Un studio de développement de jeux vidéo français en grève depuis un mois
Les employés d'Eugen Systems dénonce un non respect des lois

Le , par LittleWhite, Responsable 2D/3D/Jeux
Une partie des employés d'Eugen Systems, studio de développement à l'origine de Steel Division - Normandy 44, R.U.S.E., Act of War..., mène une grève qui a débuté le 14 février 2018. Sur 40 employés, 21 ont cessé le travail. Ceux-ci dénoncent un non respect de la loi : salaires minimaux non respectés, heures supplémentaires non payées. Voici le communiqué publié :
Act of Grève

En ce 14 février 2018, nous, 21 employés d’Eugen Systems, avons décidé de nous mettre en grève. En cette date on pourrait être tenté de se dire que nous avons préféré flatter l’être aimé au lieu de nous rendre, comme il se doit, sur notre lieu de travail. Il n’en n’est rien, même si nous sommes animés d’une certaine passion qui elle en revanche est teintée de fureur.

Cela fait maintenant près de quinze mois que nous discutons avec la direction de graves atteintes à nos droits. Comme n’importe qui à notre place, nous sommes partis du principe que le dialogue, les arguments et la raison seraient plus efficaces qu’une confrontation directe. Après tout un employeur devrait être capable de comprendre que la loi est ce qu’elle est, et qu’il est légitime que ses employés exigent qu’elle soit appliquée, y compris à leur avantage. Devant le mur qui nous a été opposé durant les six premiers mois de négociation, nous avons été contraints de faire appel à un avocat pour rappeler la loi à notre employeur. Rappeler que les minima de salaires ne sont pas sujets à négociation et que ni notre qualification, ni notre contrat de travail ni la loi ne le sont davantage. Des demandes qui se situent bien loin de l’inacceptable. Pour toute réponse nous avons eu des promesses, « tout sera réglé » nous disait-on. Naïfs que nous sommes nous y avons cru.

Plus naïfs encore, nous avons continué à y croire encore de nombreux mois, mais au matin de ce 14 février nous nous sommes rendus à une évidence qui désormais n’échappait plus à grand monde : trop c’est trop.

En arrivant au bureau, chacun d’entre nous a pu découvrir plusieurs mails sur sa boîte professionnelle : tout d’abord un mail collectif nous indiquant que nos heures supplémentaires, non rémunérées jusqu’alors, un sujet de contentieux depuis le début, n’auraient été absentes de nos fiches de paie que par la faute de nos deux gestionnaires de paie successifs. En somme, ce que nous présentions comme une atteinte à nos droits nous est maintenant présenté comme une erreur administrative. Ainsi, notre salaire brut a diminué pour pouvoir justifier nos heures supplémentaires sans nous régulariser d’un centime. Alors même que ces nouveaux salaires bruts passent pour plusieurs salariés en-dessous des minima légaux.

Par ailleurs, un certain nombre d’employés se sont vus annoncer dans un autre mail que les conditions spécifiquement mentionnées dans leur contrat de travail, ainsi que dans la convention collective, n’étaient pas reconnues comme légitimes par la direction. Cette dernière justifiant à ce titre de ne pas leur attribuer les grades, salaires et avantages associés. Quelle joie par exemple pour un développeur bac +4 avec plusieurs années d’expérience et un poste d’ingénieur, que d’arriver un matin et de voir qu’il a désormais le statut et le grade de technicien, avec un salaire qui va de pair.

Cette nouvelle fuite en avant de la direction a mis le feu aux poudres : devant le refus de nous payer comme la loi l’exige, et face à l’absence manifeste de considération pour la valeur de notre travail, nous en sommes arrivés à la conclusion que, pour nous faire entendre, nous n’avions plus d’autre option que de nous mettre en grève.

Nous n’avons pas voulu le conflit, et nous étions même prêts à accepter un certain nombre de compromis. Mais face à un tel manque de respect, il ne nous reste plus qu’à faire usage de nos droits les plus fondamentaux qui, à défaut de résoudre la totalité des problèmes auxquels nous sommes confrontés, aura, espérons–le, le mérite d’attirer l’attention des joueurs, de l’opinion publique ou des élus sur la situation catastrophique de l’industrie pour laquelle nous travaillons.

