin du mois passé, les yeux du législateur sont donc rivés sur elle. Toutefois, cela n’a pas trop inquiété l’entreprise, car elle n’a pas hésité un instant à bannir Battle Royal qui tentait de marcher sur ses avantages.

Les choses sont allées très vite par la suite. Après le bannissement, Apple a publié une déclaration pour s’expliquer. « Aujourd'hui, Epic Games a pris la malheureuse décision de violer les directives de l'App Store qui s'appliquent de la même façon à tous les développeurs et qui sont conçues pour que le magasin soit sûr pour nos utilisateurs. En conséquence, leur application Fortnite a été retirée du magasin », a-t-il déclaré. Apple a fait savoir qu’il est prêt pour travailler avec Epic pour “résoudre ces violations”, mais qu'il n'a pas l'intention de trouver un “arrangement spécial” avec lui.

Epic quant à lui a annoncé une série de réactions soigneusement calculées, dont un procès antitrust visant à établir le monopole de l'App Store d'Apple et une vidéo de protestation diffusée sur YouTube et au sein même de Fortnite. La vidéo se moquant de la publicité iconique “1984” du fabricant d'iPhone et appelle les fans de jeux à #FreeFortnite en soutenant sa lutte contre Apple. Ce dernier a déclaré qu’Epic a accepté librement les conditions et les directives de l'App Store depuis une décennie et que ces intérêts commerciaux ne devraient maintenant pas l’amener à faire pression pour obtenir un arrangement spécial.


De son côté, Google a aussi pris des mesures similaires et a retiré le jeu du Play Store. Les utilisateurs d'Android peuvent cependant toujours télécharger Fortnite en se servant du propre lanceur d'applications d'Epic, qu'il distribue indépendamment par le biais de n'importe quel navigateur Web mobile. « Si Fortnite reste disponible sur Android, nous ne pouvons plus le rendre disponible sur Play, car il viole nos politiques. Cependant, nous sommes heureux de pouvoir poursuivre nos discussions avec Epic et de ramener Fortnite sur Play », a déclaré un porte-parole de Google.

Dans la communauté, l’on estime que l’approche d’Epic semble être de provoquer une réaction d'Apple (et peut-être de Google aussi) afin de profiter de la situation dans laquelle les deux géants sont actuellement, en proie à plusieurs enquêtes antitrust. Par exemple, 1000 V-Bucks, ce qui équivaut à peu près à 10 dollars dans le jeu Fortnite, ne coûtent plus que 7,99 dollars si vous utilisez le paiement direct Epic au lieu du traitement de paiement standard d'Apple. E temps normal, ce montant coûte 9,99 $. Epic a expliqué que ce sont les clients qui conservent les économies.

Pour l'instant, ceux qui ont déjà téléchargé Fortnite sur iOS peuvent toujours le jouer ; seuls les nouveaux téléchargements sont désactivés, car Apple a retiré le jeu de son magasin. En outre, il serait toujours possible dans ce cas d’utiliser le système de paiement in-app d'Epic V-Bucks.

Sources : Epic, Déclaration d’Apple

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Avatar de Bill Fassinou
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 09/09/2020 à 11:05
Apple dépose une demande de dommages-intérêts auprès de Fortnite pour perte de profits et atteinte à sa réputation
et demande une ordonnance pour l'empêcher d'exploiter son propre système de paiement in-app

Apple a ajouté ce mardi un deuxième front à la bataille juridique qui l’oppose à Epic depuis le mois d’août. La firme de Cupertino a déposé un dossier devant le tribunal dans lequel elle accuse le créateur de Fortnite de “vol à la commission” et lui réclame des dommages-intérêts pour cause de rupture de contrat. L’entreprise a également demandé une ordonnance pour empêcher Epic d'exploiter son propre système de paiement in-app, à l’origine de la tension entre les deux sociétés. Apple n’a pas mentionné à combien s’élèvent les réparations qu’elle réclame.

Apple et Epic se livrent une bataille juridique depuis le mois d'août, lorsque ce dernier a lancé son propre système de paiement in-app afin de contourner ce qu'il a appelé "les pratiques monopolistiques d'Apple". L'App Store d'Apple exige que les développeurs de la plateforme iOS utilisent le système de paiement in-app d'Apple et qu'ils versent une commission de 30 %. Alors, Apple a-t-il le droit d’obliger les développeurs à se limiter à cela quand lorsqu’il déclare que l’App Store est un endroit sûr pour l’innovation ? Beaucoup ne sont pas de cet avis et l’accusent de pratiques monopolistes et anticoncurrentielles.

C’est ce qui a poussé Epic à fomenter cette bataille contre le créateur de l’iPhone dans le but d’obtenir le soutien des autres critiques de ce dernier et de parvenir à rompre son monopole sur l’App Store. Bien sûr, Apple a toujours nié ses allégations. « Le procès d'Epic n'est rien d'autre qu'un simple désaccord sur l'argent », a déclaré Apple dans la plainte déposée mardi auprès de la Cour de district en Californie du Nord. « Bien qu'Epic se présente comme une entreprise moderne de Robin des Bois, en réalité c'est une entreprise de plusieurs milliards de dollars qui ne veut simplement rien payer pour l'énorme valeur qu'elle tire de l'App Store », a-t-il ajouté.


Pour rappel, le conflit entre Apple et Epic Games a commencé le 13 août, lorsque Epic Games a publié une version de Fortnite sur l'App Store d'Apple qui comprenait une méthode permettant aux utilisateurs de payer pour le contenu du jeu sans donner à Apple sa réduction habituelle de 30 %. Apple a retiré l'application de l'App Store, et Epic Games a poursuivi Apple. Apple a ensuite suspendu le compte développeur d'Epic Games le 28 août, ce qui a empêché la société de créer de nouvelles applications ou de mettre à jour Fortnite sur les plateformes d'Apple.

Non content d’avoir bloqué presque tous les accès du développeur de jeux à l'écosystème iOS, Apple réclame également des réparations de la part de ce dernier. Dans le dossier qu’il a déposé auprès de la Cour, Apple a déclaré qu’Epic a engrangé plus de 600 millions de dollars grâce à l'App Store. S’il n’a pas précisé à quel point les agissements d’Epic lui ont porté préjudice, la mention faite aux 600 millions de dollars montre qu’il réclame un pourcentage sur ce chiffre d’affaires. En outre, la lecture du dossier laisse penser qu’Apple veut faire d’Epic un exemple, s’il gagnait la bataille.

En d’autres termes, une victoire d’Apple enverrait un signal fort aux autres développeurs ou sociétés qui souhaiteraient se rebeller contre la politique de l’App Store dans les prochaines années. « Le mépris flagrant d'Epic pour ses engagements contractuels et ses autres fautes a causé un préjudice important à Apple », lit-on dans le dossier. « Si elle n'est pas contrôlée, la conduite d'Epic menace l'existence même de l'écosystème iOS et sa valeur formidable pour les consommateurs », a ajouté Apple. Il a ordonné à Epic de rebrousser chemin dans les actions qu’il a entreprises jusqu’ici.

Cependant, Epic n’est pas d’accord et ne veut en aucun cas parvenir à un accord avec Apple. En effet, Apple avait déclaré qu'il autoriserait le retour de Fortnite dans le magasin si Epic supprimait la fonction de paiement direct pour se conformer à son accord de développeur. Mais Epic a refusé, disant que se conformer à cette demande serait « s'entendre avec Apple pour maintenir son monopole sur les paiements in-app sur iOS ». Cela dit, si Epic pouvait avoir raison, est-ce normal qu’il révoque ses engagements du jour au lendemain et complote dans le dos d’Apple ?

Selon CNBC, la réponse d'Apple suggère qu'il a été pris de court par Epic. Le média a révélé qu’à l'insu d'Apple, Epic avait été occupé à enrôler une légion d'avocats, de publicistes et de techniciens pour orchestrer un assaut furtif sur l'App Store. Peu après 2 heures du matin le 13 août 2020, le matin où Epic allait activer sa fonctionnalité qualifiée par Apple de “vol de commissions”, Tim Sweeney, PDG d’Epic, a de nouveau envoyé un e-mail aux dirigeants d'Apple, déclarant que « Epic ne respectera plus les restrictions d'Apple en matière de traitement des paiements ».

Les activités d’Epic sont actuellement à l’arrêt sur l’iOS. Il a fait valoir qu'Apple supprime la concurrence sur le marché libre et a demandé une injonction préliminaire qui permettrait de rétablir Fortnite sur l'App Store et de rétablir son compte de développeur. Une audience est actuellement prévue pour la fin septembre, même si les dates peuvent changer. Le dépôt d'Apple mardi demande des dommages-intérêts pour le système de paiement d'Epic, en demandant « la restitution et le reversement de tous les gains, profits, indemnités, bénéfices et autres gains mal acquis obtenus par Epic du fait de sa conduite ».

La société a aussi demandé des dommages-intérêts pour atteinte à sa réputation par des joueurs de Fortnite frustrés et une campagne de relations publiques lancée par Epic contre Apple, qui comprenait une parodie du spot télévisé 1984 d'Apple et un personnage jouable à tête de pomme appelé “Tart Tycoon” qui ressemble un peu au directeur général d'Apple, Tim Cook.

Source : Reuters

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Avatar de Bill Fassinou
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 03/10/2020 à 14:41
La décision d'Epic de contourner les politiques de l'App Store d'Apple était malhonnête,
selon un juge américain

La tournure des événements montre que le bras de fer en Apple et Epic annonce un long et difficile procès à venir, une bataille judiciaire qui pourrait remodeler le modèle économique des boutiques d’applications mobiles. Au cours de l’audience de ce lundi, la juge Yvonne Gonzalez Rogers a entendu les arguments sur la demande d'Epic pour une injonction temporaire dans son affaire contre Apple. Elle a critiqué la décision d’Epic de rompre son contrat avec le fabricant d’iPhone, avant d’inviter les deux parties à porter leur différend antitrust devant un jury.

Le 13 août dernier, Epic publiait une mise à jour de Fortnite sur iOS et sur Android intégrant un système de paiement in-app qu’il a conçu lui-même pour outrepasser le système de paiement d’Apple et de Google qui prélève instantanément 30 % de commissions sur tout achat dans les applications. Résultat, Apple a immédiatement retiré Fortnite de l’App Store et a ensuite porté d’autres menaces contre le créateur de jeux. Ces agissements d’Epic et d’Apple ont entraîné ces deux géants dans une bataille juridique depuis le mois d’août, et l’affaire pourrait durer longtemps.

En effet, Epic cherche à obtenir une ordonnance judiciaire temporaire qui obligerait Apple à débloquer Fortnite sur l’App Store, le point principal de l'audience du lundi. Mais après qu’Epic a fait part de ses arguments au juge Rogers, celle-ci a exprimé son scepticisme quant à ces derniers, et en particulier son affirmation selon laquelle il ne constituait pas une menace pour la sécurité d'Apple, car il s'agit d'une société et d'un partenaire bien établi. Il semblerait qu’elle considère qu’Epic a rompu son contrat en tout état de cause et donc qu’il est normal qu’il en subisse les conséquences.

« Epic savait qu'il violait son contrat avec Apple lorsqu'il a publié la mise à jour, mais il l'a quand même fait », a déclaré Rogers, accusant la société de malhonnêteté. « Vous avez fait une chose, vous avez menti par omission, par manque de franchise. C'est la question de sécurité. C'est la question de sécurité ! », a lancé Rogers à Epic, selon un rapport de CNN Business. « Il y a beaucoup de gens dans le public qui vous considèrent comme des héros pour ce que vous avez fait, mais ce n'est toujours pas honnête », a ajouté Rogers. Selon le rapport publié par CNN Business, l’audience s’est déroulée sur Zoom et aura duré environ trois heures.


Mais pendant cette période, il s’avère qu’aucune des questions en suspens dans le procès antitrust en cours d’Epic Games contre Apple n’a été réglée, y compris celle du retour de Fortnite sur l’App Store. À ce propos, le New York Times a rapporté qu’une décision sur ce sujet était attendue dans les prochains jours. De son côté, Apple a justifié les politiques de l'App Store en partie comme un moyen de protéger les utilisateurs contre les risques de sécurité et les logiciels malveillants. Cela dit, l’on a un peu de mal à lier les 30 % de commissions à une initiative de protection de la vie privée.

Les avocats d'Epic ont tous reconnu que la société a violé son accord avec Apple, mais ont affirmé qu'Epic refusait tout simplement de se conformer à un contrat anticoncurrentiel, et que forcer une bataille juridique faisait partie du plan d'Epic. « Quand vous vous attaquez à la plus grande société du monde, et que vous l'attaquez là où vous savez qu'elle va riposter, vous n’allez pas vous allonger dans la rue pour mourir. Vous planifiez très soigneusement la façon dont vous allez réagir », a déclaré lundi Katherine Forrest, l’un des avocats d’Epic Games.

Epic est ferme sur sa position depuis le début de l’affaire, alléguant que le fabricant d’iPhone, par le biais de ses règles de développement, abuse de son emprise sur l'App Store pour nuire à l'innovation, à la concurrence et aux consommateurs sur le marché des ventes d'applications iOS. Selon lui, des dizaines d’utilisateurs de l’iOS ont été lésés par ce qu’il a décrit comme une décision de représailles d'Apple visant à retirer Fortnite de l'App Store. « La décision démontre le contrôle à toute épreuve d'Apple et le maintien d'un monopole illégal », a soutenu Epic.

Epic voit également le système propriétaire de paiement in-app d’Apple tel un système de vente liée illégale. Mais d’après le juge Rogers, il n’y a pas de vente liée avec le système de paiement intégré de la marque à la pomme. « Je ne suis pas particulièrement convaincue », a-t-elle déclaré à propos du mécanisme de paiement au moyen du système proposé par Apple. « Je ne vois simplement pas cela comme un produit séparé et distinct ». Rogers n’a pas non plus retenu l'argument d'Epic disant qu’Apple a porté préjudice à la distribution de Fortnite en raison du contrôle exclusif d'Apple sur son magasin d’applications.

Elle a brandi l’argument selon lequel les joueurs de Fortnite sur iOS ont une variété de choix afin d’accéder au jeu même s'il n'est plus disponible l’App Store. « Les jardins clos existent depuis des décennies », a -t-elle déclaré. « Nintendo a eu un jardin clos. Sony a eu un jardin clos. Microsoft a eu un jardin clos. Ce qu’Apple fait n'est pas très différent. Il est difficile d'ignorer l'économie de l'industrie, et c'est ce que vous me demandez de faire », a ajouté Rogers. Pour sa part, Apple a allégué qu’Epic a de grandes ambitions et qu’il veut inciter les gens à voir Apple différemment.