Les employés grévistes d’Eugen Systems, qui s’il est nécessaire de le rappeler ne sont pas des PNJ
Le 15 février, la direction a répondu :
Bonjour,
Comme vous avez pu le lire dans la presse et sur les réseaux sociaux, 21 des 44 salariés d’Eugen Systems sont en grève depuis le 14 février après-midi. Il nous a semblé nécessaire de fournir certains éléments permettant de comprendre la situation.
La semaine de travail chez Eugen Systems est fixée à 38,5 heures. Comme spécifié dans chaque contrat de travail, la rémunération annuelle brute de chaque salarié inclut, d’une part, la rémunération pour 35 heures de travail, ainsi que les éventuelles heures supplémentaires dans la limite d’1,72 heure par semaine. Par ailleurs, en complément, chaque employé dispose d’1 jour de RTT par mois, qu’il peut prendre lorsqu’il le souhaite, même par demi-journée.
Les feuilles de paie, qui sont habituellement envoyées dans les temps aux employés, ont été exceptionnellement envoyées en retard pour la paie de janvier. D’une part en raison de la simplification du bulletin de paie liée aux dernières réformes législatives impliquant des complications pour la préparation des bulletins de paie. D’autre part une mise à jour sur la présentation des bulletins de paie pour mentionner les heures effectives accomplies. A ce titre, chaque salarié a reçu un courrier explicatif.
Les salaires, eux, ont été versés dans les temps à la date habituelle de paie.
Nous tenons à préciser que la société Eugen Systems respecte parfaitement les minimums de salaires pour l’ensemble des employés, et en tout état de cause a réalisé des régularisations lorsque cela était nécessaire.
Nous avons remarqué une erreur de mise à jour sur la fiche de paie de 2 salariés, qui sera bien évidemment corrigée sur la paie de février 2018.
Il n’y a aucune culture du crunch chez Eugen Systems. Il est arrivé une fois, en 2010 lors de la publication de RUSE, que la direction sollicite 3 employés afin de rester travailler une seule journée, un samedi : Cette journée de travail a permis de veiller à la stabilité des serveurs et au bon déroulé du lancement du jeu. Depuis, nous avons publié 5 jeux, et cela ne s’est jamais reproduit.
Enfin, la Direction s’attache à communiquer avec les représentants du personnel au cours des réunions, et des discussions internes sont actuellement en cours concernant la classification de certains employés. Elles se poursuivront jusqu’à ce qu’un accord soit trouvé.
Comme échangé avec les délégués du personnel lors de la réunion du mois de décembre 2017, Eugen Systems organise, à compter de la semaine prochaine, les entretiens annuel et professionnel des collaborateurs, ce qui permettra un temps d’échange avec chacun.
Merci de votre attention,
Eugen Systems
Le 16 février, les grévistes ont publié un nouveau message :
Le communiqué publié hier par Eugen Systems sur tous ses réseaux nous semble être une démonstration publique des raisons nous ayant menés à cette grève.

À l’heure actuelle la direction n’est toujours pas revenue vers nous, et préfère publier un démenti, lequel consiste, encore une fois, à nier certains faits, en ignorer d’autres, prétexter des erreurs et faire de creuses promesses.

Cela ne nous étonne pas, puisque la négation du problème est la réponse systématique de la direction depuis le début de nos tentatives de discussions.

On nous demande, une fois de plus, de faire confiance, et de bien vouloir attendre un peu pour régler les problèmes soulevés. Nous avons perdu confiance en notre employeur et en son cabinet de RH pour faire valoir nos intérêts, tous deux ayant démontré leur objectif à plusieurs reprises : ne pas avoir à appliquer nos droits, ne pas avoir à payer les salaires selon les règles en vigueur, diviser les salariés et réprimer toute contestation.

Tous les délais que nos interlocuteurs réclament depuis le début des discussions il y a quinze mois visent à gagner du temps, car si proposition il y a, il s’agira d’une explication permettant de ne pas avoir à payer ce qui nous est dû.