Les avocats du fabricant d’iPhone ont en effet allégué que Tim Sweeney, PDG d’Epic Games, tente de mener une révolte de développeurs qui coupe au cœur du modèle économique d'Apple. « Sweeney essaie d'être le joueur de flûte des autres développeurs », a déclaré Ted Boutrous, un des avocats d’Apple. Il a ajouté qu'Epic veut que les autres aussi « trichent, violent leur accord et introduisent en douce des logiciels pour contourner l'examen de l'application ». « Une conclusion en faveur d'Epic serait un feu vert pour d'autres entreprises et ce serait très dangereux », a-t-il soutenu.

L'affaire entre Epic et Apple est considérée comme un procès qui pourrait faire date, un procès qui teste les frontières du droit antitrust, a déclaré la juge Rogers. Elle n'a pas donné de délai pour une décision sur l'injonction. Elle a également déclaré qu'étant donné son calendrier, l'affaire ne devrait pas être jugée avant juillet 2021. Enfin, elle a déclaré qu’elle préférerait que l'affaire soit jugée devant un jury. « Je sais que je ne suis qu'un tremplin pour vous tous », a-t-elle déclaré lundi.

Source : Reuters

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Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 22/08/2020 à 12:03
Apple indique à la Cour qu'Epic met en danger tout le modèle économique de l'App Store,
avec sa demande d'injonction dans laquelle l'éditeur sollicite le retour de Fortnite sur la vitrine iOS

Apple a répondu au procès antitrust que veut engager Epic Games concernant ses politiques iOS App Store. Dans l’attente du procès, Epic Games a fait une demande d’injonction le 17 août dans laquelle l’éditeur demande au tribunal d’exiger qu’Apple rétablisse son jeu Fortnite sur l’App Store. Mais Apple ne l’entend pas de cette oreille ; l’entreprise veut faire annuler la demande d’injonction et demande au tribunal de ne pas exiger qu’il annule temporairement le bannissement de l’application de l’App Store pendant que la poursuite est en cours. Apple accuse Epic de créer de manière malhonnête une « urgence » en acceptant des paiements directs via Fortnite en violation des règles d'Apple.

Voici les arguments d’Apple :

« Pendant des années, Epic a profité de tout ce que l'App Store d'Apple a à offrir. Il a profité des outils, de la technologie, des logiciels, des opportunités de marketing et de la portée mondiale des clients fournis par Apple pour pouvoir apporter sa créativité à iOS et à des jeux comme Infinity Blade et Fortnite sur l'App Store. Il a apprécié les énormes ressources qu'Apple déverse dans l'App Store pour innover constamment afin de créer de nouvelles opportunités pour les développeurs et les expériences pour les clients, ainsi que pour examiner et approuver chaque application, en gardant l'App Store sûr et sécurisé pour les clients et les développeurs. Au fil du temps, en partie grâce aux opportunités offertes par Apple, Epic est devenue une entreprise de plusieurs milliards de dollars avec de grands investisseurs comme le géant chinois de la technologie Tencent, injectant des centaines de millions de dollars dans l'entreprise. Désormais, ayant décidé qu'il préférerait profiter des avantages de l'App Store sans les payer, Epic a rompu ses contrats avec Apple, en utilisant ses propres clients et les utilisateurs d'Apple comme levier.

« Dans le sillage de ses propres actions volontaires, Epic recherche désormais une aide d'urgence. Mais ‘l’urgence’ est entièrement du fait d’Epic. Les accords d'Epic avec Apple stipulent expressément que si un développeur d'application enfreint les règles de l'App Store ou la licence des outils de développement - qui s'appliquent tous deux et sont appliqués de la même manière à tous les développeurs, petits et grands - Apple cessera de travailler avec ce développeur. Les développeurs qui travaillent à tromper Apple, comme Epic l'a fait ici, sont bannis. Ainsi, lorsque Epic a délibérément et sciemment violé ses accords en installant secrètement un ‘correctif’ dans son application pour contourner le système de paiement d'Apple et le processus d'examen des applications, il savait parfaitement ce qui se passerait et, ce faisant, a sciemment et délibérément créé le préjudice pour joueurs et développeurs, il demande maintenant à la Cour d'intervenir et d'y remédier. Le redressement dans ces circonstances n'est pas disponible en vertu de la loi. Et l'injonction recherchée par Epic menacerait pour tout le monde les avantages dont Epic, les développeurs et les clients de l'App Store bénéficient depuis longtemps.

« Premièrement, les TRO (Temporary Restraining Order) existent pour réparer des dommages irréparables, des blessures auto-infligées difficilement réparables, en particulier en vertu de la norme rigoureuse du neuvième circuit pour une injonction obligatoire. Ici, Epic a exécuté une campagne aux multiples facettes soigneusement orchestrée, avec une vidéo parodique, de la marchandise, un hashtag, des tweets belligérants et maintenant un TRO pré-emballé. Tous les dommages qu'Epic prétend subir lui-même, mais également les dommages sur les joueurs et les développeurs, auraient pu être évités si Epic avait déposé sa plainte sans violer ses accords. Tous ces dommages présumés pour lesquels Epic sollicite indûment une aide d'urgence pourraient disparaître demain si Epic ne répétait pas sa violation. Apple a offert à Epic l'opportunité de corriger la situation, de revenir au statu quo avant qu'Epic n'installe son ‘correctif’ qui a conduit à un véritable désordre, et d'être accueilli de nouveau dans l'App Store. Tout cela peut se produire sans aucune intervention de la Cour ni dépense de ressources judiciaires. Et Epic serait libre de poursuivre son procès principal. Mais Epic ne veut pas remédier au préjudice qui, selon lui, nécessite une réparation immédiate, car il a un objectif différent en tête : il souhaite que la Cour lui permette de profiter de l'innovation, de la propriété intellectuelle et de la confiance des utilisateurs d'Apple.


« Deuxièmement, Epic n'a pas et ne peut pas montrer qu'il est susceptible de réussir sur le fond de ses nouvelles allégations antitrust. L'App Store a augmenté de façon exponentielle la production, réduit les prix et considérablement amélioré le choix des consommateurs. Comme le Neuvième Circuit l'a déclaré la semaine dernière, les nouvelles pratiques commerciales - en particulier sur les marchés technologiques - ne devraient pas être « présumées de manière concluante comme déraisonnables et donc illégales sans une enquête approfondie sur le préjudice précis qu'elles ont causé ou l'excuse commerciale de leur utilisation. Epic, cependant, n'entreprend aucune ‘enquête approfondie’ dans sa requête. Par exemple, il ne parvient à enrôler aucun économiste pour soutenir ses définitions artificielles du marché et ses théories ‘liées’. Il ignore commodément que Fortnite peut être joué sur de nombreuses plateformes avec ou sans le soutien d'Apple, même si Epic vante ce fait dans sa publicité et ses communications aux utilisateurs en disant notamment que "Ce n'est pas parce que vous ne pouvez pas jouer sur iOS qu'il n'y a pas d'autres endroits géniaux pour jouer à Fortnite". Et il ne parvient pas à faire face au fait que sa logique ferait des monopoles de Microsoft, Sony et Nintendo, pour n'en nommer que quelques-uns. Le manque de soutien factuel, économique et juridique n'est pas surprenant, car les théories antitrust d'Epic, à l'instar de sa campagne orchestrée, sont un vernis transparent pour ses efforts pour récupérer les avantages de l'App Store sans payer ni se conformer aux exigences importantes qui sont essentielles pour protéger la sûreté, la sécurité et la confidentialité des utilisateurs.

« Troisièmement, l’intérêt public et la balance des difficultés ne pèsent pas et ne pouvaient pas jouer en faveur de la décision d’Epic de rompre son contrat parce qu’elle ne voulait plus respecter les règles de longue date d’Apple. Les injonctions n'existent pas pour donner aux parties les contrats qu'elles souhaiteraient avoir. Et une injonction déclencherait un flot de demandes supplémentaires de secours ‘d'urgence’ et menacerait l'ensemble de l'écosystème de l'App Store, car les développeurs voient qu'ils peuvent violer leurs accords, mettre en danger la sécurité de l'App Store et contourner les paiements à Apple, le tout sans conséquence. Le public n'en bénéficierait pas, et les utilisateurs d'Apple seraient les victimes ultimes en perdant la confidentialité, la sécurité et l'expérience de qualité de l'App Store ».


Les courriels entre Epic et Apple qui ont mené à la suppression de Fortnite sur l’App Store

Dans le dernier dépôt légal, Apple a révélé un e-mail envoyé par le PDG d'Epic Games, Tim Sweeney, à 2 heures du matin (heure du Pacifique) le 13 août 2020, au PDG d'Apple, Tim Cook et à plusieurs autres dirigeants d'Apple. Sweeney dans l'e-mail a présenté le plan d'Epic pour ne plus procéder au paiement des pourcentages des ventes dans Fortnite sur iPhone et iPad à Apple.

« Je vous écris pour vous dire qu'Epic ne respectera plus les restrictions de traitement des paiements d'Apple », a indiqué Sweeney. « Aujourd'hui, Epic lance les paiements directs Epic dans 'Fortnite' sur iOS, offrant aux clients le choix de payer dans l'application via des paiements directs Epic ou via des paiements Apple, et répercutant les économies des paiements directs Epic aux clients sous la forme de prix », a-t-il continué.

Apple a refusé. « L'App Store n'est pas simplement une place de marché - il fait partie d'un ensemble plus large d'outils, de technologies et de services qu'Apple met à la disposition des développeurs », a écrit à la mi-juillet, l'avocat général associé d'Apple, Douglas Vetter. « Nous ne pouvons pas être sûrs qu'Epic ou tout autre développeur respecterait les mêmes normes rigoureuses de confidentialité, de sécurité et de contenu qu'Apple. En effet, étant donné qu'Apple traite tous les développeurs selon les mêmes termes, Epic demande essentiellement à Apple d'externaliser la sûreté et la sécurité des utilisateurs d'Apple à des centaines de milliers de développeurs iOS ».

Ce n'était pas le premier e-mail de Sweeney aux dirigeants d'Apple concernant le traitement de Fortnite par l'App Store. Les archives judiciaires montrent que le 30 juin, Sweeney a demandé à Apple d'autoriser une « application Epic Games Store concurrente » à être disponible sur l'App Store afin que « les consommateurs aient la possibilité de payer moins pour les produits numériques et les développeurs de gagner plus grâce à leurs ventes ».

Apple a refusé, ce qui a conduit Epic à contourner l'App Store d'Apple un mois et demi plus tard. Sweeney a déclaré qu'il savait que cela violerait l'accord de l'App Store avec Epic Games, selon la lettre, mais a continué malgré tout en raison de « la ferme conviction que l'histoire et la loi sont de notre côté ».

Suite à la mise à jour de Fortnite qui incluait la possibilité de payer directement Epic, Apple a retiré le jeu du magasin et annulé le contrat de développeur d'Epic. Au lieu d'acheter de l'argent virtuel dans le jeu («V-bucks») via Apple ou Google, les joueurs pouvaient l'acheter directement auprès d'Epic - à un prix réduit, bien entendu.

Parallèlement au procès Fortnite, Apple fait l'objet d'un examen antitrust au Congrès. Le PDG Tim Cook a témoigné lors d'une audience du comité judiciaire de la Chambre le mois dernier, et les questions portaient largement sur les politiques de l'App Store d'Apple. La Cour suprême a également rejeté la demande d'Apple de rejeter un autre procès l'année dernière, affirmant que les développeurs pouvaient intenter une action en justice pour des raisons antitrust.

Apple fait valoir que ses pratiques sur l'App Store - y compris le système d'achat intégré à l'application - ne sont pas différentes de celles des plateformes de console telles que la PlayStation de Sony ou la Xbox de Microsoft. « Apple a besoin d'un moyen de s'assurer qu'il est réellement payé. [L'achat in-app] est le mécanisme fondamental par lequel Apple, comme de nombreuses autres plateformes de transaction, met en œuvre son modèle économique et récupère son investissement substantiel dans la plateforme », lit-on dans la plainte.

Source : demande d'Apple de non-recevoir de l'injonction, courriels entre Epic et Apple qui débutent le 30 juin 2020

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Avatar de Patrick Ruiz
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 25/09/2020 à 8:26
Epic, Spotify et Tinder forment une coalition pour défendre la liberté de choix et la concurrence loyale sur l’App Store
Et l’écosystème des applications en général

Le pouvoir exact que les propriétaires de magasins d'applications devraient avoir sur les développeurs est une question controversée ces derniers temps. Le cas de la bataille juridique entre Apple et Epic Games en est une illustration. À la réalité la liste de tels affrontements est plus longue. Désormais, tous les développeurs d’applications qui ont fait face à Apple dans les derniers mois coalisent. À date, ils sont une dizaine réunis dans le cadre d’une organisation à but non lucratif dont le but est de défendre la liberté de choix et la concurrence loyale sur l’App Store et l’écosystème des applications en général.

À côté d’Epic Games qui a fait interdire son jeu à succès Fortnite sur l'App Store pour avoir mis en place son propre système de paiement intégré à l'application, on retrouve : Spotify qui a déposé une plainte antitrust contre Apple dans l'UE ; ProtonMail dont le PDG a déclaré qu'Apple tenait les développeurs en otage avec les 30 % de frais ; Basecamp qui a qualifié les politiques d'Apple d'exploitation après que des mises à jour de son application de messagerie Hey ont fait l’objet de blocage pour avoir utilisé la même technique de facturation que Netflix.


Les griefs contre Apple

« Apple utilise son contrôle du système d'exploitation iOS pour s'attribuer des faveurs en contrôlant les produits et les fonctionnalités qui sont à la disposition des consommateurs. Apple exige des fabricants d'équipements qu'ils limitent les options, oblige les développeurs à vendre par l'intermédiaire de son App Store et va même jusqu'à voler les idées des concurrents », indique la coalition à propos du positionnement de monopole d’Apple.

« Pour la plupart des achats effectués dans son App Store, Apple prélève 30 % du prix d'achat. Aucun autre frais de transaction - quel que soit le secteur d'activité - ne s'en approche.

Cette taxe sur les applications réduit considérablement le pouvoir d'achat des consommateurs et étouffe les revenus des développeurs. C'est particulièrement injuste lorsque cette taxe est imposée à des applications qui sont en concurrence directe avec des applications similaires vendues par Apple. Cela place les entreprises dans une position concurrentielle nettement désavantageuse et fait donc augmenter les prix pour les consommateurs.

Les développeurs constatent qu'une taxe de 15 à 30 % sur l'App Store d'Apple représente une part énorme de leurs revenus et ne peuvent souvent s'y opposer. Ils font valoir que lorsqu'ils sont en concurrence avec l'une des applications d'Applela situation devient encore plus difficile.

Apple a introduit pour la première fois la redevance de 30 % sur les applications en 2011, ce qui a obligé de nombreuses applications à cesser complètement leurs activités. Treehouse, une plateforme de formation en ligne, a développé une application basée sur la lecture, iFlow Reader, qui a été l'une des nombreuses victimes de la nouvelle taxe imposée. "Apple vient de larguer une bombe nucléaire sur nous tous", a déclaré publiquement Treehouse, précisant que les "nouvelles règles draconiennes" avaient rendu "impossible pour quiconque, sauf Apple, de vendre des livres à profit sur iOS".