Le dernier argument en date, à savoir l’erreur de bonne foi, est tout bonnement inaudible, s’agissant de problèmes soulevés il y a plus d’un an de façon officielle, et qui sont présents dans l’entreprise depuis aussi longtemps que nous pouvons nous en souvenir. Ces problèmes étaient déjà présents tandis que l’entreprise n’avait aucun délégué du personnel pour les soulever.

La direction prétend faire un effort particulier dans la communication avec les représentants du personnel. Pourtant, il a fallu une lettre signée par la vaste majorité des employés au mois de novembre 2017 pour lui faire prendre en compte les remarques que ces délégués transmettent.

Les derniers entretiens individuels en date se sont déroulés sans trace écrite et ont été l’occasion de faire pression sur des salariés pour qui les minimas conventionnels n’étaient pas respectés afin qu’ils signent des avenants à leur désavantage. Par conséquent l’annonce de ces prochains entretiens ne nous rassure absolument pas.

Nous rappelons présentement les revendications pour lesquelles nous sommes entrés en grève. Nous réclamons une régularisation immédiate des points suivants :

- Minima conventionnels non appliqués
- Classifications (grades et coefficients) dues et non attribuées
- Primes de vacances non versées depuis de nombreuses années
- Non-respect des lois en vigueur sur le temps de travail
- Baisse de nos salaires bruts au moins de Janvier 2018 pour y intégrer les heures supplémentaires auparavant non déclarées, en tentant de faire passer cette action pour une rectification d’erreur de comptabilité alors que le problème a été signalé au printemps 2017 — cette baisse faisant au passage tomber certains salaires sous les minima conventionnels
- Rémunération intégrale de la période de grève

En outre, nous exigeons immédiatement que cessent les convocations en réunions individuelles d’employés grévistes pour les interroger sur ce sujet. Il s’agit d’une remise en cause du droit de grève, ce qui est intolérable.

De la même façon, la direction qui a explicitement fait savoir à certains collègues qu’elle identifiait les employés syndiqués comme ennemis avérés de l’entreprise assume par ce fait une position claire : la négation du droit des travailleurs à se syndiquer.

Enfin, nous tenons à remercier du fond du cœur les personnes qui participent à la caisse de grève organisée par le STJV, ainsi que celles et ceux qui font parvenir leurs messages de soutien par mail, twitter, facebook, forums, parole… Votre solidarité n’est pas passée inaperçue. Merci.

Les employés grévistes d’Eugen Systems
Ces documents ont été publiés par Le Syndicat des Travailleurs et Travailleuses du Jeux Vidéo (STJV). Le syndicat a aussi mis en place une caisse de grève permettant aux employés de continuer leur mouvement.
Il est nécessaire de rappeler que les conditions de travail en France, dans le domaine des jeux vidéo, semblent difficiles. Mediapart et Canard PC ont réalisé une enquête à ce sujet, dévoilant une facette inédite de cette industrie.

Finalement, la grève a suscité une réaction de Sébastien Leclerc, député LR du Calvados. Il a posé la question suivante à la Ministre du Travail, Muriel Pénicaud :
M. Sébastien Leclerc alerte Mme la ministre du travail sur la surenchère de revendications salariales qui s'observe actuellement dans l'industrie du jeu vidéo. Depuis le 14 février 2018, une quinzaine de salariés du studio Eugen Systems utilisent leur droit de grève pour contester des éléments de leurs contrats de travail. Sans se prononcer sur l'opportunité de ce conflit social, il lui fait remarquer qu'il s'agit quand même de la neuvième grève que connaît cette entreprise depuis le printemps 2016, les huit mouvements sociaux précédents se rattachant tous à une contestation plus large contre la politique sociale initiée par le Gouvernement. La grève qui a débuté le 14 février 2018 au sein de l'entreprise Eugen Systems semble, sous couvert de revendications liées à leur condition salariale, motivée par un positionnement politique de ces grévistes. Ce faisant, il lui fait remarquer que les services de l'État ont récemment validé la création d'un syndicat des travailleurs du jeu vidéo (STJV), entité dont les membres dirigeants ont pour la plupart un lien, présent ou passé, avec l'entreprise Eugen Systems. Il considère que si ce STJV a été enregistré sous la nomenclature des syndicats professionnels, il aurait été tout à fait possible de l'enregistrer également en tant que parti politique anarchiste tant l'objet poursuivi semble éloigné de celui des syndicats réformateurs qui fonctionnent normalement dans une majorité des entreprises de notre pays. Il regrette l'impact que ces mouvements ont sur l'activité de l'entreprise Eugen Systems, entreprise française indépendante, ayant fait ses preuves depuis vingt ans dans un secteur hautement concurrentiel et il lui demande quelles mesures elle compte prendre pour mettre fin à cette prise en otage de ladite société.
Réaction qui peut sembler étonnante. Toutefois, une explication peut être donné lorsque l'on se rappelle que Sébastien Leclerc siège au sein du conseil départemental du Calvados aux côtés de Virginie Le Dressay (de la même majorité). Il se trouve que le mari de Virginie Le Dressay n'est autre que le PDG d'Eugen Systems, Cédric Le Dressay.