Le cofondateur d'Apple, Steve Jobs, dans un courriel interne, a montré peu de sympathie pour le petit développeur. Il l'a dit à d'autres dirigeants d'Apple : "Nous n'avions pas de politique et maintenant nous en avons une et il y aura des morts sur la route à cause de cela. Je ne me sens pas coupable".

Les développeurs et les créateurs veulent qu'Apple ouvre sa plateforme App Store afin que toute entreprise puisse construire des logiciels à ses propres conditions et les diffuser librement. Les utilisateurs devraient également avoir la possibilité d'installer des logiciels, gratuitement, de n'importe où, afin que les règles du jeu soient les mêmes pour tous et qu'il y ait une véritable concurrence dans le domaine du développement et de la distribution de logiciels.

Un marché équitable et équilibré signifierait que chaque fournisseur de logiciel et chaque fournisseur de composants peuvent se faire concurrence sur iOS sans être contraints par des conditions et des limitations qui ont été élaborées par la société qui vient de programmer le système d'exploitation de l'appareil d'un utilisateur. Tout comme chaque partie de l'économie du web est ouverte à la concurrence, chaque partie de l'économie des applications doit être ouverte à la concurrence », indique la coalition pour ce qui est des frais en vigueur sur l’App Store.


« À l'aube de la révolution des ordinateurs personnels, les logiciels étaient quelque chose que l'on achetait dans un magasin, et tant que le système d'exploitation correspondait, ils fonctionnaient sur n'importe quel ordinateur.

C'est pourquoi aujourd'hui, les logiciels pour ordinateurs personnels sont largement disponibles sur le web pour chaque système d'exploitation. L'idée qu'un consommateur ne puisse utiliser que des logiciels vendus par le même fabricant que son ordinateur portable semble ridicule. Sauf que c'est exactement la règle qu'Apple a imposée aux appareils personnels dans des milliards de poches.

Les applications iPhone ne sont disponibles que via l'App Store d'Apple. Si les consommateurs veulent qu'une application fonctionne sur leur appareil mobile, le développeur de l'application doit suivre les règles, les taxes et les exigences d'Apple. Mais si les consommateurs veulent utiliser cette même application depuis leur ordinateur, les règles, les taxes et les exigences ne s'appliquent pas. C'est un château de cartes.

Voici un exemple de la façon dont ce problème se manifeste : Epic produit l'un des jeux vidéo les plus populaires de tous les temps, Fortnite. Si un joueur de Fortnite achetait une mise à jour sur l'App Store, il pourrait se voir facturer 9,99 $. Cependant, cette même mise à jour ne coûte que 7,99 $ lorsqu'elle est achetée directement par l'intermédiaire d'Epic.

Alors pourquoi est-il plus cher pour les joueurs d'acheter une mise à jour de Fortnite sur l'App Store ? Une raison : la taxe sur les applications. Lorsqu'un consommateur paie une mise à niveau Fortnite via son appareil mobile, Apple perçoit sa taxe arbitraire sur l'application. En revanche, lorsque le service est payé directement par Epic, ce dernier peut répercuter les économies réalisées sur les clients - mais voici le hic : Apple indique expressément aux développeurs qu'ils ne sont pas autorisés à informer leurs clients sur les options moins coûteuses, sous peine d'être bannis de l'App Store.

Pensez à cela un peu différemment : une boîte de Cheerios coûte environ 3 $ chez Kroger, mais il arrive que Cheerios offre un coupon qui ramène le prix à 2,50 $ dans tous les magasins qui proposent des Cheerios. Ce que fait Apple, c'est un peu comme si Kroger disait aux Cheerios qu'elles n'ont pas le droit d'offrir des coupons, et que si elles le font, les Cheerios risquent d'être expulsées de l'allée des céréales. Les consommateurs ne toléreraient pas ce type de comportement monopolistique sur leurs céréales, alors pourquoi devraient-ils l'autoriser pour les applications utilisées sur leurs appareils mobiles ?

Qu'il s'agisse de leur ordinateur personnel ou de leur appareil mobile, les consommateurs méritent et doivent s'attendre à un choix illimité en ce qui concerne le lieu, le moment et la manière dont ils achètent les applications ou les logiciels », ajoute la coalition pour ce qui est de la limitation des libertés des utilisateurs.

La vision de la coalition

Les plateformes en ligne les plus populaires au monde et les app stores qui en régissent l'accès sont devenus une passerelle essentielle pour les consommateurs de produits et services numériques du monde entier. Si elles peuvent être bénéfiques lorsqu'elles sont exploitées de manière équitable, elles peuvent également être utilisées par les propriétaires de plateformes pour nuire aux développeurs et aux consommateurs. Alors que les responsables de l'application des lois, les régulateurs et les législateurs du monde entier cherchent à résoudre ces questions importantes, nous les invitons à reconnaître que chaque développeur d'applications, quelle que soit sa taille ou la nature de son activité, a droit à un traitement équitable de la part de ces app stores et des propriétaires de plateformes qui les exploitent, et devrait se voir accorder les droits suivants :

#1 Aucun développeur ne devrait être tenu d'utiliser exclusivement un app store ni de recourir aux services auxiliaires du propriétaire de l'app store y compris les systèmes de paiement ou d'accepter d'autres obligations supplémentaires pour avoir accès à l'App Store.

#2 Aucun développeur ne doit être banni de la plateforme ou faire l'objet d'une discrimination fondée sur le modèle commercial d'un développeur, la manière dont il fournit le contenu et les services, ou s'il est en concurrence d'une quelconque manière avec le propriétaire de l'App Store.

#3 Chaque développeur devrait disposer en temps utile des mêmes interfaces d'interopérabilité et informations techniques que le propriétaire de l'App Store met à la disposition de ses propres développeurs.

#4 Chaque développeur devrait toujours avoir accès aux magasins d'applications tant que son application répond à des normes équitables, objectives et non discriminatoires en matière de sécurité, de confidentialité, de qualité, de contenu et de sécurité numérique.

#5 Les données d'un développeur ne doivent pas être utilisées pour le concurrencer.

#6 Tout développeur devrait toujours avoir le droit de communiquer directement avec ses utilisateurs par le biais de son application à des fins commerciales légitimes.

#7 Aucun propriétaire d'App Store ne doit s'engager dans la publicité de ses propres applications ou services, ou interférer avec le choix des préférences ou des défauts des utilisateurs.

#8 Aucun développeur ne devrait être tenu de payer des frais ou des parts de revenus injustes, déraisonnables ou discriminatoires, ni de vendre au sein de son application ce qu'il ne souhaite pas vendre, comme condition d'accès à l'App Store.

#9 Aucun propriétaire d'App Store ne doit interdire à des tiers de proposer des boutiques 'applications concurrentes sur sa plateforme, ni décourager les développeurs ou les consommateurs de les utiliser.

#10 Tous les App Stores seront transparents en ce qui concerne leurs règles et politiques et leurs possibilités de promotion et de commercialisation, les appliqueront de manière cohérente et objective, notifieront les changements et mettront à disposition une procédure rapide, simple et équitable pour résoudre les litiges.

Source : Coalition for App fairness

Et vous ?

Que pensez-vous de cette initiative ? L’industrie du développement informatique en avait-elle besoin ?
Quel commentaire faites-vous des dix exigences formulées par la coalition ? Quelles sont celles qui ne vous paraissent pas équitables pour chacune des parties (propriétaires de boutiques d’applications et développeurs) ?

Voir aussi :

Face au Congrès américain, Jeff Bezos déclare qu'il ne peut pas garantir que les employés d'Amazon n'ont pas accès aux données des vendeurs tiers pour favoriser les produits de son entreprise
Fortnite aurait fait exploser les bénéfices d'Epic Game en 2018 jusqu'à 3 milliards de dollars grâce notamment à la vente de contenus additionnels
Après un bras de fer qui aura duré près de deux ans, Epic abandonne le combat et publie Fortnite sur PlayStore, regrettant que Google rende extrêmement mince la possibilité d'éviter le Play Store
Google assure que Fortnite ne bénéficiera d'aucun traitement de faveur sur le Play Store s'il veut revenir et que sa taxe de 30 % est valable pour tous, Epic dénonce un abus de position dominante
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Avatar de intelligide
Membre habitué https://www.developpez.com
Le 22/08/2020 à 19:22
Citation Envoyé par Kannagi Voir le message
Pour cela que dans cette affaire les arguments de la part d'Epic ,c'est un peu "l’hôpital qui se moque de la charité" , leur moteur de jeux , il prélève de l'argent par chaque unité vendu , et fornite utilise pleins de biais cognitif (qui touche pas mal de gosse) pour mettre la main à la poche.
Concernant Unreal Engine, il est gratuit. Tu dois reverser 5% de royalties que si ton jeu fait plus 1 millions de recettes. Et si tu utilises l 'Epic Games Store, tu n'as pas besoin de payer les royalties.
C'est totalement différent d'un plateforme de distribution qui prend 30% et qui est moins complexe a faire qu'un moteur de jeu AAA.
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Avatar de intelligide
Membre habitué https://www.developpez.com
Le 22/08/2020 à 20:21
Citation Envoyé par Kannagi Voir le message
Oui c'est gratuit quand on va dans leur plateforme , et on reproche à Apple de vouloir faire du monopole ?
Ça, c'est pas du monopole. Le monopole, c'est quand tu n'as qu'une seul et unique façon de faire. Sur les PC, il y a steam, gog, gamejolt, itchio ou les installateurs directs. Epic n'est en aucun cas en monopole (et n'essaye pas de l’être).

Citation Envoyé par Kannagi Voir le message
Si on regarde que ça oui , mais cette plateforme ,elle tourne sur où ?
Sur un OS fait maison avec un ARM fait maison , en terme de complexité je t'assure que Apple gagne haut la main

Donc Apple demande 30% qui lui permet de financer la création d'OS, d'application et de R&D sur les processeurs.
Epic demande un% sur les jeux , gagne de l'argent en F2P avec Fornite qui leur permet de financer leur jeux, leur moteur et du R&D.
Alors non. Les 30% d'Apple ne servent pas financer la création d'OS, d'application et de R&D sur les processeurs. Pour financer ça, c'est dans la marge des telephones.
Sinon, les constructeurs de telephones android ne pourraient pas pas financer leurs produits (vu que ce n'est pas eux qui prennent les 30% de Google).

Les 30% d'Apple servent a financer l'AppStore. De plus, Apple aurait touche 15 milliards de dollars grace a l'AppStore. Cela conviendrait a payer TOUS les employés d'Apple minimum 100k$/année. (Ce qui est loin d’être le cas dans la réalité). Imaginons le cas ou Apple aurait 10000 employes sur l'AppStore (ce qui est enorme) payes 100k$/année. Apple aurait donc 1 milliard en main d’œuvre par an. Et je doute que les serveurs coutent 14 milliards.

A quoi servent donc l'argent, ces fameux 30% ? La réponse est ici.
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Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 17/09/2020 à 7:32
Apple affirme que Fortnite était en perte de vitesse sur iOS, l'intérêt de Fortnite ayant diminué de 70 % sur un an.
Cette bataille juridique serait plutôt un coup médiatique

Apple a répondu aux demandes d'Epic visant à ce que le fabricant d'iPhone rétablisse Fortnite sur l'App Store dans de nouveaux dépôts juridiques, affirmant que les blessures de l'entreprise sont « entièrement auto-infligées » et que Fortnite peut revenir sur iOS à tout moment, à condition qu’Epic supprime le système de paiement intégré à l'application qui a déclenché la suppression du jeu en premier lieu.

Apple n’utilise pas de nouveaux arguments. Depuis que l’éditeur a supprimé Fortnite de l'App Store en août, le fabricant d'iPhone a clairement indiqué qu'il serait heureux de revenir au statu quo. Mais ces dépôts offrent plus de détails sur les arguments juridiques sur lesquels Apple s'appuiera dans sa réponse à la demande d'Epic d'une injonction préliminaire et de la restauration de Fortnite aux utilisateurs d'iOS. Une audience complète du tribunal pour trancher cette question est prévue pour le 28 septembre.

Tout au long du dépôt, Apple réitère son argument principal : que la société fournit un service précieux en maintenant l'App Store, et qu'en contournant les règles de l’App Store, Epic a rompu son contrat avec Apple et l'entreprise est libre de lui refuser l’accès à ses services. Mais Apple ajoute également de nouveaux détails. Apple suggère, par exemple, qu'Epic a entamé cette bataille juridique en partie pour attirer l'attention sur une franchise en déclin.

« Pour des raisons n'ayant rien à voir avec les allégations d'Epic contre Apple, la popularité de Fortnite est en déclin. En juillet 2020, l'intérêt pour Fortnite avait diminué de près de 70 % par rapport à octobre 2019. Ce procès (et les gros titres qu'il a générés) semble faire partie d'une campagne de marketing conçue pour redynamiser l'intérêt pour Fortnite. »

Ailleurs, Apple note qu'iOS ne représente pas une grande partie des revenus de Fortnite. Il cite des révélations d'Epic selon lesquelles seulement 10% des consommateurs de Fortnite jouent régulièrement sur l'iPhone, et affirme qu'Epic a déclaré qu'Apple était le « plus petit morceau du gâteau» en matière de revenus. Encore une fois, cela implique qu'Epic ne subit pas de « préjudice irréparable » (comme la société l'a affirmé dans ses propres documents), mais fait tout un plat pour d'autres raisons personnelles.

Parallèlement à cet argument, Apple maintient que l'affirmation d'Epic selon laquelle il a subi un « préjudice à la réputation » en raison de la suppression de Fortnite de l'App Store est également trompeuse. Le fabricant d'iPhone affirme que le « Blitzkrieg média préplanifié » d'Epic montre qu'il s'agit en fait d'une attention accueillante créée par cette affaire (le Blitzkrieg - « guerre éclair » - est une tactique à visée opérationnelle militaire offensive visant à emporter une victoire décisive par l'engagement localisé et limité dans le temps d'un puissant ensemble de forces motorisées, terrestres et aériennes dans l'optique de frapper en profondeur la capacité militaire, économique ou politique) :

« Si Epic craignait vraiment de subir une atteinte à sa réputation en raison de ce différend, elle ne s'engagerait pas dans ces efforts élaborés pour en faire la publicité. De toutes les apparences (y compris la campagne #freefortnite), Epic pense que sa conduite ici engendrera de la bonne volonté, renforcera sa réputation et conduira les utilisateurs à Fortnite, et non l'inverse. Ce n’est pas un mal. »


Les arguments d'Apple pour justifier que la Cour ne devrait pas accéder à la demande d'Epic de l'obliger à restaurer Fortnite sur l'App Store

L’éditeur fait valoir que :