Une grève exceptionnelle pour cette industrie, mais qui donne un nouveau visage à la réalité de ce monde. On ne peut espérer qu'une amélioration de la situation.

Sources

3DVF
Le Monde
Mediapart


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Avatar de Kannagi Kannagi - Expert éminent https://www.developpez.com
le 18/03/2018 à 21:34
Tout mon soutient au gréviste , il est vraiment compliqué dans ce milieu de faire gréve , peut être que le droit au travail dans le secteur du jeux vidéo seront un peu plus respecté à l'avenir ?
Avatar de guitz guitz - Membre confirmé https://www.developpez.com
le 18/03/2018 à 22:18
Quelle honte, ne lachez rien.
Avatar de 0xffgg00_rabg 0xffgg00_rabg - Inactif https://www.developpez.com
le 22/03/2018 à 12:27
salaires minimaux non respectés, heures supplémentaires non payées
Mais c'est la routine dans ce métier, aucun scoop. Et c'est pire quand ils t'embauchent en indé parce que c'est moins cher qu'un salarié, là y'a pas de droit de grève et si tu bronches à propos des heures sup non payées ils te brûlent des mois de boulot qui sera pas payé.

Un bon cavalier ménage sa monture. Là on a des chevaux sous-alimentés fouettés à mort, et à qui on casse les pattes en prime, là c'est même plus de la "compétitivité" c'est du sadisme, à 30 ans ils sont déjà plus en état de bosser mais c'est pas grave parce que y'a plein de jeunes caves qui se battent à la porte d'entrée.

Les jeux modernes sont bâclés, plein de bugs, mal optimisés, parce que programmés dans des conditions impossibles.

T'as des annonces ils exigent que t'aies déjà un book de super jeux faits avec unreal ET unity (oui tant qu'à faire ils exigent que tu maîtrises X moteurs et 12 langages, ils croient tellement à leurs moutons à 5 pattes qu'en formation on nous apprenait à falsifier le CV) ça veut dire que t'as passé 3 ans à bosser gratos avant de toucher ta première paye, ça te conditionne à être une serpillère qui bosse pour un paquet de chips.

La hiérarchie a souvent un profond mépris pour les développeurs de jeux vidéo, ils croient que c'est des grands enfants qui s'amusent alors que c'est en fait un métier chiant compliqué et dur où on passe son temps à ingurgiter des montagnes de doc, gérer l'asynchronicité des puces, et faire des maths.

Le dernier argument qu'on m'a sorti pour me faire accepter un salaire de chinois c'était "bah c'est mieux que le rsa". J'ai démissionné. Au contraire ce milieu m'a appris à aimer le rsa. Y'a une telle bataille d'ego permanente que tout le monde décourage tout le monde à bosser c'est irrespirable.

Et c'est pas propre au jeu vidéo c'est valable pour tous les arts populaires, la musique, le ciné, la bd, etc... dès qu'on bosse dans une économie basée sur la médiatisation c'est la jungle.

P.S. J'explique pour la culture le fonctionnement de ces métiers et pourquoi c'est la jungle. Tu peux pas vendre ton disque, ton film ou ton jeu si tu n'as pas de publicité. Un bon jeu sans pub fera un bide, un mauvais jeu avec de la pub va se vendre. C'est comme ça. Donc c'est pas les développeurs qui font la loi, c'est les markéteux parce que c'est eux qui font rentrer le fric. Or un bon markéteux a trois qualités: il est cupide, feignant et impatient, c'est à dire que son job c'est de ramasser le plus de thunes possible en bossant le moins possible. Pour ceux qui ont vu le film 99f c'est à peine caricaturé, c'est vraiment un milieu de voyous qui ont imprimé le droit du travail sur leur papier-toilette, qui te facturent 2 000 000 € un logo fait en une semaine, et ils font tout pour sous-payer au maximum les devs afin de se goinffrer un salaire de ministre.

P.P.S. puisque j'ai fait une allusion à la fameuse citation de Larry Wall, "un bon développeur est feignant, impatient et orgueilleux", c'est à entendre avec ironie en fait, comprendre "un bon développeur fait du code compacté, optimisé et perfectionniste". C'est à dire que plus tu apprends à compacter un calcul sur une ligne au lieu de 10, et plus tu vas gagner du temps à ne pas taper de code inutile, plus tu l'optimise et plus ton programme va tourner vite, et plus tu fais du boulot propre et plus tu récolteras des compliments.

Or les markéteux nous l'ont fait comprendre au premier degré: "un bon développeur pique du code gratuit, bâcle le travail et ne perd pas son temps à apprendre les compétences des collègues"... malheureusement... ça nous donne une génération de codeux qui à 40 ans sont spécialisés dans le travail de porc qui rame et crashe pour "casser les prix" (et la machine avec), ne connaissent qu'un langage et savent toujours pas ce qu'est une propriété publique ou une déallocation...
Avatar de Bryce de Mouriès Bryce de Mouriès - Membre averti https://www.developpez.com
le 22/03/2018 à 15:45
Je comprends tout à fait leur revendication, cela ne m'étonne pas et c'est très intéressant que cela devienne public !

Je me dirigeais naïvement vers ce monde du jeu-vidéo au début de mes études supérieures, le boulot de rêve en quelque sorte, comme pour beaucoup de jeunes ! Heureusement avec quelques autres camarades on a eu l'idée d'interviewer un lead designer chez UbiSoft Montpellier. Cette personne a été très honnête avec nous, ce fut très enrichissant, c'est à ce moment que j'ai appris quel travail de forçat cela représente.

Il a été très transparent :
  • Vous n'allez pas compter vos heures
  • Vous aurez des périodes de rush avant la sortie des jeux ou les grands salons, nuit blanches et week-end
  • Vous ne serez pas très bien rémunérés, n'importe quel informaticien touche un meilleur salaire
  • Les développement sont extrêmement complexes (époque de la PS3), très peu font du game design


Résultat aucun de nous n'a terminé dans cette industrie, mais étant moi même toujours passionné par ce domaine je réalise mes propres jeux, sans contraintes sur mon temps libre ^^
Avatar de 0xffgg00_rabg 0xffgg00_rabg - Inactif https://www.developpez.com
le 22/03/2018 à 16:21
Voilà tout est dit. Dans ce métier les développeurs ne sont pas respectés.

Un collègue m'a dit qu'il s'en sort beaucoup mieux en indépendant à faire des petits jeux pas cher pour son propre compte, suffit d'avoir une couverture médiatique. Il gagne pas des mille et des cents mais ça paye le loyer et la bouffe.