« Depuis que Fortnite a fait ses débuts sur l'iPhone en 2018, Apple a fourni à Epic une gamme exceptionnelle d'avantages. Apple a concédé une licence à Epic pour sa suite complète d'outils de développement, qu'Epic a utilisée pour effectuer plus de 200 modifications revues par Apple; à la demande d'Epic, Apple a proposé plus de 140 mises à jour uniques aux utilisateurs finaux et a apporté des modifications systémiques pour améliorer le jeu dans Fortnite. Apple a fourni un énorme soutien marketing en faisant la promotion de Fortnite dans l'App Store, en présentant Fortnite lors d'événements principaux, en envoyant plus de 500 millions de communications marketing sur Fortnite aux utilisateurs finaux et en plaçant même des panneaux d'affichage Fortnite à Times Square aux frais d'Apple. Peut-être plus important encore, Apple a donné à Epic l'accès à son milliard de clients iPhone et a facilité les transactions avec eux à l'aide de l'App Store sûr et sécurisé. Plus de 130 millions de personnes ont téléchargé Fortnite sur l'iPhone, rapportant à Epic plus de 550 millions de dollars grâce à iOS uniquement. Pour tout cela, Epic a payé à Apple seulement 99 $ par an pour une licence de développeur, plus une commission de 30 % sur les achats numériques par les utilisateurs finaux.

« Epic veut maintenant jouer selon des règles différentes - il veut continuer à profiter de ces avantages étendus et coûteux de l'écosystème d'Apple, y compris un accès continu aux clients iPhone d'Apple - gratuitement. Pour éviter de payer Apple, Epic a introduit en contrebande dans Fortnite un ‘correctif’ qui contournait la fonctionnalité de paiement de l'App Store, en violation délibérée de ses promesses contractuelles qui interdisent de tromper le système. Simultanément, le PDG d'Epic, Tim Sweeney, a déclaré la guerre à Apple ‘sur une multitude de fronts: créatif, technique, commercial et juridique’. Apple a raisonnablement répondu en exerçant son droit absolu de supprimer Fortnite de l'App Store et en mettant fin aux privilèges de développeur d'Epic et de ses affiliés, à moins et jusqu'à ce qu'Epic revienne en conformité avec les politiques d'Apple. Epic refuse de le faire et demande à la place à la Cour de rendre une ordonnance extraordinaire portant sur les accords des parties afin qu’Epic puisse utiliser les services d’Apple sans payer de commissions.

« La requête d'Epic devrait être rejetée, car elle n'a pas réussi à répondre à l'un des quatre facteurs traditionnels d'équité nécessaires pour justifier une injonction préliminaire :


« Apple n'est pas en situation de monopole et Epic ne réussira probablement pas sur le fond de son argument selon lequel le modèle commercial intégré de l'iPhone viole les lois antitrust. En effet, aucun tribunal n’a jamais accepté une réclamation comme celle-ci, et la pure nouveauté de la position d’Epic empêche une injonction préliminaire. L'App Store connecte les développeurs d'applications aux utilisateurs d'iPhone pour des transactions commerciales. Apple facture aux développeurs, en plus de frais annuels nominaux, une commission sur les applications payantes et les achats numériques intégrés aux applications par les utilisateurs finaux. Cette approche et cette structure de commission, qui sont courantes dans l'industrie, fournissent à Apple un retour financier sur ses investissements importants dans la création, la sauvegarde et la maintenance de l'écosystème iPhone - qui a alimenté une augmentation exponentielle de la production d'appareils mobiles et d'applications, qui a considérablement bénéficié aux utilisateurs et développeurs, apportant un choix considérablement accru des consommateurs. En termes simples, le modèle économique de l'iPhone est résolument concurrentiel. En conséquence, les théories d’Epic sur le ‘maintien du monopole’ échoueront sur le fond.

« Epic ne peut pas non plus démontrer de préjudice irréparable, ce qui est une raison suffisante pour rejeter sa requête en injonction préliminaire. Epic a allumé un incendie et a versé de l'essence dessus, et demande maintenant à la Cour une aide d'urgence pour l'éteindre, même si Epic peut le faire elle-même en un instant en adhérant simplement aux conditions contractuelles qui ont régi avec profit sa relation avec Apple depuis des années. Cette Cour avait raison lorsqu'elle avait précédemment jugé que ‘les blessures auto-infligées ne sont pas des blessures irréparables’. Epic a créé la situation actuelle en déclenchant son ‘correctif’, sachant qu'Apple invoquerait ses droits contractuels pour protéger les clients iPhone. Apple est légalement et équitablement en droit de rompre les liens avec un parti qui persiste à enfreindre les règles et les affiliés de ce parti; en conséquence, Apple a supprimé Fortnite de l'App Store et expulsé Epic du programme pour développeurs. Apple a adopté cette approche des milliers de fois avec d'autres développeurs et leurs affiliés. Il n'y a aucune raison pour que cette Cour accorde une réparation extraordinaire lorsque Epic lui-même peut éviter tout autre préjudice - à lui-même, aux joueurs de Fortnite ou à des tiers - en appuyant sur une touche, et "maintenir ses accords avec Apple ... pendant que ce litige se poursuit."

« L'équilibre des difficultés favorise Apple. Le ‘correctif’ d’Epic n’était pas simplement une rupture de contrat ouverte, mais un abus de confiance fondamental. Apple promet à ses clients que l'App Store sera un endroit sûr et digne de confiance pour que les clients découvrent et téléchargent des applications. En insérant des fonctionnalités secrètes et non examinées dans une application, Epic menace la relation entre les clients Apple et iPhone. Permettre à Epic de continuer à offrir Fortnite et Unreal Engine sans se conformer aux exigences d'Apple mettrait en danger la confidentialité et la sécurité des clients iPhone, ainsi que la stabilité et l'intégrité de l'écosystème iPhone.

« Enfin, l'intérêt public justifie le refus d'une injonction parce qu'Epic est responsable de nuire à la communauté même qu'elle prétend protéger. Si Epic était vraiment préoccupé par la préservation de l'accès des utilisateurs d'iPhone à Fortnite ou de l'accès des développeurs à Unreal Engine, il désactiverait le ‘correctif’ et se conformerait aux politiques d'Apple en attendant la résolution de ses réclamations. Au lieu de cela, Epic tient ses propres clients en otage pour obtenir un effet de levier dans un différend commercial. En revanche, Apple protège un milliard d'utilisateurs d'iPhone menacés par les actions d'Epic (et l'injonction demandée). Cette Cour devrait sanctionner une telle activité non autorisée et dangereuse et ne devrait pas priver Apple de la capacité de protéger ses utilisateurs contre de telles attaques, en particulier étant donné le stade très précoce de ce litige ».

Source : Apple

Et vous ?

Que pensez-vous des arguments avancés par Apple ?
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Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 17/09/2020 à 8:50
Apple demande à la Cour de l'autoriser à bloquer le compte développeur derrière Unreal Engine,
l'éditeur indique qu'il craint qu'Epic puisse s'en servir comme « cheval de Troie »

Alors que la bataille juridique entre Epic Games et Apple se dirige vers une audience le 28 septembre, le fabricant d'iPhone s’oppose à la demande d'Epic d'une injonction préliminaire qui ramènerait Fortnite sur l'App Store iOS. Dans une motion de 37 pages déposée mardi, Apple affirme qu'elle doit conserver la capacité de punir « l'un des actes de sabotage les plus flagrants qu'Apple ait connus avec n'importe quel développeur ».

« Epic a allumé un incendie et a versé de l'essence dessus, et demande maintenant à la Cour une aide d'urgence pour l'éteindre, même si Epic peut le faire lui-même en un instant en adhérant simplement aux conditions contractuelles qui ont régi avec profit sa relation avec Apple pendant des années », indique Apple qui précise « Epic est un saboteur, pas un martyr ».