Et contrairement à ce que croient les petits glandeurs du 12-25 ça n'est pas un boulot pour les derniers de la classe qui avaient zero en maths.
Avatar de Bousk Bousk - Rédacteur/Modérateur https://www.developpez.com
le 22/03/2018 à 17:51
Je suis totalement hors du truc et ne connais personne chez Eugen System, mais il ne faut pas en faire une généralité et c'est un cas complexe de toute façon donc je ne donnerai aucun jugement ni avis.
Oui ça crunch, mais de moins en moins et dans de nombreux studios quasiment pas du tout. Et ça dépend beaucoup de la structure, et en particulier de l'éditeur ou de la relation avec l'éditeur qui est un client comme les autres et veut son projet pour hier à prix cassé. Seulement ce genre d'information n'arrivera que peu au public, ça fait moins vendre en gros titre.
Mais le crunch est imo inhérent à tout projet ayant une deadline (ce qui est finalement pas aussi commun qu'on le croirait, il y a beaucoup plus de jobs de maintenance) : le projet touche à sa fin, on se dit que le temps manque - parce qu'il manque toujours, parce qu'un processus créatif comme celui-ci, avec autant de métiers et subtilités ne peut absolument pas être prédit avec suffisament de précision. Donc on met les bouchers doubles pour finir, puis on s'attarde sur les petits détails qui sautent aux yeux, qui nous agacent depuis des mois mais pour lesquels on n'a jamais eu de temps, puis on se dit qu'en fait "avec quelques heures de plus ceci pourrait être bien mieux pour le joueur", puis cet autre chose, puis ...
Alors oui tu ne commenceras pas avec un salaire de 40K et oui tu auras vraiment des trucs à faire, c'est autre chose que le bullshit de consultants moyens qui couvre la majorité des jobs IT en france. Mais à la fin d'un projet tu as un vrai sentiment de satisfaction également, en tous cas pour ma part.
Quant à la reconnaissance, je n'avais pas eu de problème en France, et j'avais plus de voix et respect que dans la SSII où j'ai passé 18 mois auparavant où je n'étais clairement qu'un pion lambda. Et à l'étranger, dans les pays anglo-saxons en particulier, ils sont très conscients que le programmeur n'est pas un pion interchangeable, et qu'en général quiconque dans l'équipe est là pour une raison et a un savoir avec lui qui est respecté - s'il a un minimum d'expérience avec lui, on n'accorde pas un crédit maximal à un débutant ou au petit nouveau bien entendu. Même chose pour le salaire, en France les augmentations et primes tiennent du miracle, mais rien de spécifique à l'industrie. A l'étranger il n'est pas rare que l'augmentation soit annuelle - tu montes en compétences et en responsabilité, ton savoir de l'entreprise grandit, ils ont tout intérêt à te garder -, de même que la prime.
Avatar de 0xffgg00_rabg 0xffgg00_rabg - Inactif https://www.developpez.com
le 22/03/2018 à 18:26
C'est beau on dirait un discours du MEDEF.

10 ans qu'on me bassine à répéter: "si tu acceptes un salaire de misère, pour les prochains contrats tu seras mieux payé ensuite". La vieille disquette. Raté c'est le contraire, plus tu codes bien et plus ils te font bosser à l'arrache pour compétitionner les salaires chinois jusqu'à ce que tu pètes un burn-out. Ceux qui s'émancipent en montant en grade c'est surtout ceux qui s'éloignent du codage pour s'approcher de la documentation et du management.

Ca me rappelle les managers et les formateurs qui depuis 15 ans nous répètent qu'avec BAC+2 et 10 ans d'XP, on mérite d'être payé le tiers du smic tous les tremblements de terre, c'est la punition parce qu'on a pas bien travaillé à l'école.

Par contre quand on égorge aussi les BAC+5 là tiens les journalistes commencent à se réveiller. Ben écoutez vous avez acceptez de balancer les moins gradés dans le broyeur, maintenant vous pouvez pas broncher parce que c'est votre tour.

Mais le précariat c'est pas un choix et personne ne mérite ça sous prétexte qu'il doit être puni toute sa vie parce qu'il était 2eme de la classe en maths au lieu de premier.

Le discours de la droite, des Macron, Fillon, Wauquiez, Gattaz, etc... c'est TOUJOURS le même, la bonne vieille inversion accusatoire de la fable du loup et de l'agneau. Le prédateur invente une culbabilité imaginaire aux victimes pour justifier qu'ils se fassent bouffer. Des années qu'ils nous radotent que les personnes les plus précarisées et surmenées hé ben elles l'ont bien cherché parce que ça veut dire qu'elles ont pas bien travaillé à l'école alors voilà punition à vie pour les vilains cancres.

Seulement quand on sort d'un tract libéral pour mettre son museau dans le réel, bé dans le monde réel y'a des CAP qui gagnent 3 fois le smic et des bac+5 la moitié.