Le raisonnement d'Apple pour garder Fortnite hors de l'App Store sans modifications repose en grande partie sur des arguments autour de la protection de la sécurité de l'iPhone. Lorsque Apple a créé l'App Store iOS pour la première fois, indique l’éditeur, « plutôt que de recréer Internet, Apple a choisi de créer un endroit sûr et fiable pour que ses clients iPhone découvrent et téléchargent des applications, convaincus qu'elles fonctionneront de manière transparente et sécurisée ».

Selon Apple, Epic a sapé cette approche sécurisée en violant les termes contractuels de son accord de développement et en insérant sa propre option de paiements directs dans la version iOS de Fortnite via un «correctif», qu'Apple n'a pas pu examiner avant sa mise en ligne. Pour cette raison, Apple déclare qu'il n'a pas été en mesure de garantir qu'Epic « n'avait pas apporté de modifications au système de paiement ou contourné les fonctions de sécurité de l'iPhone ou les protections de la vie privée », comme il le fait habituellement.

« Apple promet à ses clients que l'App Store sera un endroit sûr et digne de confiance pour que les clients découvrent et téléchargent des applications », écrit la société. « En insérant des fonctionnalités secrètes et non examinées dans une application, Epic menace la relation entre les clients Apple et iPhone ».

Si Epic réussit ici, avertit Apple, rien n'empêchera les autres développeurs de saper également la commission de 30 % des achats intégrés d'Apple. « Epic insiste sur le fait que les autres développeurs ne suivront pas son exemple parce qu'ils craindront des ‘représailles’. Mais personne ne craindra la réponse d'Apple si cette Cour accorde l'injonction qu'Epic demande et déclare que tous les développeurs peuvent faire fi des règles d'Apple sans conséquence tant qu'ils prétendent que les règles d'Apple sont anticoncurrentielles ».


Apple s’attaque toujours à Unreal Engine

Fortnite mis à part, Apple fait également valoir qu'il doit conserver le droit de fermer tous les comptes de développeur iOS d'Epic. Cela inclut les comptes derrière le développement d'Unreal Engine sur iOS, qui sont actuellement protégés par une ordonnance d'interdiction.

En effet, Apple avait menacé de couper l’accès à Epic à tous les outils de développement iOS et Mac, un abonnement nécessaire pour distribuer des applications sur des appareils iOS ou utiliser des outils de développement Apple, si l'entreprise ne « remédie pas à vos violations » de l'accord dans un délai de deux semaines (le délai prenait fin le 28 août). Mais une décision de justice en faveur d’Epic l’en a empêché. Apple s’est donc « contenté » de fermer uniquement le compte développeur Epic Games, laissant le compte Epic International derrière Unreal Engine toujours en activité.

Bien résolu à infliger la « punition » jusqu’au bout, Apple déclare vouloir fermer tous les comptes d'Epic en partie pour empêcher ce qu'il appelle un « jeu shell » d'applications transférées d'un compte développeur à un autre. Apple déclare également voir désormais Unreal Engine d'Epic comme une « menace potentielle » : « comme indiqué, Unreal Engine est l’un des autres secteurs d’activité d’Epic qu’Epic contrôle et propose aux développeurs. Unreal Engine se présente comme un deuxième ‘cheval de Troie’ potentiel qui permettrait à Epic de mettre à exécution ses menaces pour saper l'App Store et insérer d'autres fonctionnalités non autorisées. La suppression de l'accès d'Epic à ces outils de développement réduit ce risque ».

Grâce à Unreal Engine, Apple fait valoir qu'Epic pourrait « insérer des logiciels malveillants ou d'autres fonctionnalités non autorisées telles que des mécanismes de paiement direct alternatifs » dans « les applications non Epic disponibles sur l'App Store et reposant sur Unreal Engine... Il est facile de voir qu’une application malveillante affectant le fonctionnement d’une fraction importante des iPhone dans le monde pourrait considérablement perturber les systèmes de téléphonie locaux ou même mondiaux, ainsi que de larges segments d’Internet lui-même ». Et de préciser que « Ces risques signifient qu'Apple, en tant que gestionnaire de logiciels fonctionnant sur environ un milliard d'appareils dans le monde, a besoin de politiques et de pratiques qui protègent contre de telles attaques potentielles sans entraver inutilement le flux des logiciels d'application vers les téléphones de ses clients. »

Aussi farfelues que puissent être ces affirmations de sabotage mondial d'Internet via le moteur de jeu, le point principal d'Apple est qu'il ne peut plus donner à Epic le bénéfice du doute en ce qui concerne la sécurité de son iPhone et les obligations du contrat de développement iOS. « Apple n'attend pas d'être dupé une seconde fois avant de mettre fin à ses échanges avec une filiale pour les mauvaises actions de ses dirigeants », écrit la société.

Source : Apple
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Avatar de archqt
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 22/08/2020 à 20:35
Citation Envoyé par intelligide Voir le message
Concernant Unreal Engine, il est gratuit. Tu dois reverser 5% de royalties que si ton jeu fait plus 1 millions de recettes. Et si tu utilises l 'Epic Games Store, tu n'as pas besoin de payer les royalties.
Merci , je sais cela
Oui c'est gratuit quand on va dans leur plateforme , et on reproche à Apple de vouloir faire du monopole ?
Certes mais ils ne prennent pas 30% de tes gains et ils te donnent gratos leur moteur de jeux jusque 1 million de recette, et tu n'es pas obligé de passer par eux. C'est pas Apple qui fait ça. Il faut arrêter d'être de mauvaise foi.

Sur un OS fait maison avec un ARM fait maison , en terme de complexité je t'assure que Apple gagne haut la main
Cela n'a rien à voir. Combien tu payes ton iPhone ? tu le payes pour ça

Donc Apple demande 30% qui lui permet de financer la création d'OS, d'application et de R&D sur les processeurs.
OS qui a été pris sur un unixBSD, qui n'est pas "mieux" que linux donc c'est faisable sans avoir besoin de tout cet argent

Epic demande un% sur les jeux , gagne de l'argent en F2P avec Fornite qui leur permet de financer leur jeux, leur moteur et du R&D.
Si y a une différence, payer pour un produit OK. Prendre 30% sur le produit d'un autre c'est du "vol" quand tu ne permets pas un autre mode de distribution.
Si Apple permettait l'installation sur iOS sans passer par eux, là je dirais OK, mais ils bloquent même le jailbreaking donc...
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Avatar de stardeath
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 29/08/2020 à 2:13
Citation Envoyé par goldbergg Voir le message
Il n'y a aucun Monopole, va vérifier la définition de ce qu'est un monopole, va sur des site sérieux qui analyse le marche, tu ne verras pas l'ombre d'un monopole.
"Privilège (de droit ou de fait) dont dispose un individu, une entreprise ou un organisme public de fabriquer ou de vendre seul certains biens ou certains services à l'exclusion de tout concurrent."

bref, sur la plateforme, apple dispose du privilège de vendre seul certains services à l'exclusion de tout concurrent.

après j'aime beaucoup qu'apple prenne 30% sur un store merdique, dont les services sont pas loins du zéro pointé, qui a des applis vérolés autant que la concurrence et qui se permet de plagier sans aucune honte des applis concurrentes pour après exclure ces mêmes applis de sa plateforme sans raison, en interdisant en plus de dévoiler quoi que ce soit.

on est en tout cas pas dans la m**** quand ces mêmes personnes, qui prétendent s'y connaître au marché, viennent te dire que tu n'y connais pas grand chose.
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