P.S. qu'on s'entende, je suis pas là pour faire la promo de la CGT ou de LFI. Juste rappeler que les précaires du métier, les pressurisés mal payés, sont des êtres humains comme tout le monde qui mériteraient d'avoir le droit de faire un tour au bistro sans se faire lyncher à coups de batte, ou pire, entendre répéter 25472 fois "tu n'es pas assez compétitif" alors que ben si justement les mecs compétitifs c'est ceux qui se serrent la ceinture pour faire baisser le coût de la main d'oeuvre.
Avatar de Jamatronic Jamatronic - Membre averti https://www.developpez.com
le 22/03/2018 à 22:02
Putain mais quand on n'est pas content de son boulot, on en change.

Ca vous emmerde d'être développeurs ? Allez bosser au McDo du coin !
Avatar de 0xffgg00_rabg 0xffgg00_rabg - Inactif https://www.developpez.com
le 22/03/2018 à 22:15
Monsieur Jamatronic, ça n'est pas parce que les serveurs macdo sont mieux payés que les développeurs de Eugen Systems qu'il faut traiter ces pauvres programmeurs surexploités comme des paillassons.

Leur problème c'est surtout qu'ils ont passé 10 ans à apprendre un métier horriblement difficile et compliqué et là, c'est un peu comme si tu disais à un éleveur de vaches charolaises qui a passé sa vie à apprendre à soigner le bétail, de brûler son troupeau pour se reconvertir en serveur macdonald, c'est ultra violent comme discours, sans rire.

Bon je sais que tu fais de l'ironie mais pour une fois que les sales gauchistes qui votent même pas à droite ont droit de cité dans la section jeux vidéo j'en profite.

Alors j'en profite pour rappeler que les pubards sont des genre de Robin Des Bois mais en mieux car ils volent aux riches pour voler aux pauvres.

Bon je vais quand même m'expliquer plus sérieusement que par des ricanements vengeurs taggés sur des pavés,

Des années qu'on nous radote que les salaires sous le smic c'est la juste punition des vilains bac+2 qui ont raté leurs études et qu'ils ont qu'à retourner à l'école, là forcément je vois les bac+5 qui trinquent alors j'explose de rire

On m'a radoté aussi que dans les petits boîtes le patron est un pauvre prolétaire au smic alors c'est normal que ses prestas soient payés comme des sous-prolétaires sous le smic, là je me marre parce que c'est une grosse boîte avec un patron riche, donc l'explication c'est pas ça non plus.

La vérité c'est qu'à l'époque où je bossais en indé, tant qu'on travaillait sur de l'informatique normale, logiciels, applis, web, OU jeux vidéos financés par des capitaux américains, hé bien on était payé environ 2000€ par mois ce qui est normal pour un mec qui a fait des études et qui a de l'exp pro, même si je suis pas au niveau de l'élite.

Non le problème c'est quand il fallait bosser pour des jeux vidéos financés par des capitaux français, là le salaire tombait sous le smic, quand c'est pas carrément délégué à un stagiaire. Eux là ils font grève depuis 1 mois ce qui est signe qu'ils sont au bord de la démission, et on est nombreux à avoir directement claqué la porte.

Bref faut pas bosser dans les boîtes financées par les français. Ils ont un mépris profond pour les jeux vidéo, pour eux c'est pas un vrai métier, c'est un job de stagiaire pour les jeunes (qui sont trop nuls pour faire un vrai métier comme chef de projet, programmeur comptable, consultant ou pubard,) donc investissement minimal. C'est toxique d'accepter de bosser pour eux parce qu'à force d'entendre radoter que t'es tellement nul que tu mérites même pas le smic, ni de te faire payer tes heures sup, ni de dormir le dimanche, tu finis vraiment par croire que tu mérites d'être traité comme une sous-merde.
Avatar de Kannagi Kannagi - Expert éminent https://www.developpez.com
le 24/03/2018 à 13:13
Citation Envoyé par 0xffgg00_rabg Voir le message
Bon je vais quand même m'expliquer plus sérieusement que par des ricanements vengeurs taggés sur des pavés,
C'est complètement en contradiction avec ce que tu écrit par la suite
Responsable bénévole de la rubrique 2D - 3D - Jeux : LittleWhite -